Parce que l’on peut à la fois se réjouir de certaines avancées en matière de féminisme et de lutte contre le sexisme, mais parce qu’on peut surtout déplorer la survivance de lois, usages, pratiques discriminantes (explicites mais aussi rampantes), ZoneZeroGene soutient l’initiative de Valérie et relaie la démarche qu’elle expose sur son blog en ces termes :
« Il y a quelques années, un groupe de travail dont certains commentateurs/trices du blog faisaient partie, avait posé la base de revendications antisexistes.
A l’époque on avait envoyé ce texte à nos députés ; en pure perte, vous l’imaginez. Avec les réseaux sociaux, il me semble que, si l’on s’attelle collectivement à diffuser ces revendications, on peut avoir davantage de succès.
Je vous propose donc de diffuser ce texte sur votre blog, facebook, twitter, bref ce que vous voulez. Vous mettez ou non un lien vers ce blog ; je vous demande juste, si vous décidez, parce que certaines revendications ne vous conviennent pas, de les ôter, d’alors faire un lien vers ce billet qui comprend l’ensemble des revendications.
Le sexisme est la discrimination d’un sexe sur l’autre. Le féminisme veut que cessent les discriminations à l’égard des femmes et, les études féministes s’orientant de plus en plus vers l’antisexisme, nous avons été amenéEs à étudier également les discriminations subies par les hommes, car elles découlent du même principe.
En matière de sexisme, l’essentialisme repose sur l’idée que la sexuation des humains devrait se traduire par une différence de statut et de traitement entre deux classes de sexe, avec en arrière-plan l’idée d’une complémentarité dans la différence qui trouverait sa pleine actualisation dans le couple hétéronormé.
Nous rejetons l’essentialisme, en ce qu’il :
- constitue le noyau dur du système sexiste contre lequel nous luttons
- nie l’existence des personnes intersexuées et transidenditaires
- freine la liberté des individus à concevoir leur identité en dehors de cadres sexués normatifs »
Les principales revendications portent sur les thèmes suivants :
- LUTTE CONTRE L’ESSENTIALISME ET LES STEREOTYPES DE GENRE
- LOIS
- DEPENALISATION
- TRAVAIL
- EDUCATION
- CORPS
- SEXUALITE
- CONTRACEPTION
- INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE
- MALADIES
- LANGAGE
- VIOLENCES CONJUGALES
- VIOL
- FAMILLE
- ETRANGERS
Retrouvez le texte intégral, à diffuser, sur le blog de Valérie.
A lire également :
- Sexe et internet, via l’Esprit Canal et Jean-Claude Kaufmann
- "Ex Utero", ou le féminisme vu par Peggy Sastre
- Sexe, prévention et vidéos, sur yagg.com
- Neurobiologie de l’amour, chez Helran
- Tu seras un père, mon fils. De gré ou de force.
- Et vous, vous en êtes où avec les stéréotypes et la discrimination ?



Hello,
Le lien sur « Valérie » ne fonctionne pas.
Encore merci pour ces grands moments de lecture.
Tu as une plume fantastique
[...] This post was mentioned on Twitter by Palaeksa, ZoneZeroGene.com and Béatrice Savignard, LaPeste. LaPeste said: RT à volonté via @ValerieCG ! http://www.zonezerogene.com/2010/06/07/revendications-antisexistes-chez-crepe-georgette-a-diffuser-largement/ [...]
J’aime bien. Ces revendications sont réfléchies et pertinentes. Surtout qu’en les listant comme ça on en arrive à se dire : « Tiens, mais oui, c’est vrai ! » et que l’esprit de Voltaire, Condorcet, Louise Michel et Olympe de Gouges n’est pas mort.
Une autre façon de voir les choses qui refuse le fatalisme du « Ils n’accepteront jamais » qui est vrai si on ne demande jamais rien aux vieilles badernes décaties du palais Bourbon.
Et puis ceux qui sont « raisonnables et demandent donc l’impossible » ont tout mon soutien et ma sympathie.
Je mets un lien sur mon blog (à la fréquentation plus que confidentielle mais de qualité) et fait un copié-collé de l’article in extenso avec mes commentaires.
J’aime.
Les revendications sont tellement pertinentes, surtout celle auxquelles je n’avais pas pensé, qu’on se dit : « Mais oui, c’est vrai ! ».
Je me réjoui aussi de savoir que l’esprit de Voltaire, Condorcet, Louise Michel et Olympe de Gouges n’est pas mort.
Ceux qui sont « raisonnables et demandent donc l’impossible » ont tout mon soutien et toute ma sympathie.
Il y a dans tout cela un esprit révolutionnaire moderne digne des Lumières qui me plait beaucoup.
Et puis il faut bien secouer les os cliquetants des vielles badernes décaties du palais Bourbon.
Je publie donc l’article in extenso sur mon blog (à la fréquentation plus que confidentielle mais de qualité) avec mes commentaires, j’y joins aussi un lien.
Il me semble que l’utilisation de listes de revendications soit contre-productive, du fait de l’hétérogénéité de celles-ci.
On mélange des revendications indiscutables et qui justifient à elles seules une campagne de presse (notamment tout ce qui touche à l’IVG et aux violences conjugales) ou des revendications tout aussi indiscutables mais plus symboliques, comme mettre fin à cette connerie d’abstraction de « bon père de famille »(d’ailleurs la proposition est excellente), avec des revendications franchement contestables, du genre, retirer la mention du sexe des documents administratifs, supprimer la mention de l’état de disponibilité sexuelle des femmes (ce sont les femmes qui me reprennent quand je leur donne du « madame ») ou encore transformer le terme mariage. Je trouve que ça « neutralise » les revendications les plus importantes.
En revanche, je suis content qu’une place soit faite pour la lutte contre la misandrie; je ne comprends pas pourquoi il faudrait séparer les anti-sexismes.
Du même avis que Clément.
Et j’ajoute que quelques revendications me paraissent carrément ignorer la différence anatomique qu’il existe entre les hommes et les femmes, qui, elle, est bien réelle.
Je pense, à titre d’exemple, à leur proposition sur le congé maternité / parental : « un congé parental égal pour tous ».
@Pauline – Ben à moi, ça me semble pertinent : déjà parce que tous les couples parentaux ne sont pas pensés en tant que binôme homme/femme (c’est un peu le but du refus de l’hétéronorme).
Ensuite parce que même dans les couples parentaux hétéros, passé l’accouchement, le congé « de maternité » devrait être accordé aux hommes : si les mecs pouvaient bénéficier de ce congé, ils pourraient partager à 50/50 les tâches relevant des soins au bébé (biberons nocturnes etc). Dans l’état actuel des choses, il est évident que la mère en congé de mat va délester son mec qui se lève pour bosser le matin des tétées nocturnes (oui, j’appelle tétée le fait de donner un biberon comme le fait d’allaiter : même en cas d’allaitement, le père peut aider, et pas qu’un peu), et c’est logique…
Expérience perso : ça me semblait normal de ne pas morceler la nuit de mon mec qui partait bosser à 6h du matin, alors qu’étant en congé de mat, je pouvais me recoucher. Mais il a refusé. Et il a donné un biberon sur deux, un bain sur deux, dès le départ. De fait, et pour mes deux enfants, je n’ai jamais dormi moins de 6h d’affilée. Le plan du « je me lève toutes les 3 heures pendant des mois », je n’ai pas connu. Je me suis donc plus vite remise de la fatigue. C’était top.
Partage équitable des tâches, on appelle ça
J’ai lu ces revendications sur les entrailles de Mademoiselle, et j’ai oublié de le préciser là-bas, mais ce qui ici s’appelle école maternelle s’appelle en Suisse école enfantine, ce que je trouve pas plus mal…
Quant aux congés parentaux, oui à l’égalité entre les parents !
Merci Gaelle-Marie
. des copains viennent d’avoir un gamin. Lui a pris son maigre congé paternité et tous les congés payés qu’il lui restait. Il est parfaitement ridicule qu’il n’ait qu’11 jours de congé pater et que la seule solution pour s’occuper de son môme soit de prendre tous ses congés payés !
Là tous deux sont donc en congé ; lui gère donc la nuit et elle la journée. (pour le moment il gère plus qu’elle d’ailleurs vu qu’elle vient d’accoucher, a eu une épisio donc est passablement très fatiguée).
Pauline : il ne s’agit pas de requalifier le congé de grossesse et post accouchement ; celui ci est nécessaire médicalement parlant. Je parle du congé nécessaire au soin consacré à l’enfant nouveau-né ; un de des deux parents doit pouvoir le prendre indifféremment. (comme en suède je crois).
clément ; mais on peut être une femme et sexiste. Si une femme, par je ne sais quelle coquetterie, ne voit pas le problème qu’il a à s’appeler « mademoiselle » c’est son problème.
pour l’hétérogénéité. à part trois taré-e-s, chacun sera d’accord pour la violence quelle qu’en soit la forme.. mais la base même du sexisme – soit la division sociale des sexe – doit aussi être interrogée. je concois que cela coince.
grenouille ; pas mal le terme « école enfantine ».
Oui mais, avant l’accouchement, c’est la maman (ou maman porteuse) qui n’est pas en mesure de bosser. Le ou la partenaire de la femme enceinte peut travailler, il n’est pas embêter par un gros bidon parfois douloureux et par toute la fatigue nco.
Quand au congé post-accouchement, n’est-il pas dû au fait que la femme venant d’accoucher doit physiquement récupérer ?
Je ne sais pas à quel point peut être épuisant un accouchement ni combien de temps il faut pour s’en remettre physiquement. Il me semblait que le congé maternité servait à cela et dans ce cas je trouve ça normal que la maman ne travaille et son partenaire, si.
Après, moi, j’ai jamais accouché et peut-être se remet-on d’un accouchement plus vite que je ne le pense. Dans ce cas là, ouais, pourquoi pas.
@Pauline – Une grossesse non pathologique n’entraîne pas d’incapacité à travailler, quand tout se passe bien.
Et le congé de maternité post-natal n’est pas du à la récupération physique. Pour s’en remettre physiquement (hors pathologies particulières bien sûr), quelques jour suffisent. Le congé de mat est donc dévolu à l’enfant. Et là, la parité serait plus que souhaitable
Mais effectivement, ça peut paraître obscur quand on a pas eu d’enfant. Mais je t’assure, le parcours du combattant que constituent les deux premiers mois (tétées toutes les 3 heures, nuits coupées, tissage du lien émotionnel avec le bébé) relève des deux parents : aucune raison pour que le/la conjoint(e) n’y participe pas. Quand l’enfant se fait à deux, donc en dehors du parent célibataire, il s’élève à deux. Dès le début
(j’ai deux enfants, 1 an et demi d’écart)
@Valérie: Il n’y a pas de jugement de valeur lorsqu’on utilise le terme « mademoiselle »; je ne vois donc pas de sexisme. Je sais que cela ramène à l’époque où le statut des femmes dépendait de leur « état matrimonial » (pour ne pas dire patrimonial), mais ce n’est plus le cas.
Je suis d’accord que les mots ont un sens, mais il ne faut pas chercher de problème là où il n’y en a pas. Aujourd’hui, une dame (d’environ soixante ans) dans la rue m’a interpellé en m’appelant « mon garçon », ça m’a semblé bizarre, mais je ne vais pas en faire tout un fromage.
pauline ; je me répète donc.
tout ce qui concerne l’accouchement, la grossesse est un congé à part ; le congé maternité. (à déterminer selon la fatigue de la mère, les eventuelles complications etc).
pour ce qui est du congé pour s’occuper du gamin parental donc), c’est autre chose et doit être pris à part et donc peut être pris à part par la mère ou le père (je ne sais pas si je suis claire).
clément ; il n’y a pas d’equivalent masculin à mademoiselle, c’est donc bien du sexisme.
@Valérie: Je comprends la logique, mais je ne suis pas d’accord.
Ce qui est sexiste, c’est que les termes servant à qualifier les femmes (Madame/Mademoiselle) fassent référence à leur état matrimonial (mariée/non mariée). Alors que les termes qui servent à qualifier les hommes n’y prêtent aucune attention (Le terme damoiseau existe, mais n’est plus usité).
Sauf que ce n’est plus le cas depuis que l’emploi du mot « Madame » a été étendu à toutes les femmes, même non-mariées (par les linguistes; y compris l’Académie Française), au même titre que le mot « Monsieur » peut-être employé pour tous les hommes.
Il serait donc bien que l’administration applique les règles de la grammaire française (en attribuant à toutes les femmes le qualificatif « Madame », ou en leur laissant le choix de l’un ou de l’autre).
Supprimer le terme « Mademoiselle » du dictionnaire me semble en revanche être une sottise.
(Ou bien, considérant n’avoir point à être traité différemment d’un autre du seul fait de mon age, je m’autorise à considérer l’emploi à mon encontre du qualificatif « jeune homme » comme un casus belli m’ouvrant droit à kicker la tronche du prochain qui m’appelle comme ça
)