Aujourd’hui, c’est la journée de la gentillesse. Belle initiative. Si l’on en croit la rumeur, les gens vont donc arpenter les rues en affichant des sourires béats, ils se céderont la place dans les files d’attente, afficheront du sourire au kilomètre et se rouleront des pelles dans les embouteillages. Même les chiens vont se renifler le cul avec politesse. Quel tableau idyllique. On y croit complètement.
Zone Zéro Gêne ne pouvait manquer de s’associer à la liesse générale en exprimant publiquement à quel point la gentillesse est une valeur essentielle. Pour nous, il était donc crucial de marquer le coup en participant à cette célébration originale.
Lecteurs, lectrices, soyez gentils. (Ok, donc ça, c’est fait).
Surtout au pieu.
Stop à la goujaterie sexuelle ! Halte aux mal éduqués du cul ! Que les mufles de la baise fassent amende honorable et prennent enfin la peine de tenir la porte de l’orgasme de leur copine (les dames d’abord, bon sang !). Bref, en exclu pour vous, quelques principes de base pour que cette journée de la gentillesse vous réjouisse l’âme et les bas-morceaux.
Mesdames :
- Pour la petite pipe du matin, tout d’abord, ne la zappez pas. Contrairement à une idée reçue qui prétend que la gaule de Monsieur est due à la pression exercée par sa vessie, l’érection matinale est parfaitement exploitable. Et quel meilleur témoignage de gentillesse que cette petite gratification qui lui permettra d’arriver au boulot avec l’écriteau symbolique du mâle repu ( »vidange faite »). Sa productivité s’en trouvera accrue, le monde lui semblera plus beau, bref, quelques grammes de bonheur dans ce monde en crise. Petit bonus : l’appendice caudal de votre amoureux ne s’offusquera pas de votre haleine potentiellement méphitique au réveil. La pipe, le matin, c’est finalement mieux que le roulage de galoches.
- Vos seins et vos fesses : ayez la gentillesse de les montrer. Allez, ne faites pas vos bêcheuses, la parité ne fera pas de crise cardiaque sous prétexte que vous acceptez d’ensoleiller un peu le paysage.
- Si vous avez en tête de reprocher un manque de dextérité à votre partenaire, faites-le. Mais demain.
- Laissez vous tripoter par votre compagnon/compagne sans râler, même si vous avez l’esprit et les mains occupés par un truc urgent (dossier à traiter sans délai, coup de fil pro, cherchage de choses dans le sac à main) : quand on vous pelote, ça ne signifie pas forcément que vous allez être sollicitée dans la minute pour une levrette sauvage au détriment de vos impératifs immédiats. Le geste montre tout simplement un certain intérêt pour ce qui fait de vous une femelle physiquement attirante (mais OUI, on aime aussi votre âme). Ce n’est ni un manque de considération pour votre emploi du temps, ni de l’indifférence à vos propres désirs, ni du machisme. Se faire palper les miches avec passion à des moments incongrus n’est pas une déclaration de guerre. Brandir d’un ton sec le fameux « ah non là c’est pas le moment, et pis j’ai pas envie de baiser » ne présente aucun intérêt. L’instant présent, c’est le pelotage.
- Acceptez que vous ne sucez pas forcément comme une déesse et que l’on peut vous guider sans que vous ne sentiez pour autant remise en question dans votre intégrité de suceuse de choc. Eh oui, la triste réalité peut causer un choc, mais contrairement à ce que vous affirme la presse féminine, non, tous les hommes n’adorent pas qu’on leur lèche le frein, tous ne raffolent pas du tour de couronne, certains détestent qu’on palpe leurs testicules, d’autres souhaiteront être empoignés avec fermeté… Bref, de la même façon que les femmes demandent aux hommes d’être attentifs à leurs conseils (pour le cunni par exemple, art délicat s’il en est), les hommes apprécieraient de pouvoir guider leur partenaire. Ne le prenez pas mal, hein, mais en ce domaine, seul le propriétaire de l’engin peut vous donner son mode d’emploi perso.
- Le pénis est votre ami. Mais son meilleur pote, le cerveau, continue d’être irrigué même quand le gourdin est très en forme. Admettre que l’homme peut tout à fait être traversé par des émotions, des sentiments et qu’il ne pense pas qu’avec sa queue pourrait être une bonne façon de ne pas tomber dans le sexisme ordinaire. Le fait que les connards existent ne devrait pas nous entraîner à proférer de méprisantes généralités condamnant les mecs bien, non ?
- Si vous sentez que l’orgasme s’est barré très loin et ne cèdera pas à l’appel touchant des efforts de votre mec, (ou à sa maladresse), prévenez-le. Le laisser se donner du mal en pure perte n’est pas très sympa, et simuler est un manque de respect (pour vous et pour lui). Il n’y a aucune gloire à tirer du fait qu’aucun mec ne peut vraiment savoir si une fille fait semblant. Au contraire, faire semblant c’est se priver d’une sacrée qualité de dialogue sexuel dans le couple (le coming out du mensonge orgasmique posant par la suite un léger problème de confiance). Et puis faire semblant, c’est aussi se priver de ses futurs orgasmes. L’homme qui croit que vous avez joui sous une caresse précise la reproduira. Logique, le gars. Z’êtes pas dans la merde ,hein ?
Messieurs :
- Ne vous sentez pas obligé de nettoyer les amygdales de votre partenaire avec votre langue à chaque baiser. C’est inutile et ça fait déborder le gloss.
- Clitoris n’est pas le nom d’une divinité antique. Faites des recherches ou demandez votre chemin. Une fois la chose localisée, soyez gentil avec elle et ne décalottez pas trop brutalement.
- Ne compensez pas l’absence de lubrification de la salle de jeux de Madame par la proposition immédiate d’un gel conçu spécialement pour. Si Madame n’est pas lubrifiée, c’est peut-être qu’elle n’est pas excitée. Enfin pas là, tout de suite. Essayez encore. Si vraiment ça ne donne rien, vous gagnez le droit de faire la princesse (comme elle le ferait à votre place dans le cas où elle échouerait à vous faire bander) : vexez-vous ostensiblement. Si, si. Et reprochez-lui de ne plus vous aimer et de vous trouver moche, puis accusez-la de vous tromper. Pendant plusieurs heures. Mais si, c’est de la gentillesse : vous lui rendez service.
- Envisagez le cunnilingus comme un jeu à niveaux : si vous vous plantez au level 4, vous devrez tout reprendre à zéro, et on ne va pas non plus y passer la nuit. Le but, c’est de tuer les méchants et de sauver la princesse en lui procurant un orgasme, et non de la préparer sournoisement à l’assaut final en négligeant l’objectif de base. Le cunnilingus n’est pas un préliminaire. Et de même que la pipe, s’il demande de l’amour et de la passion, il exige surtout une bonne technique . Evitez la crampe à la mâchoire et n’hésitez pas à consulter un bon tutorial.
- Le sexe de la femme n’est pas une boule de bowling : bien caler ses doigts à l’intérieur vous donnera certes un sentiment de confort pour ajuster vos prochains gestes, mais présente peu d’intérêt en soi si l’insertion ne s’accompagne pas d’une bonne connaissance des lieux. Ce qu’on appelle pudiquement « la géographie intime » des filles est une grosse arnaque : en fait, c’est une saloperie de labyrinthe dans lequel le plus doué des mecs peut se perdre. Personne ne vous en voudra. Mais en général, la dame a une boussole. Sinon, venez me demander.
De rien, ça me fait plaisir (J’avais promis d’être gentille aujourd’hui).
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