Pas de coup de gueule aujourd’hui sur ZoneZeroGene, mais quelques conseils de lecture… Deux bouquins et deux liens.

Hasard (ou pas), j’ai fait une moisson très intéressante dans la collection « l’attrape-corps » des éditions La Musardine. J’ai du pot : leur service presse ne m’a jamais infligé les « Osez ». Sans doute pour ne pas m’énerver plus que je ne le suis d’ordinaire quand je lis des guides-sexo-à-la-con.

Bon, commençons par le dernier essai de Peggy Sastre : forcément, j’avais un a priori très positif, ayant beaucoup apprécié le précédent, Ex Utero. Du coup, lorsque j’ai reçu « No sex, Avoir envie de ne pas faire l’amour« , j’en salivais à l’avance. Et je n’ai pas été déçue. Dans ce livre, Peggy Sastre mène une réflexion hors des clous sur le thème de l’asexualité, orientation sexuelle non volontaire ET non problématique. Abordant le sujet sous l’angle de l’histoire, de la science et de l’émotion, l’auteure pose de bonnes questions, et émet des hypothèses très intéressantes. Non, ne pas baiser ne relève pas du trouble pathologique, ni de la volonté de faire son petit malin dans un monde dominé par la pression sexuelle.

Il est superflu de préciser que cet essai se situe bien au-delà du refus de la dictature du sexe… Le niveau de réflexion est largement supérieur au coup de gueule de base, et le propos est à la mesure de l’auteure. En effet, rappelons que Peggy Sastre est doctorante (elle bouclera son doctorat de philosophie à l’automne), journaliste scientifique et traductrice. On a envie de dire « Bon sang, c’est du lourd ». Mais justement non : avec Peggy Sastre, rien n’est jamais lourd, et c’est ce qui est jouissif : servi par une plume acide, percutante et teintée d’ironie, son propos est aussi digeste que captivant.

Je recommande donc chaudement.

Ensuite, une découverte intéressante dans ce bouquin de Ruwen Ogien, au titre assez vague : « le corps et l’argent« . Le résumé ne fait pas vraiment vibrer (il évoque tout d’abord la gestation pour autrui et le commerce d’organes, pour conclure avec la vente de services sexuels), mais le contenu est tout à fait pertinent, et met clairement l’accent sur la question épineuse de la vente de prestations sexuelles. Le refus des préjugés moraux est très net et bien argumenté. On peut ne pas être d’accord avec tout ce qu’écrit l’auteur, mais la réflexion qu’il mène a le mérite de poser de bonnes questions, et de réfuter intelligemment les a priori coincés-du-fion de notre société bien-pensante.

Un bref rappel des dispositions légales relatives au corps et à l’argent met le lecteur dans le bain, et l’auteur enchaîne directement sur le commerce du sexe.  A noter que si d’autres thèmes sont abordés (débat global sur la marchandisation du corps, focus sur la gestation pour autrui et la vente d’organes), l’accent est vraiment mis sur la question de la prostitution, sans fausse pudeur et sans hypocrisie.

Pas de réponse catégorique apportée dans ce livre : c’est ce qui le rend vraiment intéressant. Je le conseille également.

A lire également, du même auteur : « La liberté d’offenser : le sexe, l’art et la morale« .

Sinon, sur le web : une bonne moisson aussi, qui vaut bien mieux que tout ce que j’aurais pu écrire aujourd’hui. En effet, et cela ne surprendra personne ici, je ne suis pas cliente des prétendus documentaires merdiques infligés par les chaînes télé racoleuses. Tout d’abord parce que je les trouve indigents, et ensuite parce que ça me met dans des rages noires. Je peine déjà à garder mon calme en me farcissant les dossiers sexo de la presse féminine et des sites sexo : j’évite donc de me foutre en rogne plus que nécessaire.

Je me suis donc épargnée une violente montée de rage hier soir en ne regardant pas la saloperie diffusée par M6. J’ai bien fait. Et j’ai bien fait de ne pas pousser au-delà des 30 premières secondes ma tentative de visionnage sur le site de rediffusion de la chaîne. Parce que d’autres que moi ont écrit à ce sujet, et que je n’ai rien à ajouter. Je vous invite donc à aller lire, sur cette ineptie télévisuelle, l’excellent et virulent billet de Dariamarx, ainsi que la critique plus posée de BeSnob.

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