Quand on est pisse-copie-écriveuse-d’articles-et-de-livres consacrés à la sexualité, parmi les dossiers de pub de presse qui tombent quotidiennement dans nos boîtes mail, il y a du lourd. Du collector. Qu’on se penche sur le fond ou sur les méthodes de démarchage, on peut affirmer sans crainte que la plupart du temps, « la réalité dépasse l’affliction » (si quelqu’un peut m’indiquer le copyright de cette phrase, je serai ravie de citer son auteur).
Bref, entre le matraquage publicitaire éhonté, les maladresses commerciales et la pauvreté de certains contenus, il y a de quoi désespérer.
Pour te donner une idée des démarchages qu’on nous inflige, Lectrice, Lecteur, pense à un magasin Monsieur Meubles. En 1994. Imagine un canapé d’angle en cuir, et colle là -dessus le pire vendeur gominé que tu puisses imaginer. Tu y es ? Ok. Maintenant, visualise-le en train de t’expliquer qu’il va chercher son chef pour t’obtenir une remise exceptionnelle à toi, jeune couple trop gentil à qui il a vraiment envie de faire une fleur. Tu y es toujours ? D’accord. Alors pour couronner le tout, greffe à ce tableau cauchemardesque l’odeur sournoise de l’appât du gain, qu’on te déguise en volonté totalement désintéressée d’apporter joie et félicité à l’humanité. Gagner de l’argent ? Oh nooooon, ce n’est absolument pas le but, voyons !
Car ce qu’on attend du pisse-copie, c’est simplement qu’il comprenne que relayer le message d’amour contenu dans le dossier de presse fera de lui un bienfaiteur (dans le registre « Save the Cheerleader, save the world« ).
Nous avons donc quotidiennement droit à une tempête de spams mails plus ou moins insistants, pour nous vendre un site marchand informer de la création d’un truc géniaaaal, d’un produit géniaaaal, ou d’un concept géniaaaaal.
Alors bon. D’accord. Le dernier mail de démarchage m’ayant été envoyé quatre fois, j’ai souhaité récompenser la persévérance de Valérie, la personne chargée de la communication autour d’un site consacré à l’éducation sensuelle des adolescents.
J’ai bien sûr expliqué à Valérie que oui, j’avais bien reçu ses mails mais que, partageant dès le départ, l’opinion de Maïa sur la chose, je n’avais pas rebondi car il me semblait inutile d’en remettre une couche. Malgré cela, Valérie avait vraiment l’air de tenir à ce que j’en parle et a insisté… Alors j’ai fini par accepter de me pencher sur le machin, indiquant tout de même à cette charmante personne que me filer un accès gratuit au site (oui, parce que le site est payant, ça te met direct dans l’ambiance), ça allait simplement me donner du grain à moudre… Et que le breuvage serait amer.
Donc comment t’exprimer ma consternation, globalement ? Débroussaillons un peu le machin :
Avant tout, je rappelle :
- qu’au-delà de l’utilisation de mots crus dans certains articles de ZoneZeroGene, je milite pour une information raisonnable et raisonnée en matière de sexualité.
- que je conviens volontiers de la nécessité d’adapter le discours au public ciblé.
- que je suis mère de famille et que je veille à protéger mes enfants de tout ce qui pourrait les heurter, les traumatiser, et que leur accès à l’info sexo n’est pas l’équivalent d’un champ de foire, à la maison.
- que malgré mes propos souvent caustiques, je ne galvaude pas les mots doux. Et que la tendresse, le respect, l’écoute de l’autre, les caresses, et autres sensations de douceur et d’émotion qui font partie intégrante de l’échange érotique à certains moments, me semblent importantes et enrichissantes.
De quoi s’agit-il ici ?
Au niveau du contenu :
Pour une présentation générale du concept, je renvoie à l’article de Maïa, qui résume bien l’initiative (qui est derrière le projet, et quel est le propos global). En gros, nous avons :
- Deux sites pour un concept : l’un, gratuit, dédié aux parents, pour les engager à offrir un accès au site, payant, réservé aux ados.
- Des experts à la Gérard Leleu : Sylvain Mimoun et autres personnalités comme je les aime (Béatrice Copper-Royer, psychologue et co-fondatrice d’e-enfance, Philippe Brenot et Didier Lauru, psychiatres, Anne de Kervasdoue, gynécologue, Christian Spitz – « Le DOC » -, pédiatre, …). Une mention spéciale à Anne de Kervasdoue, gynéco de compète. Elle, je l’ai adorée, et je ne me lasse pas de la revoir dans les vidéos : elle a une vision des choses complètement hallucinante qui aurait sa place dans les Brèves de gynéco. En gros, on a là l’habituelle DreamTeam de la zézette médiatique.
- Deux types de vidéos : les vidéos d’experts (mauvais) et les films pédagogiques (pas trop mal).
Quelques citations édifiantes, marquant nettement le fait que le jeune homme est une bête assoiffée de sexe et la jeune fille une princesse romantique :
- « Moi, gynécologue, je sais ce que sont les femmes. L’exigence est différente. Elles gardent un fond de romantisme et de douceur ». (Anne de Kervasdoue). Ah, et les garçons, ce sont des brutes ? Pourquoi céder à la facilité d’un cliché éculé ? Si on prétend éduquer les ados à la sexualité, pourquoi ne pas aller de l’avant et mettre les deux sexes sur un pied d’égalité en prenant en compte des différences concrètes, et en réfutant les constructions sociétales ? Oui, la femme peut être romantique. Mais l’homme aussi. Malgré l’inconfort des pollutions nocturnes.
- « La plupart des plaisirs féminins proviennent des caresses et de la sensualité ». (Sylvain Mimoun). Ok, je ne conteste pas l’importance de la sensualité. Mais pourquoi hiérarchiser et différencier les deux sexes au-delà des particularités anatomiques ?
- « Les femmes aiment être caressées sur tout le corps, et… ailleurs. »
Au final, le discours se résume à faire de la jeune fille une proie qui doit éduquer son prédateur, et du jeune homme un mâle en rut qui doit maîtriser sa hâte : « L’homme est un chasseur, la femme une romantique ». Elle doit donc « lui céder petit à petit, pour ne pas le priver de la gratification de la chasse » (Anne de Kervasdoue). Bienvenue au XIXème siècle !
- A trop vouloir rester vague et valoriser la sensualité, on oublie totalement que les ados ont un corps et que ce corps n’est pas toujours aisé à apprivoiser, à découvrir. Les questions très concrètes que se posent garçons et filles ne trouveront aucune réponse sur ce site. Il n’y a quasiment aucune explication anatomique, et je ne parle même pas de « technique », mais d’anatomie élémentaire, de connaissance de soi. Non, je ne pense pas que l’anatomie et la technique priment sur la sensualité. Je crois simplement que cela forme un tout, et qu’informer devrait se faire dans la globalité et l’impartialité. Dans le respect de l’égalité des sexes également, de leur complémentarité, et non sur la base d’oppositions hiérarchisantes. L’information devrait également être proposée dans le cadre d’un refus de la psychologie de genre à deux balles, de type « Mars et vénus ».
Je n’insisterai pas non plus sur le traitement réservé par ce site à l’homosexualité, à la prévention et à la contraception (on nous assène une fois de plus que le DIU n’est pas adapté aux nullipares, que l’esprit tout-puissant de Martin Winckler me vienne en aide !) : c’est affligeant.
Au niveau du marketing :
- Le site pour les ados est payant, et « vendu » aux parents via un site gratuit. (Donc ok pour contrôler l’accès de nos rejetons aux horreurs de l’Internet Mondial, mais aller jusqu’à valider l’accès à l’information sexo via du pognon, j’adhère moyen).
- Le démarchage est grossier, et la communication maladroite : quand on insiste auprès des gens pour qu’ils parlent d’un produit (car ce site n’est jamais rien d’autre qu’un « produit »), il n’est pas très malin de réagir un article critique en expliquant, comme l’a fait Valérie, que l’auteur de l’article n’a « pas saisi l’objectif du site destiné aux jeunes ». En fait, Valérie, je pense que les gens qui critiquent le produit que vous vendez ont très bien compris de quoi il retourne : simplement, ils n’aiment pas ce produit, pour un tas de raisons, et ils l’expliquent dans leurs articles. C’est leur droit le plus strict, relevant de la simple liberté d’expression, surtout quand cette expression résulte de votre insistance à nous voir nous exprimer sur votre produit.
- Me faire remarquer que j’ai écrit pour le magazine Sensuelle, et qu’un de leurs journalistes a beaucoup aimé le site, pourquoi pas. Mais me dire que ce serait bien que je regarde ce qu’ils en disent avant d’écrire mon propre article, là c’est carrément moyen, comme démarche. Je forge mon opinion en fonction du contenu qui m’est soumis. Que je sois en accord ou pas avec ce que d’autres journalistes en disent ne change rien à ce que je décide de publier.
Et publier cette critique ne modifiera en rien mes opportunités de boulot, hein, je le précise au cas où un doute subsisterait (je sais, j’ai vraiment mauvais esprit, je ne joue pas le jeu).
- La presse traditionnelle a bien évidemment encensé le site : le Figaro Madame, Top Santé (oui, ceux -là même qui ont mis en ligne un guide sexo méconnaissant l’anatomie féminine), Libération, … Bref, du publi-rédactionnel consciencieux à la mesure du site. Le mot « respect » et « épanouissement » est omniprésent dans les articles.
- L’angélisme affirmé est peu crédible.
- Tout ce machin est vraiment ciblé CSP +.
- La démarche est vraiment mercantile. Et je préciserai que Valérie n’a pas été gênée une seconde de me demander des « conseils » pour améliorer leur contenu. Proposition à laquelle j’ai répondu ceci (qui faisait suite à un échange de mails surréalistes) :
« Vous voulez dire que vous souhaitez que je vous soumette un devis pour une prestation de conseil en communication et éditorial web ? Non parce qu’un doute m’habite, soudain : votre site étant payant et votre business model bien posé, vous n’espérez tout de même pas, sous couvert de quelques vagues flatteries, obtenir du conseil gratuit pour améliorer votre, euh, machin ? »
Mon conseil, en définitive ? Le voici : toi, le Jeune en chaleur, si pressé de pouvoir frimer en racontant que ta copine a trop crié de bonheur quand tu lui as fait tâter de ton Glaive tout-puissant, toi, l’adolescent angoissé parce que tu ne sais pas trop si tu préfères les garçons ou les filles, et toi, la meuf à la culotte frétillante qui t’interroge sur ton Ailleurs Sacré, vous, les morveux en rut tenaillés par des envies de plaisir, d’étreintes, d’informations, de tendresse et d’orgasmes, et vous, les ados perdus dans ces histoires de contamination par des infections sexuellement transmissibles, perdus également dans le dédale de la contraception et des risques de grossesse non désirée, prenez patience. Un jour, quelqu’un saura vous expliquer les choses et vous parler d’éducation sensuelle ET sexuelle..
Mais pas demain. Demain, le site Education Sensuelle a du pognon à ramasser.
(Un énorme merci à Mlle Jones pour l’illustration de cet article.)
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« lui céder petit à petit, pour ne pas le priver de la gratification de la chasse ». Non mais ne me dis pas que c’est une vraie citation du site, c’est juste pas possible… Bah ça nous prépare une belle génération, ça encore. Rendez-nous love in fun !
Nina, nullipare sous DIU et qui le vit très bien merci
@Nina – Si, c’est une citation de Anne de Kervasdoue, gynécologue. Ca tabasse, je sais. (Soupir).
Pour moi, un gros smile du début à la fin de cet article. Exquis.
Le problème c’est que les parents sont terrorisés par le porn sur internet et pensent que leurs enfants vont reproduire tout ce qu’ils voient. Comme pour les jeux vidéos violents à une époque. Donc y’a un business…
Il me vient une question : ok, une gynéco est spécialiste dans la reproduction. Mais en quoi fait-elle autorité en matière de séduction ? Je veux dire, j’attends de mon gynéco qu’il me conseille et m’assiste pour contrôler ma fertilité et éventuellement agir si je ressens des douleurs ou gênes dans un rapport sexuel. Mais c’est pas à lui de m’expliquer comment me comporter avec l’autre sexe (manifestement, encore un site où l’hétérosexualité est la seule norme), si ?
« Cadeau cool
C’est une copine qui m’a offert un accès à ce site, c’est trop cool comme cadeau ! »
Trop crédible comme témoignage.
Dis Gaelle-Marie, ça te plairait hein comme cadeau ?
Rho punaise, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère dans la promo sur les films
http://www.educationsensuelle.com/temoignages/
Et bien sûr l’accès est payant, ce site est une machine à sous
http://www.educationsensuelle.com/films/
T’es rude La Peste ! Valérie semble hyper ouverte d’esprit et pas du tout hétérocentrée en montrant autant de signes favorables au masochisme en cherchant autant à se prendre fessées sur fessées par tes soins
Les extraits « Différences filles/garçons » sont particulièrement édifiants!
Oyez gentes dames, Anne De Kervasdoue, gynécologue, a découvert LA femme ; elle seule sait ce qu’ELLE est et ce qu’ELLE veut.
Et que dire des témoignages… Il me semble que se dédouaner de toute responsabilité éducative, y compris en matière sexuelle, sur un site internet n’est pas vraiment une solution.
=> allez, j’m'en vais regarder quelques vidéos de ce merveilleux site pour entretenir mon côté maso!
Quelqu’un peut m’expliquer ce qu’on entend par « romantisme » ? Moi pour ma part, qui suis une proie, j’aime badiner avec l’amour. Vous avez déjà vu un chasseur, en automne, au creux du bois, caresser tendrement le flanc du gibier qu’il vient d’abattre d’une flèche au crâne ? Romantisme, respect, tendresse, caresses, sanglots, soupirs, mots doux, coups de reins langoureux, lumignons, parfums subtils, rose à la mâchoire, tendresse, sanglots, soupirs… Et un orgasme, pour finir ? L’homme descend du singe ; la femme, du ciel. Merci, docteur, j’y vois plus clair, maintenant. Un câlin ?
Forcément d’accord avec tout ce qui précède.
Si on souhaite vraiment informer des ados (garçon, mais aussi sa soeur qui va lui chiper par la même occasion ), il existe « le zizi questions et réponses » (http://bit.ly/c9ZKZI ), qui est formidablement bien fait (je jure que je n’ai pas d’actions aux éditions La Martinière )
Pour les filles, on n’a l’impression que personne n’ose vraiment s’y coller, malgré quelques louables efforts ces dernières années, on oscille souvent entre la nunucherie romantico-culpabilisante, et une ressucée du vidal pour les jeunes.
Je viens de visionner leur promo à propos des 7 films pédagogiques et je me dis que lorsque j’avais 15 ans et que je me posais plein de questions, j’aurais sûrement payé pour voir… et 6 mois encore… à mon avis ils vont se faire du pognon avec les jeunes !!
« La réalité dépasse l’affliction » serait (entre autre) le sous-titre d’un livre de Pierre Ferran : Le Livre des Epitaphes. A voir si c’est une épitaphe célèbre. Et a confirmer car recherche rapide sur le net.
Sinon le reste ne fait pas vraiment rire. Plutôt peur.
Si j’étais un homme, je serais vexée de me voir réduit à une brute épaisse qui pense avec sa bite et qui est incapable de la moindre douceur :
« Lui, il est bouillonnant, il est tenaillé par ses hormones, par son érection, qui donne à sa sexualité un caractère d’urgence. Alors qu’elle aime que ça dure, qu’il lui parle. Donc il faut la prévenir de ça, pour qu’elle ne soit pas trop déçue, il faut qu’elle sache accepter que ça puisse se passer comme ça. »
(Au passage, j’aime beaucoup le « pour qu’elle ne soit pas trop déçue » : attention ma belette, tu vas coucher avec une brute, ne sois pas trop déçue, accepte-le. Grrrrr, ça me tue des trucs pareils !)
Je serai vexé sans -e. Voilà qui montre que je ne suis pas un homme et que j’ai du mal à me glisser dans la peau d’un homme. Normal, je suis douce et romantique, j’ai dû mal à m’imaginer en brute bouillonnant d’hormones.
Salut et merci pour ton boulot
Désespérant ce truc, encore plus l’écho médiatique qu’il reçoit.
Bon alors Leleu et consorts ont encore frappé, je ne sais même pas si tu as encore la force de lire ce genre de truc, mais comme c’est un peu ton travail, je te donne tout de même l’adresse, Le Figaro, un truc sur l’épilation qui aurait un rapport avec la pédophilie, c’est hallucinant :
http://madame.lefigaro.fr/societe/enquetes/903-tout-doit-disparaitre-
Bon été
V.
Bizarre, l’homme chasse la femme? marrant j’aurai dit le contraire
En tout cas mon fils a trouvé le moyen de lire un article de « zoneZérogène » par dessus mon épaule discrétos et à trouvé très intéressant ce site, bigre…, je laisse faire, il est très bien ce site
Même conclusion que Tredok pour la source de « la réalité dépasse l’affliction ».
Quand au site, je suis à peine étonnée que ma soeur (23 ans vierge et premier rendez vous chez le gynéco dans quelques semaines) l’ait consulté et trouvé « moins obscène que ton site bizarre là , Zone chèpakoi »…
No comment
Oyez braves gens!
S’il est vrai que le contenu du site semble mettre l’accent sur les « constructions sociétales », ce qui peut avoir des conséquences déplorables, on est bien d’accord là -dessus, il faut reconnaître qu’il y a dans la sexualité de l’adolescent mâââle un caractère d’urgence: j’ai eu pour ma part la chance d’avoir une première fois parfaite à l’âge de 16 ans (j’en ai 20 aujourd’hui, mes souvenirs sont de toute première fraîcheur), et ayant été très très proche de mon copain de l’époque pendant deux ans et demi, j’ai eu l’occasion d’observer (non non, pas étudier) ses amis mâââles de très près.
Et clairement, ils n’envisagent pas les débuts de leur sexualité comme le font les filles; déjà , c’est idiot, mais ils n’ont pas peur d’avoir mal. Certes, ils craignent d’autres choses, le soucis de la performance, tout ça tout ça, et je reconnais que c’est une véritable pression, mais justement, ce n’est pas ce genre de crainte qui va les pousser à y aller avec des pincettes.
Je prendrai pour exemple cet ami qui, de son propre aveu, a fait vivre à la fille avec qui il s’est dépucelé une première fois désastreuse, alors que c’est pourtant un garçon tout a fait charmant, et ce parce qu’il était pressé. Et ivre, certes.
Donc ce n’est clairement pas une idée grandiose que de mettre l’accent sur des constructions sociétales qui poussent hommes et femmes à la frustration, mais il peut être bon de rappeler aux ados qu’il peuvent, éventuellement, avoir des approches différentes, et qu’ils doivent y être préparés.
@Faalbala – Certes, il est vrai que certains jeunes hommes sont comme ça, mais ce qui me paraît contestable dans l’approche de cette Anne de Kermachin, c’est qu’elle semble légitimer la chose, considérer ça comme quelque chose d’inévitable qu’il faut accepter. Ce qui revient à entériner les différences sociétales et la bêtise de certains hommes.
Je me permets de re-citer la phrase que j’avais citée plus haut : « Lui, il est bouillonnant, il est tenaillé par ses hormones, par son érection, qui donne à sa sexualité un caractère d’urgence. Alors qu’elle aime que ça dure, qu’il lui parle. Donc il faut la prévenir de ça, pour qu’elle ne soit pas trop déçue, il faut qu’elle sache accepter que ça puisse se passer comme ça. »
Une telle phrase me paraît scandaleuse : « il faut accepter que ça puisse se passer comme ça. » Mais non ! Il ne faut pas l’accepter ! Bien sûr, on peut prévenir les jeunes filles que certains garçon sont des crétins patentés, des bourrins qui ne pensent qu’à nous la mettre bien profond et qui ne se soucient guère de ce que leur partenaire peut ressentir, mais elles n’ont pas à « l’accepter ». Au contraire, il faut qu’elles sachent que ce n’est pas une fatalité de tomber sur ce type de mec et que si par malheur on tombe sur l’un d’eux, on a le droit de le larguer, on n’est pas tenu de supporter. Se faire baiser par un abruti n’est pas une fatalité.
De même l’explication de Sylvain Mimoun sur « 80% des femmes ont du plaisir par les caresses » (sur le corps et « ailleurs ») me fait bondir. Oui, c’est important de dire aux jeunes filles que l’orgasme féminin est plus dur à atteindre, qu’elle n’en auront peut-être pas dès le début et que ça ne sera pas nul pour autant. Mais il faudrait arrêter d’en faire des caisses sur ce point. Ca pousse les femmes à accepter cela comme une fatalité : bah oui, je ne jouis pas, mais c’est normal, c’est Sylvain Mimoun qui l’a dit, les femmes, elles préfèrent les caresses sur le corps. On n’est pas obligée d’accepter cela. On le droit de vouloir prendre son pied et on a le droit de quitter un homme qui n’a pas l’air de prendre la chose à coeur.
Je suis toujours étonnée de voir certaines de mes amies (j’ai 22 ans)coucher avec des bourrins ou avec des mecs qui ne les font pas jouir et de s’en contenter, de hausser les épaules l’air de dire : « bah oui, c’est comme ça, c’est la vie. » Mais non ! Quand cela fait 4 ans qu’on couche avec un homme qui a l’air peu préoccupé par le fait de nous faire jouir (je pense ici à une amie en particulier), on a le droit de le quitter, c’est un motif de rupture tout à fait recevable.
Bref, expliquer les choses aux femmes, leur parler des déceptions possibles, des difficultés possibles pour atteindre l’orgasme, d’accord. Mais il ne faut pas virer fataliste et faire de cela une sorte de « destin féminin ». La terminologie de ce site qui oppose sans cesse « sensualité » et « sexualité » m’agace : « les femmes aiment la sensualité, il faut éduquer votre homme à la sensualité ». Certes, mais les femmes ne sont pas pour autant tenues de renoncer à la sexualité et à la jouissance.
@Néphélie -
Salut Nephelie
Je prends juste au vol ton dernier post pour réagir : impression que tu as des catégories très tranchées. Je pense que les bourrins égoistes sont en voie de disparition, et que ce qui domine beaucoup chez les gars est l’inverse : la course à la performance, à la jouissance de la femme, qui les fait passer à coté de leur propre plaisir et en partie de celui de leur partenaire.
Mais prenons tout de même ton hypothèse d’un bourrin qui ne fait pas jouir sa copine et ne pense qu’à lui : bah je crois que l’explication d’un égoisme absolu est possible mais je crois surtout que le gars n’a pas été éduqué à l’échange sexuel ; plus encore, si la fille attend 4 ans que ça tombe du ciel sans connaitre son propre corps ni expliquer les choses à son gars, bah elle est aussi responsable que le gars, bref résumer les choses à bourrin égoiste Versus/ blanche et pure et passive réceptacle à orgasme est pas très pertinent
Valaaa mes deux sous.
Ouais bien d’accord avec ton article (je l’étais déjà avec celui de Maia). Tout ca fait encore passer les femmes qui ne sont pas d’un romantisme débordant et qui aiment qu’on les prennent un peu (ou beaucoup!;D) sauvagement pour des salopes.
)
Et les mecs un brin romantiques qui n’aiment pas brusquer les choses pour des « tafioles ».
Y en a marre de nous mettre dans des cases filles/garçons. C’est a cause de site pareil qu’on me répond, quand je dis que je consomme de temps a autre du porno, : »toi t’es pas normal (sous entendu grosse perverse), les filles ca aiment pas… »
Et bien fuck!!!
Ha oui, et VIVE LA PÉNÉTRATION (parce que les caresses ca va 5min, mais bon…
Chacun fait ce qui lui plaît.
En fait ce qu’il serait bien, c’est que les pseudos spécialistes demandent au public visé son avis … ils se feraient mettre dans les cordes direct ! Sans rire, ils savent ce que sont les ados en 2010 ??
Même les ados des années quatre-vingt – les années sida – se seraient moqués d’une telle entreprise. Nous parlions de sexe librement, crûment, garçons et filles confondus. Nous avons aujourd’hui des mômes, comme quoi. Certains depuis sont morts, d’autres tournent des films porno ou dessinent des anges qui tombent du ciel. Comme toujours.
Quand laissera t on les ados filles et garçons parler eux mêmes de la façon dont ils voient les choses, sans qu’ils doivent culpabiliser…
Ils ont pas besoin de gynecos, psy etc.
On leur dit juste comment ils sont supposés être, c’est affligeant.
Au final, les gamines qui à la base n’ont pas de scrupule à aimer le sexe à 15 ans, vont finir par se demander si elles sont normales de ne pas vouloir un prince charmant qui arrive entre leurs cuisses avec une rose entre les dents tout en lisant des poèmes d’amour avant de les faire jouir.
J’ai cru que je n’étais pas normale de « déjà » coucher avec mon petit ami à 15 ans car j’étais supposée vouloir attendre, être une fille timide, bien sous tout rapport, et ressentir les choses d’une certaine façon.
Ben j’ai eu une superbe première fois, faut arrêter de prendre les filles pour des cendrillons, et mon petit ami qui avait 16 ans à l’époque a été tout simplement génial, et pas une brute qui ne pense qu’avec sa bite.
On se croirait réellement au siècle précédent, ce genre de site ne fait que régresser les choses, et les empêche d’avancer.
Ce site (education sensuelle) décrit la société française telle qu’elle est. Il doit y avoir effectivement des femmes qui aiment le sexe pour le sexe, mais pour 90% de la société française, ce site décrit la réalité quotidienne.
J’ai 25 ans, étudiant, Anne de Kervasdoue décrit exactement les filles que je rencontre. J’ai du commencer à essayer de draguer vers 15 ans, à 23 ans j’ai fini par aller voir une pro pour voir ce que ça faisait de ne plus être puceau. Ca a été une des pires expériences de ma vie. Avant, j’ai eu droit à toutes les sortes de râteaux possibles. Pour les femmes que j’ai rencontré, les hommes sont effectivement des brutes épaisses qui pensent avec leur bite, j’ai eu des commentaires de ce genre régulièrement. Mes copains aussi. On se fait citer des textes sur les besoins des femmes qui sont identiques à ceux d’Anne de Kervasdoue.
On me dit qu’il y a des femmes différentes. Mais où? Des femmes qui parlent de sexe librement? Mais avec qui? Des femmes qui ne trouvent pas que le porno c’est une honte, qui n’attendent pas qu’un mec soit un chevalier la rose toujours entre les dents, qui ne pense pas que tu n’es qu’un pauvre obsédé parce que tu penses au sexe? Où ça?
J’ai honte d’être un homme. Partout on me fait honte d’avoir une bite et des couilles, d’avoir des envies de sexe. On m’explique que les femmes ne veulent pas de ça. Je voudrais me faire castrer. J’ai vu mon docteur, il m’a dit que j’allais trouver une gentille fille sans difficultés. J’ai fini par essayer de m’opérer moi-même, j’ai fini à l’hôpital puis chez les fous. On me traite aux anti-dépresseurs, c’est bien parce que ça me coupe l’envie de sexe. On m’a mis dans un groupe de thérapie anti-porno. J’ai quasiment plus regardé de porno depuis 5 ans, ça me frustrait trop. Tous les autres mecs du groupe sont comme moi sans copine, sauf un: sa copine l’a envoyé dans le groupe.
Je veux toujours me faire castrer. Je ne veux plus jamais avoir envie de sexe. C’est trop dur.
@pauvobsédé : Merci du fond du cÅ“ur pour ce témoignage. Je suis parfaitement d’accord sur tous les points et je comprends ton écÅ“urement. Ca fait vraiment plaisir de voir quelqu’un témoigner de cette expérience, parce que je sais très bien que ça existe, je connais de nombreuses personnes dans un cas similaire, je ne m’en sens moi-même parfois pas très loin, mais personne n’en parle jamais, et certainement pas avec des mots aussi justes.
Je ne peux qu’espérer que ça s’arrangera…
C’est vrai qu’on ne parle pas réellement de sexualité aux adolescents (anatomie, techniques, etc.)dans les manuels sensés les informer, mais on ne leur parle pas plus de sentiments et de romantisme! Une fois qu’on leur dit qu’il faut respecter leur partenaire (plus exactement que le garçon doit respecter la fille, j’ai bien suivi!
), on ne leur en dit pas plus, ils n’ont toujours pas une idée plus claire de comment faire. Le respect, en plus, c’est une notion qu’on utilise dans les relations conflictuelles, pas amoureuses…
Je vais être mauvaise langue, mais le fait d’expliquer aux garçons qu’ils sont des brutes, et aux filles d’innocentes proies procède peut-être du secret espoir d’adultes angoissés par les grossesses adolescentes de faire foirer un maximum d’occasions pour les ados de concrétiser leurs rêves romantico-sexuels…
« Oui, la femme peut être romantique. Mais l’homme aussi. Malgré l’inconfort des pollutions nocturnes. »
D’autant que dans une société où les hommes seraient poussés au romantisme et les femmes au « plan-cul », on se contenterait probablement de créer des protections contre les dites pollutions… tout en établissant, éventuellement, une corrélation entre les pertes vaginales et l’urgence de la sexualité féminine, toute en suintantes hormones et en pulsions charnelles.
Le problème, en l’occurrence, c’est que spécialiste ou pas, généraliste, gynécologue, andrologue, sexologue, touceketuveuzologue, je crois, moi, que lorsqu’on parle de cul, implicitement, on parle toujours de soi-même, de ce qu’on a vécu, de ce qu’on aurait aimé vivre, de ce qu’on aimerait vivre à l’avenir. L’autre, toujours, c’est le mystère, l’inconnu, l’inaccessible.
Faut-il alors être bien dépourvu d’humilité, non (?) pour ainsi dessiner en bon thérapeute, à traits grossiers, les ombres chinoises de l’éternel féminin et de l’éternel masculin ?
Moi, je vais vous dire une anecdote : à seize ans, à quelques mois à peine de ce jour si particulier (?) où j’allais enfin (?) perdre ma virginité en compagnie d’une certaine et délicieuse Sophie, je me souviens m’être rendu à l’une de ces fêtes d’anniversaire, comme nous en donnions tant à l’époque.
Là , une jeune femme âgée d’un an de plus que moi, deux, peut-être, m’avait « entrepris » – un peu « forcé » sans doute : roulage de pelle et caresses. Nous nous connaissions à peine. J’étais très heureux. C’était trop chaud. J’étais heureux et terriblement fier.
Seulement voilà : je n’étais pas prêt. A un moment donné, la belle s’est donc mise à me sucer l’index et le majeur langoureusement, d’une façon qu’il est inutile de détailler. C’était tellement explicite à mes yeux. J’étais jeune, j’étais puceau, je regardais du porno, j’avais les hormones en fusion, comme disent tous ces gens bien informés et toutefois, bah, désolé pour eux, j’ai trouvé ça too much et j’ai préféré tout arrêter.
Alors quoi ? J’étais une exception ? Elle aussi ?
Le garçon trop timide, un peu benêt et la petite salope dévergondée, se destinant à une carrière de mauvaise fille ? Non. J’étais juste moi et j’ai perdu mon pucelage peu de temps après. Elle était juste elle. Et parce que je l’ai recroisée, je sais qu’elle est devenue mère de famille, docteur en sciences et qu’elle est tout ce qu’il y a de plus sage.
N’osons jamais dire : les filles sont comme ci et les garçons sont comme ça. Soyons francs et s’il faut dire quelques choses, c’est : ma fille, je flippe tellement ma race que tu reviennes un soir du lycée pour m’apprendre que tu es en cloque à seize piges, que je vais essayer de te faire croire qu’un vilain satyre sans conscience, sans âme, sans cÅ“ur, sans honte et sans scrupule se dissimule dans tous les slips kangourous du monde.
C’est vraiment ça, le message à faire passer ?
Non, mais je vais me moquer – juste pour rire, que personne ne le prenne mal, vous les avez vus, ceux qui conseillent, là ? Avec leur bonne tête et leur bon uniforme de catho-bourges de Bois-Colombes dans les Hauts-de-Seine. Ou leur bonhommie grassouillette de soixante-huitard, mais j’en suis revenu et de toutes façons, je ne l’étais pas trop, j’avais des examens. Ou enfin (ou tout en même temps), leur rectitude de médecin, qui n’est pas là pour déconner.
Je ne sais pas… C’est peut-être mieux que rien ?
A moins que rien ne soit mieux ? Je ne sais pas.
Et le porno, c’est vraiment grave, docteur ?
Bonjour,
Bravo pour cet article et pour ton site en général, que j’aime beaucoup.
En écho, je voudrais te faire partager un coup de coeur pour une émission anglaise d’éducation sexuelle (peut-être la connais-tu déjà ?). Il s’agit de Sexperience sur Channel 4 (http://sexperienceuk.channel4.com/).
C’est instructif, « fun » et décupabilisant. J’aime le fait qu’ils expliquent les choses clairement et simplement, sans préjugés. C’est bien simple. Je crois que si j’avais des enfants ados, je les planterai devant… quitte à faire la traduction en même temps.
Je ne pense pas que le problème, c’est « ma fille, je flippe tellement ma race que tu reviennes un soir du lycée pour m’apprendre que tu es en cloque à seize piges ». Si c’était ça le message que l’on voulait faire passer, alors cela ne serait pas honteux pour un garçon de ne pas être intéressé par le sexe. Or, le message du site et de tout l’environnement « catho-bourgeois dans les hauts de Seine » c’est qu’un garçon DOIT être obsédé, sinon c’est une tafiole.
Le message de ce site, pour les garçons, c’est à la fois « tu dois être obsédé » et « être obsédé, c’est honteux ». Pas étonnant que certains deviennent dépressifs. C’est un message que j’ai aussi entendu toute mon adolescence et qui, je pense, a pour but de faire perdurer un système où les hommes seraient éternellement demandeurs et les femmes n’auraient pas de besoin sexuels elles-mêmes. Le but est d’assurer la stabilité de la cellule familiale par une codépendance, sexuelle pour les hommes, financière pour les femmes. C’est, encore de nos jours, la vision de la famille dans la petite bourgeoisie française. Notons aussi que si la femme a une indépendance financière, il n’y a plus de contre-pouvoir dans ce système.
L’aspect « classe sociale: bourgeoisie » est essentiel. Dans d’autres classes de notre société, la situation est complètement différente. Si on lit, par exemple, Virginie Despentes qui vient d’un milieu défavorisé, on est dans un système où les femmes ont à craindre pour leur intégrité physique et ont besoin d’un homme comme protecteur. Elles sont prêtes à accepter une certaine forme d’esclavage sexuel pour. C’est horrible aussi, mais dans l’autre sens.
J’ai pris deux exemples, mais il y a probablement encore beaucoup d’autres formes d’esclavage et de domination sexiste dans notre société. Ce qui est essentiel, c’est d’en réaliser la diversité.
Ce jour est arrivé !!! La sexualité expliquée aux ados c’est sur http://www.tasante.com !
@Dréo C’est du troll ou de l’ironie ?
Quand on parle de la sexualité des ados, on omet de parler des parents qui « logiquement »ont des connaissances sur le sujet. Pour ce qui est risque de grossesse, normalement la mère devrait discuter du sujet avec sa ou ses filles, quand aux garçons, que font donc les pères?. Il se peut aussi que certains ados calquent leur sexualité sur celle de leurs parents (père violent ou mère dépravée). Quoiqu’on dise en matière de sexualité et sentiments chaque être humain est différent et vis cela de manière différemente, comment peut on donner un mode d’emploi similaire pour tout le monde?.Que chacun trouve le partenaire idéal serait la clé, mais faut pas trop rêver…
@Salomé
Bien vu !
« comment peut on donner un mode d’emploi similaire pour tout le monde? »
mais surtout POURQUOI ? ben pour faire de nous des « briques » de la société, interchangeables, compatibles, « normales ». Ce qui est un enjeu sous-jacent : le site dont il est question parle d’ »une normalité »… La recherche du soi est honteuse et il faut se conformer à une vision externe, aliénante. Donc la question du « comment peut-on donner… » au final, c’est qu’une question superficielle, de méthode, pas de but.
« Que chacun trouve le partenaire idéal serait la clé, mais faut pas trop rêver… » Tu as tout compris !!!!!!! Parce que c’est de ça, au final qu’il s’agit !!! Tout le monde parle de sexe… seul. Il faut mater les petits branleurs malsains, bouh… Mais le plus gros fantasme, le plus naturel et légitime, c’est d’être heureux à deux. Et ça… personne n’en parle vraiment. Ah si, y’a les romans à l’eau de rose… et des séries cucul pseudo-réalistes en prime time sur TF1 ou France2/3.
Pas étonnant qu’on soit tous frustrés !
Valérie doit être contente de cet article :p
Pour notre petite émission de libre antenne, on s’est servi plusieurs fois de deux bouquins qui viennent du Canada : « Le petit livre de la sexualité écrit par des filles pour des filles »
(http://www.editionsmilan.com/0d91c757/Sexualite-le-livre-ecrit-par-des-filles-pour-des-filles.html), et son pendant, réalisé un peu après, « Le petit livre de la sexualité écrit par des garçons pour des garçons » (http://www.editionsmilan.com/5e44b0f7/Petit-Livre-de-la-sexualite-pour-garcons.html).
Une bonne piste pour ton dernier paragraphe, à mon avis…
Salomé > Autant concernant la pure sexualité, je peux comprendre qu’on en appelle dans la plupart des cas au parent de même sexe que l’ado (s’il y en a un)…
Autant quant aux risques de grossesse, je ne vois pas pourquoi ce serait forcément du domaine de la mère. Ou du père pour les garçons, hein.
Quand les deux parents sont eux mêmes dotés de savoirs suffisants, tout devrait dépendre de la relation de l’ado avec chacun de ses parents, et de la gêne, ou l’absence de gêne, de chaque parent quant aux sujets abordés.
[...] en ligne, educationsensuelle.com et educationsexuelle.com. Où est le problème ? Selon Sexactu et Zone Zéro Gène (et d’après ce que j’en ai vu), ces sites, au lieu de proposer une véritable [...]
@Kyp: c’est vrai que personne n’en parle jamais. Pour moi, on me « soigne ». C’est à dire qu’on me donne des médocs et on me met dans une salle avec des autres mecs pour m’expliquer que je ne devrais pas avoir envie de sexe. C’est à dire qu’on m’explique que je devrais quand même avoir envie, parce que c’est vrai qu’un mec qui n’a pas envie, c’est une « tafiole », mais avoir envie seulement quand la femme a envie. Mais les femmes n’ont pas envie de sexe. Jamais. Elles n’en ont pas besoin.
Vous allez me dire que c’est faux. Je vous répondrais que les femmes que je rencontre sont comme les femmes de « éducation sensuelle »: capables de se passer de sexe des années, jusqu’à ce qu’elles tombent sur leur mec « idéal, pour la vie ». Et je ne peux pas croire que quelqu’un qui envisage sereinement de se passer de sexe des années jusqu’à tomber sur le mec idéal considère le sexe comme un besoin.
Donc on me met dans une salle trois fois pas semaine et on m’inculque que je DOIS tomber amoureux, d’une SEULE femme et après que tout sera simple. Manque de pot: maintenant, j’ai envie de coucher avec une femme et je suis pas amoureux. Seulement, cette envie, c’est mal: c’est vouloir se vider les couilles et considérer les femmes comme des sacs à foutre. On me dit ça. Et quand j’ai osé demander si les femmes n’avaient pas parfois envie de considérer les mecs comme des godes sur pattes, j’en ai pris pour des séances en plus. Parce que les femmes, jamais elles ne feraient ça, elles ne peuvent pas coucher sans amour juste par besoin.
Donc je suis une bête qui veut se vider les couilles. Alors laissez moi me les couper, comme ça le problème sera résolu.
« Classe sociale bourgeoise »: c’est vrai, les femmes que je rencontre sont de là . Elles veulent se marier, avoir un gentil mari bien riche qui leur offre des gosses, une belle maison avec cuisine équipée. Les mecs avec qui je suis soigné ne veulent pas se marier, offrir des gosses et une cuisine équipée. Ils veulent coucher avec une femme qui aime le sexe et qui a un orgasme quand ils couchent avec.
Sur « education sensuelle » comme chez les bourgeois, les femmes n’ont pas d’orgasme. Ca pourrait leur donner goût à la chose. D’ailleurs, elles n’ont pas de clitoris, elles ont un ailleurs: dans leur cuisine équipée sans doute.
J’aimerais bien savoir à quoi ressemble un clitoris, mais personne n’a jamais voulu me montrer.
@pauvobsédé –
Est-ce que tu pourrais nous en dire plus sur ce centre anti-porno s’il te plait ? Où est-ce que ça se passe, est-ce que c’est un hopital ou quelque chose de privée ?
Ah, mais mon pauvobsédé, c’est le lot de l’humanité. Le syndrome Don Juan, ou Tiger Woods, pour prendre un exemple plus près de chez nous. Et les femmes ignorent à quel point elles ont de la chance d’être ainsi privées de pulsions purement physiques, de ne ressentir, envers les hommes (ou les femmes), que des envies d’ordre émotives, sentimentales. Personnellement, en dix ans de mariage, j’ai couché avec ma femme, quoi, 15 fois peut-être, tout au plus ? Et alors ? Elle ne s’en porte que mieux. Jamais la privation sexuelles n’a assombri son humeur ; bien au contraire, moins je la touche, plus elle se sent gaie, joyeuse. Même constat chez ses amies, lesquelles, incidemment, rêvent du jour où elles pourront ENFIN échapper aux assaults de leur homme respectif. Est-ce que j’en souffre ? Beaucoup, comme tous les hommes. Or, comme j’aime les femmes, et que je n’ai rien d’un violeur, eh bien, je m’abstiens, me soulageant parfois enb sanglotant pour faire baisser la pression. Non, décidément, comme il serait bon, parfois, être femme pour connaître la paix, le repos, la plénitude.
@Le Roi Maudit – S’il vous plaît, STOP, là !
Bon, j’ai laissé filer parce que vous aviez l’air de trouver cet échange utile, mais faudrait peut-être arrêter de dire des conneries, ok ?
Vos inepties concernant le fait que les femmes n’ont pas de pulsions purement physiques, pitié… Vous vivez dans un monde irréel.
@Pauvobsédé : vous êtes un homme tout à fait normal, manquant probablement de recul et d’expérience, et vous êtes tombé sur de fieffés escrocs qui exploitent vos angoisses
Limite ça fait penser à un truc qui pue le mouvement sectaire…
@ le Roi Maudit : Punaise lire que les femmes n’ont pas de pulsions, je rêve! Je pense que celles qui n’en ont pas sont encore bridée, comme une voiture qui n’a jamais dépassé le 90.
Si j’étais un homme, je me méfierais d’une femme qui a l’air heureuse sans faire l’amour avec son mari, peut être a t-elle trouvé ailleurs un homme qui la fait grimper aux rideaux;)
@ Pauvobsédé : J’ai bien aimé ton témoignage, en tant que femme je ne pensais pas que les hommes pouvaient souffrir de la sorte. Je crois qu’on a encore beaucoup a apprendre sur eux.
Ca fait surtout penser à de la psychiatrie moderne…
Hommes et femmes ont des pulsions physiques, d’accord. Mais vous semblez oublier que, dans notre société, avoir des pulsions physiques c’est honteux (education sensuelle ne dit pas autre chose). Donc on va soigneusement les cacher.
Pauvobsédé et le Roi Maudit, ils sont censés faire quoi? Aller dans la rue, dire aux passantes qu’ils n’ont pas baisé depuis des années et attendre que l’une d’elles s’exclame « moi pareil! »? Cela parait idiot, n’est-ce pas? Pourtant, pour tout autre besoin physique (manger, avoir un abri pour se protéger du froid, etc…) les rues sont pleines d’hommes et de femmes qui font la quête en expliquant qu’ils ont faim ou froid.
Personnellement, je n’ai jamais entendu une femme avouer que le sexe lui manquait. Qu’elles en avaient marre d’etre seules et d’attendre qu’un mec veuille fonder un couple avec elles, oui. Que l’aspect physique leur manquait et tant pis si le mec ne voulait pas se mettre en couple, jamais.
Je suis une femme et j’ai toujours eu des pulsions physiques, je ne crois pas que les femmes soient si différentes des hommes à ce niveau.
Simplement, il m’a fallu beaucoup de temps pour découvrir comment combler ces pulsions avec un partenaire (ainsi qu’une rencontre avec un homme qui a su me débloquer à ce niveau). Avant, c’était bien plus efficace et facile de les satisfaire par moi-même. Sans orgasme, les rapports à deux étaient au mieux excitants et amusants, au pire laborieux (voire parfois douloureux au tout début). Tout ça peut jouer aussi…
Tu ne crois pas que les femmes sont différentes des hommes à ce niveau, mais pour revenir sur le sujet: education sensuelle et tout un tas d’autres sites et livres du même genre professent que oui.
@Kyp – n’importe quoi ! Dire à un homme qu’il doit tomber amoureux d’une seule femme avant de coucher avec, c’est pas de la psychiatrie moderne, c’est de la morale à la con. Subjective et étroite. Pas pro.
@Jérome : c’est pas parce qu’un gd nombre de personnes affirment des conneries que ça les rend vraies.
@Gaëlle-Marie
Vous avez raison d’être en colère, mais nous ne sommes pas, hélas, sortis de l’auberge (ou du couvent)- enfin, pas tous. Je répondais à Pauvobsédé par de l’ironie, car je crois qu’il se fout de notre gueule. Sérieusement, comment peut-on parler de la sorte quand tous vos papiers, et les commentaires féminins qui y font écho, ne font que le contredire ? En tous cas, je ne connais aucun homme dans sa situation – des hommes timides qui n’osent pas approcher les femmes, ou peu choyés par la nature et qui de ce fait n’osent pas approcher les femmes (à tort), oui, mais là … Il dit avoir vu beaucoup de porno, mais ignore à quoi ressemble un clitoris ? Non, faut être sérieux, quand même.
Rassurez-vous, je vis dans un monde bien réel. Mais parfois j’entends des choses, je lis des choses dans la presse… Un site comme « éducation sensuelle » m’apparait en effet hautement dangeureux en cela qu’il entérine une thèse rédigée petit à petit, siècle après siècle, par de pauvres malheureux qui n’eurent que pour desseins d’imposer au monde les névroses qui furent les leurs : haine de la vie, des plaisirs charnels, etc. Et Dieu sait que nos ancêtres y ont gouté, hommes, femmes, mais les femmes bien davantage… Et voilà que ça continue, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, ce devoir d’aimer, de réfréner ses pulsions, et d’aucuns culpabilisent (encore une fois, pas tous), et les médias (autrefois l’église) qui s’en mettent plein les poches avec la vulnérabilité des gens…
Alors, fasse le ciel qu’un site comme « éducation sensuelle » ne s’envole pas trop haut ; les sexualités ne s’enseignent pas, elles s’apprennent.
@Mara
« (…) Je ne crois pas que les femmes soient si différentes des hommes à ce niveau ». Votre « si » est de trop. La sexualité des femmes – ah bon, il n’y en a qu’une ? – est une invention des hommes, et certaines femmes y croient encore, malheureusement. Et celles-là , elles sont vachement bavardes. Pourquoi les chanteuses ne parlent jamais de sexe dans leurs chansons ?
@ Le Roi Maudit
vout dites : Les chanteuses ne parlent pas de sexe dans leur chansons, mais les humoristes femmes rattrapent de façon formidable ce manque et certaines valent le détour comme Elisabeth Buffet par exemple.
Je pense que l’homme ou la femme qui n’a pas trouvé le (la) partenaire qui le (la) fait vibrer intensément ne peut pas s’affirmer sexuellement.
Bravo, quelqu’un vient témoigner ici d’une expérience difficile, et on lui répond qu’il « se fout de notre gueule ». Ne s’agirait-il pas de la technique dite de l’autruche ? En pire, car l’autruche n’insulte pas.
@Kyp – En effet. Vous faites bien de signaler la remarque.
Attention donc, les gens : pas de fight dans les commentaires ok ? On peut se charrier, manier l’ironie, mais on reste correct.
@Roi Maudit
N’étant pas un homme et ne représentant pas toutes les femmes, je ne peux m’avancer à 100% sur d’éventuelles similitudes et différences, d’autant que je ne suis pas statisticienne non plus
Le « si » n’était qu’une simple précaution oratoire, tout comme « je crois ». De trop, peut-être…
Pour poursuivre sur le même thème, les personnes se disant asexuelles se retrouvent dans les deux sexes il me semble… Cette histoire de pulsions ou d’absence de pulsions serait donc liée à d’autres facteurs que le sexe de l’individu.
Bien sûr que ce n’est pas parce qu’un grand nombre de personnes affirme des conneries que cela les rend vraies. Mais inversement, croire que l’affirmation massive un peu partout de ces conneries n’a aucun effet est un peu naïf.
Quel est donc à votre avis l’effet de sites comme « éducation sensuelle » ou de livres comme « Les hommes sont le Mars les femmes de Vénus » sur leurs millions de lecteurs et lectrices?
@jerome – Vous avez tout à fait raison. Motivation supplémentaire pour des gens comme moi. A notre modeste échelle, on essaie de communiquer des infos raisonnées, non normatives, non formatantes… Et déculpabilisantes
Pour ma part, le commentaire de Pauvobsédé m’a rappelé ma propre expérience, avec des adolescentes de 17 à 19 ans (j’en ai 22, pas de panique), qui sont encore très gênées/* »coincées », et occultent leur propre désir en pensant qu’il est « normal » qu’on en ait soi-disant plus (voire « en permanence »), ce qui fait qu’on se demande ensuite si l’on est pas pervers, trop insistant, monomaniaque, etc., et même si l’on est désiré.
De nombreux arguments les défendent (parents muets, ex indélicats, voire abus, etc.), mais il reste que c’est aussi délicat pour un homme et l’image qu’il a de lui-même de rencontrer ce genre de filles.
Donc l’effet de ce matraquage désinformatif serait simplement que les femmes vont se sentir coupables d’avoir des pulsions? Je pense qu’il y a d’autres effets.
@ Le Roi Maudit
À propos des chanteuses, votre question est pertinente : comment le sexe est-il représenté dans la culture populaire ? Ou alors il est absent, comme dans la chanson (à part quelques exceptions, je pense notamment à Serge Gainsbourg, Juliette, les Rita Mitsouko), ou alors il est fleur bleue à souhait, soupirant et exempt d’éclats de rire et de levrettes joyeuses et tapageuses, comme dans le cinéma populaire (sauf dans certaines comédies ?). Reste l’humour, c’est vrai, mais encore, la censure guette toujours. Alors ? La littérature, les arts, les performances d’artistes actuels… Et en cela Jerome a raison : c’est partout le même discours, dans les arts populaires, la pub, les médias, les cabinets de sexologues, femmes = amour romantique, hommes = bêtes en rut. À force, ça fini par nous rentrer dans la tête, et y rester. Surtout quand on est jeune. Pourtant, le cinéma français ne fut toujours toujours aussi pudibond. Une film comme « La Grande Bouffe » serait impossible aujourd’hui. Et « Les Valseuses » ? Je ne sais pas, mais les rôles incarnés par Isabelle Huppert ont ravi l’enfant et l’adolescent que je fus. J’avais sept ans quand j’ai vu « Le Coup de torchon », de Tavernier. J’aimais l’idée que les filles étaient aussi pétillantes et frondeuses que le personnage d’Isabelle Huppert. Qu’elles avaient du coffre, du cran. Aujourd’hui, j’aime moins l’idée que les filles ne rêvent que d’un dîner aux chandelles avec Hugh Grant ou l’échevelé de « Twilight ». Donc, l’éducation SEXUELLE passe aussi par les arts : si le discours ambiant dit noir, il faut bien qu’on hurle blanc ailleurs, avec humour et imagination.
Mais où avez-vous vu que les chanteuses ne parlent pas de sexe dans leurs chansons?? Souvent de manière plus directe que les chanteurs! Zazie et son « mets-toi tout nu, si t’es un homme, histoire de voir où nous en sommes » [Un point c'est toi] n’est pas en reste, et c’est de l’art…
Attention, le vent tourne, et à part quelques grenouilles de bénitier, les petites filles sages et les jeunes femmes prudes, ça devient rare! Il va falloir s’y faire, et composer avec les pulsions parfois ravageuses de ces dames.
« les petites filles sages et les jeunes femmes prudes, ça devient rare »
Moins que vous ne le croyez
@Grenouille
Une hirondelle ne fait pas le printemps…
Bon, d’autres hirondelles donc, en tentant de prendre des figures connues. (J’avais tenté un envoi de liens vers les paroles, mais la réponse semble, du coup, passer en spam ; le message sera donc un chouïa longuet)
Barbara est, à mon avis, tout aussi crue et explicite que nombre de ses homologues mâles.
A titre d’exemple :
>Le Bel AgeMoi, je me balance Porno-graphique L’Amour n’est Rien <
"…Fi de l'ascèse !
Ma vie s'enténèbre
Moi sans la langue
Sans sexe je m'exsangue !
L'amour, c'est rien !
Quand c'est politiquement correct
On s'aime bien
On n' sait même pas quand on se blesse
L'amour c'est rien
Quand tout est sexuellement correct
On s'ennuie bien
On crie avant pour qu' ça s'arrête"
Je connais moins Anne Sylvestre et Brigitte Fontaine, mais elles ne me semblent pas prudes ni niaiseuses… Et c'est sans doute le cas de nombreuses autres chanteuses/parolières.
Sans parler des artistes moins connues, francophones ou pas.
Bon, je me suis emmêlée dans les copier/coller. Mes excuses.
Donc :
Le premier paragraphe au dessus est extrait de « porno-graphique », le second de « l’amour n’est rien » (deux titres de Mylène Farmer).
Quant à Barbara, voici :
-Le Bel Age-
Voilà que, timidement,
Le Jésus me parle
De tout, de rien, de sa maman.
Tu parles, tu parles.
J’aime beaucoup les enfants.
J’ai l’esprit de famille
Mais j’ai dépassé le temps
De jouer aux billes.
Il avait presque vingt ans
Et la peau si douce.
J’ai cueilli du bout des dents
La fleur de sa bouche
Et j’ai feuilleté pour lui
Un livre d’images
Qu’était pas du tout écrit
Pour les enfants sages.
Tant de jours et tant de nuits.
Donne, mais je te donne, (etc)
-Moi, je me balance-
Moi, je m’balance,
Je m’offre à qui je prends,
Le cœur indifférent,
Venez, venez vite,
J’veux tout, mais tout de suite,
Entrez dans ma danse,
Moi, je m’balance,
Dégraffez les cols blancs,
De vos consciences,
Moi, je m’balance,
Mon lit est assez grand,
Pour des milliers d’amants, (etc)
(sans parler de ses chansons « érotiques douces », où il est question de peaux, bouches et mains emmêlées)
Re rectification (c’est le dernier, promis, et désolée pour le triple post et l’embrouillamini) :
Les deux paragraphes cités dans mon premier message sont extraits de L’amour n’est Rien.
Voici donc l’autre :
-Porno-graphique-
Mon coeur est rempli,
Mais mon corps s’ennuie
Je t’ai montré mon arrière-train
Mon céans, mon céans, mon céans
L’océan
Et quand ma langue se délie…
C’est l’éloquence de mes silences
LÃ , sur ton orifice ami…
Je m’immisce dans ta pénombre,
Et, là , je fais le tour du monde
(etc)
J’ai tout lu, jusqu’au lien de Lux ? « Un genre d’agacement » (très intéressant, d’ailleurs). Hé ben dites donc, c’est pas la joie, hein ! Ça te fous l’envie de changer de sexe ou de planète, je ne sais plus. Vraiment, c’est si malaisé de s’entendre entre hommes et femmes ? Putain ! Et qu’est-ce qu’on fait, quand on se retrouve sous la couette ? Pourquoi le monsieur y veut faire boum boum et que moi, la madame, je veux faire zinzin ? Pourquoi y veut me taper les fesses alors que moi ça me fait boubou ? Pourquoi il pleut, dehors ? Perso, je n’ai connu que des femmes qui avaient un appétit pour le sexe autrement plus important que le miens (oui, bon, je suis au Québec). Elles regardaient des films porno et me reprochaient de m’intéresser à Spinoza alors qu’elles avaient des envies animales, là , maintenant. J’ignore ce qu’est d’être une femme ; je pénètre, je ne suis pas pénétré, mais une chose demeure certaine, toutes ces prédications sur la sexualité des uns (mâles) et des autres (femelles) ne peuvent que conduire qu’à une mésentente pour le moins néfaste. La femme : plus fort, s’te-plaît, plvite ! L’homme : T’es sûre ? Ça te fera pas mal ? Et ton col ? La femme : La ferme, fais j’t'dis, plus… L’homme : Non, j’ose pas, t’es sûre que ?… La femme : Défonce, défonce-moi… L’homme : Non, dis pas ça, c’est pas beau… Et puis, une femme, c’est petit, et délicat, les muscles y sont rares, chez une femme, et ça sent bon, une femme, même quand elle empeste, et une femme, ça aime les bébés, les chiens, et les soleils qui tombent dans l’eau, et puis, une femme… Pourquoi le monsieur y veut que je le suce ? C’est dégradant ou pas pour moi, m’dame ? Et c’est normal, quand il dit qu’il aime être avec moi ? Ou ce n’est que mystification pour mieux abuser de mon enveloppe charnelle ? Et fort malheureusement, des auteures comme Gaelle-Marie Zimmermann ne courent pas les médias. Les lieux communs pourris de mauvaises intentions ont donc encore une belle vie devant eux, à moins que les femmes prennent solidement le crachoir et en décident autrement, ce qui est en train de se faire, lentement, mais sûrement. Pour le meilleur et pour le pire…
Lux, oui
Et super commentaire, qui m’a fait sourire du matin, ce qui est toujours agréable.
Il y a quand même beaucoup de femmes qui se comportent comme dans « éducation sensuelle », de parents qui offrent un abonnement à leurs filles, etc… D’ailleurs le mot « sensuel » est un mot de code: c’est celui qu’utilisait aussi ma mère. « Sensuel », ça veut dire « tu baises pas ».
J’ai lu le roman de Virginie Despentes « baise moi » hier. Dans les toutes premières pages, la coloc de Nadine est exactement comme ces femmes. Les 5 pages qui la décrivent sont d’utilité publique, mais qui va les lire sinon des déjà converties?
La liberation de la femme, le droit à une sexualité active et décomplexée, le droit à l’orgasme, le droit de regarder du porno, de se faire fourrer quand on le veut et de choisir un amant d’une nuit pour, c’est très bien. Mais 40 ans après la pilule, il reste quantité de femmes qui NE VEUT CELA A AUCUN PRIX.
Qu’est-ce qu’on fait? J’ai un fils de 12 ans, je suis censé lui dire quoi sur les femmes quand je sais que la vaste majorité des filles qu’il va rencontrer pensent ainsi? Je suis censé lui dire que « oui, il y a des filles qui se branlent devant un bon porno » alors que les filles qu’il va rencontrer trouvent, comme leurs mères, que le porno est l’expression du mépris machiste? Je suis censé lui dire « oui, il y a des filles qui ont envie de sexe juste pour le sexe » alors que celles qu’il va rencontrer ne parlent que de mec qui les respecte et de grand amour pour la vie?
Vous ne croyez pas qu’il va surtout rencontrer ce genre de filles? Désolé, mais j’ai aussi une fille de 17 ans et j’entends comment elle et ses copines parlent.
De ces femmes « libérées », il y en a combien? 1%? 2%? Qu’est ce qu’il faut dire aujourd’hui à un garçon de 12 ans?
Selon moi, lui dire que s’il trouve une copine, il peut autant tomber sur une bête de sexe qui lui en fera voir de toutes les couleurs dès le premier soir, que sur une fille qui préfère patienter, et voire sur une avec qui il aura besoin d’énormément discuter pour refaire toute une éducation en quelques mois. Alors, je ne sais pas comment traduire ça en langage 12 ans, d’autant que je ne connais pas la maturité de votre enfant, mais c’est l’idée.
Ca permet d’être préparé, contrairement à moi, à être peut-être vraiment frustré par certaines rencontres, parfois même pas à cause de filles prudes comme le disait Grenouille, certaines se donnent aussi des airs pour devenir finalement rouge tomate dans le privé.
C’est une bonne idée, je vais lui dire ça: qu’il peut tomber sur l’une ou l’autre sorte de femme. Ce que je ne vais pas lui dire, en revanche, c’est qu’on peut espérer refaire une éducation. L’expérience m’a fait comprendre que c’est impossible.
Oui, à vrai dire, c’était un peu ironique, pour souligner le fait que parfois, il y a vraiment du boulot.
Le commentaire de Richard Lelion m’a fait drôlement marrer, c’est tout à fait çÃ
Quand à celui de Jérôme, pour mes ados, j’ai eu le même questionnement, résultat maintenant que certains sont en couples, quelque fois j’entends des truc incongrus véhiculés entre copains copines et il est très difficiles de leur faire entendre raison, en gros les parents sont de vieux « schnocks » (sous entendu vieux cochons) qui ne comprennent rien à la jeunesse d’aujourd’hui ! Allez je me marre, ils vieilliront comme tout le monde et ils comprendrons peut être?
C’est pourtant si simple. Hommes et femmes ont autant de pulsions, qui vont de ravageuses, comme dit Grenouille, à … moribondes. C’est une question d’appétit, et l’embonpoint n’a pas de sexe. Nous avons des fantasmes aussi cochons que romantiques, d’un côté comme de l’autre (mon frère rêve de femmes-toutous sur les seins (généreux)desquelles il couche sa tête et sourit, sa main sur une hanche. Dans un lit frais. J’ai déjà vu plus extravageant, comme fantasme). Le reste n’est qu’une question de culture, d’éducation, de personnalité. On dit oui ou on dit non. Stastistiques, sondages, études scientifiques, moi, je m’en branle. Toutes les femmes sont clitoridiennes, nous dit-on. Je suis Française, mais je suis née en Afrique, au Niger, où l’excision (pas nécessairement au Niger) fait encore de sacrés dommages. Des millions de femmes privées de plaisir. Et puis bon, on connait la chanson. Je suis gourmande, j’aime les hommes et les femmes, et je ne m’en prive pas. Et Dieu sait que je ne suis pas la seule. Mon éducation ? Classique, voire pudibonde. Mais quand on cherche, on trouve. Quand on ne trouve pas, on cherche. J’ai la fesse festive, pour reprendre une expression de madame Z. Je suis franche, ce qui parfois effarouchent certains hommes. Mais pourquoi ce serait toujours aux hommes à apprendre aux femmes les choses du sexe et non l’inverse ? On l’entend souvent, celle-là : « J’étais concée du cul, je n’aimais pas la chose, jusqu’à ce qu’un homme réveille en moi, et pour toujours… »
Le respect ? Bien sûr, le respect, comme partout ailleurs que dans un lit ! L’Amour ? Phénomène indéfinissable, de toute façon. On peut aimer sans aimer, aimer sans le savoir et penser qu’on aime alors que non. De l’humour plutôt. Quand on rit c’est qu’on est bien, et quand on est bien c’est qu’on est bien, point. Et c’est déjà beaucoup, être bien de temps en temps, avant de crever.
Bonjour,
je profite de cet article pour poster mon premier commentaire ici, alors que ça fait un moment que j’apprécie ce que j’y lis.
juste pour dire merci. c’est bon de lire noir sur blanc une pensée construite et responsable, des convictions solides dans un emballage de bienveillance sans complaisance. c’est bon de voir naître des débats de qualité dans les commentaires, parfois complètement exempts du pseudo-recul mi-caustique mi-graveleux qui dévalue si souvent les échanges dès qu’on commence à « toucher » au sexe.
le sujet du jour est de ceux qui me tiennent le plus à coeur, et qui sait, peut-être que d’ici à ce que mes gosses aient l’âge d’en avoir besoin (et dieu sait qu’ils ne me semblent vraiment pas en retard sur le sujet…), Zone Zéro Gêne aura fait des petits.
@ Andréa B. : « C’est pourtant si simple. Hommes et femmes ont autant de pulsions, qui vont de ravageuses, comme dit Grenouille, à … moribondes. »
Justement, je doute que la chose soit si simple, mille fois hélas. Si ma mémoire est bonne, il me semble avoir lu ici qu’en gros, la femme générait des pics de testostérone 4 jours sur 28 (ou à peu près), quand l’homme en générait de manière continue.
Cette précision sans vouloir nullement invalider tout ce qui est dit dans la suite de votre message, fort bon d’ailleurs. Mais bon, du coup, on ne peut pas dire qu’hommes et femmes ont autant de pulsions. Enfin, je ne pense pas.
@Kyp – Et dans le cas de contraceptifs hormonaux qui suppriment le cycle et l’ovulation, ça signifierait que nous n’avons plus de pulsions sexuelles, selon vous ?
heureusement que non…
Hommes et femmes ont autant de pulsions. Différentes selon les individus. Mais pas selon les sexes. Les pulsions diffèrent pour de multiples raisons, à la fois psychologiques, physiologiques, émotionnelles, etc. C’est une question complexe, en effet
On ne peut y apporter de réponse toute faite, et en vérité, ce n’est pas très important.
La seule chose qui compte dans la volonté de distinguer les pulsions sexuelles selon les sexes, c’est que cela ramène à des clichés relevant de constructions sociales, elles-même visant à hiérarchiser la place de chaque sexe dans la société, via (entre autres choses) son comportement sexuel.
Après, peu importe qu’une femme ait plus ou moins de pulsions qu’une autre, plus ou moins de pulsions que son compagnon… Ce qui importe, c’est qu’on ne fasse pas passer les hommes pour des brutes et les femmes pour de potentielles victimes de cette brutalité. Ce qui importe, c’est que chaque individu puisse choisir la sexualité qui lui convient et lui fait plaisir… Selon ses envies du moment, ses inclinations spontanées, ses préférences.
@Mah-Yu : merci à vous pour ce commentaire élogieux. Je suis très touchée
Hommes et femmes ont probablement autant de pulsions de désirs les uns que les autres, je veux bien le croire. Mais alors, pourquoi y a-t-il tant de femmes qui disent à qui veut l’entendre que non, hommes et femmes ne sont pas pareils à ce niveau?
Autrement chaque individu ne peut choisir la sexualité qui lui convient et qui lui fait plaisir que s’il trouve un partenaire pour. Moi, j’aurais bien aimé pouvoir être un « romantique de la bite » par exemple (très bon article). Jamais trouvé.
@Jérôme
Effectivement chaque individu ne peut choisir la sexualité qui lui convient et qui lui fait plaisir que s’il trouve un partenaire pour, chose que j’ai dit plus haut. Le problème c’est que si on se met à chercher « l’amour », chimère après laquelle tout le monde ou presque court, ben souvent il y a un hic côté entente sexuelle, donc on voudrait un partenaire qui convient sexuellement et un qui convient côté sentiments, avoir les deux serait le top mais combien ont les 2? je voudrait connaître les chiffres
La solution serait alors d’avoir plusieurs partenaires, mais la partenaire choisie pour le sexe ne va sans doute pas apprécier la place…
HE oui ce serait l’idéal, mais quel binz ce serait ! parce que, qui choisit qui? l’homme ou la feme?
Je ne pense pas que le problème serait qui choisit qui: si deux amants ont du plaisir ensemble, peu importe que ce soit l’homme ou la femme qui ait choisi, c’est un choix mutuel.
Si les hommes passent pour des brutes et les femmes pour des potentielles victimes c’est parce qu’il y a aussi des expressions toutes faites qui ont la vie dure comme par exemple : « les hommes ne pensent qu’avec leur queue »…. qui ne l’a jamais entendue celle là ? Ceci dit les femmes ne sont pas épargnées non plus.
Oh, mais qu’est-ce que le bon doc’ est allé faire dans cette galère ? Les extraits choisis ne semblent effectivement pas faire dans la nuance et la subtilité.
Pour répondre au débat dans les commentaires sur l’égalité, et à la phrase de Gaelle-Marie « Mais pourquoi hiérarchiser et différencier les deux sexes au-delà des particularités anatomiques ? » : Un homme n’est pas simplement une femme avec un organe reproducteur différent. Il y a des différences de pulsions et d’approche de la sexualité entre les hommes et les femmes. Et je pense que la culture – qui originairement ressent souvent le fondement des choses – ne fait qu’accentuer une tendance innée. Et c’est cette accentuation qui est souvent excessive dans les sociétés (exemple : la soumission des femmes). Mais quand on résume l’homme à être un chasseur et la femme à être une proie, on parle bien d’une inclination psychique, ce n’est pas à prendre au premier degré. C’est un démarquage pour souligner des différences de comportements fondamentales. Après, on peut en discuter et défendre que c’est un schéma des rapports hommes/femmes purement culturel mais ça, je ne suis pas d’accord du tout.
Je serais bien la dernière à soutenir qu’il n’y a pas de différence de comportement et d’approche de la sexualité entre hommes et femmes. Je dis seulement que nos garçons et nos filles ne sont pas du tout dans le même bain culturel que nous à leurs âges et que par conséquent, le résultat en sera fort différent du point de vue du comportement.
L’éducation est une chose très délicate aujourd’hui, parce qu’un enfant a plusieurs sources d’information sur la sexualité à sa disposition et ce, dès son plus jeune âge : télé, internet, école (entre camarades, bien sûr, l’école se gardant bien de dire quoi que ce soit) et parents dans le meilleur des cas.
Le tri et la synthèse de tout ça est si difficile à faire pour les enfants que le plus souvent, ils font confiance à leurs camarades pour les éclairer. Un peu comme si ils cherchaient à apprendre à lire entre analphabètes.
La question du porno est très importante. L’image pour un enfant ou un ado qui cherche (sur internet par exemple), c’est la vérité. En plus, personne d’adulte ne veut lui dire comment ça se passe réellement. Alors quand il voit des filles qui ne mouillent pas se taper le sexe avec la main et se faire ‘bip’ par des pénis énormes, il y croit dur comme fer. Aaah, dommage, les réalisateurs de films porno oublient toujours de faire jouir les filles. Bon, alors, on zappe l’orgasme de la femme, tant pis, hein? Eh, mais tu as un tout petit kiki, c’est quoi, ça??
Voilà le vrai mal que fait la pornographie actuelle (et courante on va dire, car il y a des exceptions bien sur), plus que sur le rapport de domination entre hommes et femmes, à mon avis.
Et pour contrebalancer ces inepties, on a educationsensuelle.com?
LÃ , je suis d’accord avec vous, on n’est pas sortis de l’auberge!
Bises, sans rancune, les gars!
En 2010, je suis toujours étonnée d’entendre des femmes revendiquer le droit d’être considérées comme égales aux hommes partout, sauf au pieu. C’est le paradoxe d’un certain discours féministe : nous ne sommes pas que des femmes (petits mammifères compliqués, à peu près dépourvus d’entendement qui, par un étrange concours de circonstance, fait bander les mâles), mais des êtres humains, tout comme les hommes. Et nous pouvons faire tout ce qu’ils font. Mais, quand on parle de sexe, tout à coup, ces mêmes féministes : Nous ne sommes pas des hommes comme les autres, nous ne pouvons pas faire tout ce qu’ils font, c’est impossible, nous sommes des femmes, petits êtres sensibles par trop pourvus d’entendement, etc. Mon copain n’aime pas le foot, ni la bière, ni le porno. J’aime le foot, la bière et le porno. Il a un pénis, j’ai une chatte. Je grimpe aux arbres plus vite que lui et je hurle au lieu de pleurer. C’est étrange, non ? Peut-être que c’est mon clitoris, qui n’a pas d’âme…
@Grenouille
Les réalisateurs de porno n’oublient pas de faire jouir les filles. En fait l’idée que la fille jouit au moindre contact avec un pénis ou avec les fluides qui s’en échappent fait partie intégfrante du scénario.
Bien sûr, une femme qui jouit vraiment ne jouit pas comme ça. Mais ce n’est pas la même critique de dire: « le porno ne présente pas l’orgasme féminin de manière réelle » ou « le porno ne présente pas l’orgasme féminin ».
Je signale également, pour rappel, que le porno ne présente le plus souvent pas l’orgasme masculin de manière réelle non plus…
Ok si tu veux, Jérome. On sait que le porno a ses codes, et qu’il a son public et ses objectifs propres. Alors justement, puisque la jouissance n’y est pas représentée de manière réelle, c’est ce qu’il faut dire aux jeunes spectateurs. Il faut leur expliquer le code. Voilà ce que les pères (ou les oncles, les frères ou les mères…)pourraient commencer à dire à leurs jeunes fils.
Ce n’est pas une critique gratuite, tu sais. Je préfère cent fois qu’on ne nous interdise pas de visionner des pornos. Mais j’ai l’impression d’un immense gachis quand je reçois en consultation des garçons de 14-15 ans condamnés pour agression sexuelle, qui me disent que leur seul référence en matière d’éducation sexuelle, ce sont les pornos dégottés sur internet par les copains ou les grands frères.
Bon, excusez de plomber l’ambiance, je ferrai plus léger la prochaine fois!
Parce que l’ambiance était à la fête ? ^^
Bon. Il se trouve que j’ai 20 ans, et que donc mes souvenirs de l’adolescence sont plutôt récents. Une question me taraude: tous ces gens qui prétendent donner des conseils aux adolescents, savent-ils encore ce qu’est un adolescent?
Les jeunes filles d’aujourd’hui ont grandi avec les refrains féministes, les « mon corps est à moi et je fais ce que je veux avec » et avec l’idée que la sexualité est censée être un plaisir.
Ce n’est pas de moralisation dont elles ont besoin, mais d’explications concrètes pour les guider dans leur exploration de leur sexualité. Ce site est donc inutile, peut être même malsain, et je vous félicite de le dénoncer!
Ca me sidère qu’on puisse encore rester dans cesd clishés. Le mâle en brute assoifée de sexe face à sa copine soumise et romantique qui doit l’éduquer.
C’est en inculquant des idées comme ça qu’après l’on appelle « salope » celles qui sont libres dans leur corps et aiment le sexe.