Avertissement : toute ressemblance avec des personnes ou situations existantes serait preuve que j’ai une putain de bonne mémoire purement fortuite. Je le jure. Croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer.

Aujourd’hui, mes chéries, et pour les besoins de la démonstration, je vous demanderai de bien vouloir visualiser une petite scène plaisante.

Le Mâle. Sa peau. Son odeur. Ses mains qui saisissent, qui empoignent. La quasi violence des baisers avides, le choc du mur contre lequel le dos s’écrase soudain, le bruissement de la jupe qui remonte sous des doigts empressés, et les cuisses qui s’ouvrent sans résistance, forcées par un genou impérieux. Les bassins se soudent, le désir monte encore. L’envie furieuse de se mélanger tout de suite, dans le désordre d’une hâte incontrôlée, chasse tout vestige de pudeur. La tendresse viendra plus tard : pour l’instant, ce qu’on veut, c’est qu’il plonge dans la chaleur et la moiteur, et le besoin pressant d’être prise, fort et profond, guide chaque geste.

Les baisers, fiévreux, se font plus pressants encore : la bouche du Mâle est gourmande, dévore sans douceur, et ses mains sont partout. L’incendie se propage, et c’est une coulée de lave qui part du creux du ventre.

Pause, les filles. Tout le monde a bien en tête l’atmosphère sulfureuse et hollywoodienne du scénario ? Ok.

Alors maintenant, penchons-nous sur le cas de ce mâle capable de transformer notre chatte en volcan islandais*. On est toutes bien d’accord : ce mec n’est pas imberbe. Il a du poil, il est viril, et tandis que sa bouche glisse lentement du coin de notre mâchoire à notre épaule, mordillant, embrassant, encouragé par nos soupirs et nos doigts accrochés à tout ce qu’on a pu choper (épaules, cheveux, ceinture de jeans ou appendice caudal bien raide et palpitant), ce qu’on sent sur notre peau, c’est bien une barbe naissante, non ? Si.

La barbe naissante, c’est furieusement érogène. C’est tellement érogène que ça provoque des miracles même pas sexuels. Moi, par exemple, en une semaine, j’ai écouté deux fois Europe 1 pendant 5 minutes, tout ça parce que le type qui cause dans le poste à 13h05 est en conflit avec son rasoir. Nan mais me tapez pas : je sais bien qu’on ne peut pas qualifier de miracle le fait de s’infliger Morandini juste après avoir mangé. Mais par le biais de Twitter,  j’ai été amenée à cliquer là-dessus. Bon, pour ceux qui ne connaissent pas Guy Birenbaum, euh… Ben tant pis, parce que je ne le connais pas non plus et je serais bien en peine de vous renseigner sur son parcours. Je lis parfois son blog et il a l’air cordial, c’est tout.

Quant à ce qu’il raconte sur Europe 1 ? AUCUNE IDEE. Je veux dire, oui, j’avais cliqué sur le lien et le gars racontait effectivement des trucs, mais j’ai rien écouté. Mes hormones avaient soudainement interrompu l’irrigation de mon cerveau. A cause de la barbe. Le poil un peu bordélique, le dessin de la bouche mis en valeur par cette espèce de broussaille, et surtout la totale absence d’affectation dans l’attitude. Ca, c’était hot.

Parce qu’attention, il y a barbe et barbe. Alors l’ombre pileuse post-pubère soigneusement maîtrisée par la tondeuse, non merci hein. Le côté « je passe deux heures dans ma salle de bains pour me donner l’air d’un voyou de chez Diesel », c’est tout simplement un crime contre le cul. Aussi excitant qu’un courrier de Philippe Val. Le ténébreux au rabais, c’est une farce aseptisée, niveau érotisme.

Non, ce qui est sexy, c’est la barbe naissante du mec qui a fini sa croissance depuis longtemps, et qui n’a pas pas eu le temps de se raser. Ou qui n’a plus envie. Qui s’en fout. Parce qu’il a d’autres impératifs. Et que ses poils ne l’intéressent pas vraiment. Ce mec-là, il donne envie d’interrompre les baisers juste pour se frotter à son cuir. S’il est encore habillé, ça pousse à déboutonner le haut de la chemise, pour aller voir en dessous si y a de la toison en stock. Ce mec, il sent bon. Les effluves de sa peau évoquent des trucs incorrects, des frottements à mi-chemin entre la caresse et une chaleur à la limite du tolérable, et puis aussi des rougeurs diffuses sur l’intérieur de nos cuisses, là où sa barbe éraflerait délicatement notre peau tandis que sa langue s’activerait, au rythme de nos hanches qui ondulent et de nos gémissements.

La barbe, c’est une délicate alchimie. Un coup de poker, mais sans bluff possible. Qu’elle soit trop courte et elle agresse. Qu’elle soit trop longue et elle perd tout pouvoir érotique (qui aurait envie d’un mec avec des cheveux sur les joues ?). Pour être bonne, la barbe doit titiller sans chatouiller, râper juste ce qu’il faut,  et marquer le territoire de notre peau comme sa propriété éphémère. La barbe parfaite, elle glisse entre nos cuisses pour enrichir le cunnilingus d’un contact légèrement inquiétant, mais sans faire mal. Elle pousse nos doigts à quitter la chevelure pour glisser sur les joues. Elle rosit nos seins et met le feu à notre épiderme de princesse.

La barbe, c’est tout simplement la promesse de parties de baise sans minaudages, gourmandes, festives et décomplexées. Un peu canailles. Et tendres aussi. En gros, la barbe symbolise un fantasme de virilité animale, de dextérité enthousiaste et de générosité sans fard : un contact sensuel très fort, une petite agression tacite et consentie, le piquant nécessaire à tout emportement débridé. Le truc qui met vraiment en appétit.

Bon, la question, maintenant, est de savoir où trouver de la barbe. Ben sur Twitter, y en a plein. A peine avais-je mentionné l’idée de cet article qu’un formidable élan de délation pileuse a saisi les filles de ma timeline, avec pour résultat les barbes les plus fuckables du réseau. Alors mes chéries, si vous voulez suivre du poil, c’est avec ces gars-là que ça se passe : @Thomasfromparis, @oleiade, @lablogueusemode, @thycos83, @finss, @Hellchico, @papposilene, @arnocast, @egings, @christreporter, @iamevil, @San_Pierro, @king_volcano, @amirhabibi, @C_a_dit, @divaba, @Harguile, @happyloser, @Thibaut_Octave, @JulesUber, …

Eh oui, brisons le snobisme du people sur Twitter, et trouvons enfin des raisons pertinentes de suivre les gens. Le parcours pro ? L’influence ? On s’en cogne. Le poil, voilà qui a du sens.

Pour poursuivre la délation, c’est en dessous dans les commentaires, et pour les mecs à joues poilues qui souhaitent se voir sur la liste, c’est open bar, je compléterai.

* L’expression est copyrightée par un mec qui a l’air de bien connaître son sujet.

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