Tranche de vie, avril 2006, salle de bains familiale.
Ma fille, 5 ans-et-demi-presque-6, termine de prendre sa douche. Après lui avoir lavé les cheveux et le dos, j’ai tiré le rideau et la laisse terminer seule, comme nous en avons l’habitude : en général, je lui tiens compagnie puis lui accorde quelques minutes d’intimité en restant dans les parages. Elle m’appelle ensuite pour que je la sorte et la sèche.
Ce jour-là , elle a envie de bavarder. Et pas de n’importe quoi. Bienvenue aux pays des conversations qui tabassent.
Elle :Â M’maaaaan ?
Moi : Ouiiii ?
Elle : Viens voir, je veux te montrer
Moi (tirant le rideau) : T’as un souci ?
Elle : Nan. C’est quoi ça ? (Pointant son entrejambe du doigt)
Moi : Ben ça, c’est ta foufoune, ma puce.
Elle (levant les yeux au ciel, consternée par ma connerie) : pfff… Nan mais je SAIS que c’est ma foufoune. Mais ça, là , c’est quoi ? (pointant toujours la zone du doigt)
Moi (lente à la détente) : ça QUOI ?
Elle : Ben en haut de ma foufoune, j’ai un truc que quand je mets la douche dessus, ça me chatouille, c’est-trop-bien, et je me chatouille aussi dessus dans mon lit, c’est-trop-bien. C’est quoi ?
Moi : Euh, bah… Euh… … …
Oui, alors comment te décrire, Lectrice, Lecteur, l’irrépressible bouffée de gêne qui m’a envahie devant la question de ma gosse, ce soir-là ? Je veux dire, la vie est sournoise : tu colles ta gamine à la douche en pensant à que dalle, tu décompresses après ta journée, tu te mets en pilotage automatique pour la logistique, et la vapeur qui monte dans la salle de bains t’engourdit un peu. Normalement, ton encéphalogramme peut rester plat jusqu’au lendemain matin. Et c’est là que ta môme te propulse brutalement dans une pub Lactel avec une saloperie de question du genre « Papa, c’est quoi cette bouteille de lait-euuuuh ? ».
Putain, la maternité, parfois je te jure.
Le croiras-tu, Lecteur, Lectrice, mais je me suis déballonnée comme une sombre merde de parent-démissionnaire de sa race. J’ai lamentablement noyé le poisson en prétextant que oh-là -là -mais-qu’est-ce-qu’on-est-en-retard-dis-donc-ma-puce-viens-là -que-je-te-sèche.
Je ne peux même pas prétendre que j’aie réfléchi, sur le moment. En fait, je me sentais gênée, surprise, et surtout je ne savais pas quoi répondre. Que dire à une enfant de moins de 6 ans ? Quelles réponses donner ? Lesquelles éluder ? Comment éviter l’écueil d’une surinformation risquant de charger l’enfant d’un savoir non adapté à son âge ? Comment ne pas MERDER, tout bêtement ?
Le lendemain, j’en ai parlé à une copine. Elle avait une fille un peu plus grande. Et des soeurs, toutes mères de filles également. Alors la situation était différente pour chacune : certaines gamines avaient posé des questions assez tôt, d’autres pas du tout. Dans tous les cas, les conseils des médecins de famille étaient aussi clairs que pertinents : on répond toujours aux questions, en adaptant l’info à l’enfant qui la reçoit (possible version light pour ne pas charger, MAIS pas de mensonge), et on n’informe pas à tout prix un enfant qui ne le souhaite pas. Le but étant globalement de ne pas générer de culpabilité chez l’enfant, et de l’accompagner de façon saine en fonction des attentes qu’il/elle exprime. « Ce n’est pas sale », etc. On connaît la chanson.
Mais dans tous les cas, et c’était bien là le coeur du problème, on nomme les choses. Posément. Un « C’est quoi, ça ? » appelle une réponse claire. Quand c’est possible, on reste dans le général, et on évite l’exposé clinique effrayant. Mais parfois, la question est précise et appelle une réponse précise. Et c’est là qu’on perçoit le véritable enjeu de cet échange avec nos enfants : que transmettons-nous ? Quelles sont nos réticences ? Que devons-nous dépasser pour amener cette génération à ne pas devoir revivre nos luttes, tout ce que pour quoi nous nous sommes battuEs ?
Tout ça me semblait logique, après coup. Je me suis dit que le cas échéant, je me montrerais à la hauteur. Mais j’espérais bien que ma fille ne reviendrait pas à la charge de sitôt (oui, oui, lâche, c’est ça).
Elle y est revenue 3 jours plus tard. Sous la douche. Tout pareil. Mais un poil agacée quand même, la mioche :
Elle : Bon, alors, tu sais ce que c’est ou pas, le machin pour mes guilis de la foufoune ?
Moi (acculée, bordel, j’veuuuuux descendre) : ahem, euh, alors… (Vas-y, dis-le). C’est le… (Allez, quoi, c’est pas GRAVE). C’est ton clitoris. (Oh. My. God. J’ai prononcé le mot clitoris devant ma fille de 5 ans. Appelez la DDASS. Je suis une mère indigne).
Elle (pas plus perturbée que ça) : Ah bon. C’est ça qui fait les guilis alors ?
Moi : Oui, voilà .
Elle : Et sinon, ça sert à quoi ? Pour faire pipi, c’est par là aussi ?
Non : Non, pour faire pipi ce n’est pas là .
Elle : Mais alors, ça sert à quoi ? Ca chatouille et ça sert à quoi d’autre ?
Moi (un peu dans le potage quand même, mais au point où j’en étais…) : Ben ça sert juste à ça. Oui, voilà , en fait ça sert à se faire plaisir. C’est juste fait pour ça.
Elle (sereine et contente d’avoir un nouveau jouet officiellement validé par la génitrice) : Ah ouais ? Alors je peux continuer à me chatouiller dessus ?
Moi (enhardie maintenant que le truc avait été dit) : Oui, aucun problème. Ton corps, il est à toi, et t’as le droit de te faire plaisir avec. Simplement, ces choses-là on les fait quand on est seule dans sa chambre, jamais devant les gens.
Elle : Bon, je le dirai à Julie alors, et que c’est toi qui a dit d’accord.
Moi (alarmée à l’idée de passer pour une mère déjantée à l’école) : Hein ? Euh, attends, là … Je veux dire, c’est peut-être pas la peine de raconter à Julie que j’ai dit que…
Elle (très professorale) : Si, faut que je lui dise. Parce que moi je lui ai dit à Julie que je me faisais des chatouilles trop bien, sur le clitoris de la foufoune sauf que je savais pas que c’était ça. Sous la douche et puis au lit. Et elle m’a dit qu’elle l’avait fait aussi. Eh ben sa maman elle l’a attrapée en train de le faire. Et elle lui a dit qu’il fallait pas faire ça, parce que c’est dangereux. Et que si on se touche la foufoune, après ça peut donner des maladies. Et sa mère elle l’a punie de télé.
Moi : …
Voilà , c’est tout. Initialement, je partais sur un article exposant les enjeux encore en gestation de ce féminisme pacifique auquel je crois, du plus profond de moi-même. Je voulais parler du rôle de la transmission. Des clés que nous pouvons donner à nos filles pour les accompagner vers l’âge adulte en harmonie avec leur corps. Je voulais parler d’une société où les mères éduquent parfois leurs filles comme AVANT. Et leurs fils comme des Mâles Alpha.
J’avais envie de dire qu’en matière d’éducation sexuelle donnée aux petites filles, les femmes se conduisent parfois en sinistres fossoyeurs. Et que ce sont souvent les mêmes qui après avoir culpabilisé leur fille parce qu’elles se sont tripoté la foufoune, s’extasient de fierté devant le pénis de leur petit garçon. Ce sont peut-être les mêmes qui enverront leur fils déplacer un truc dans le jardin et qui demanderont à leur fille de vider le lave-vaisselle.
Mais en fait, non. Restons-en là , et méditons cette phrase superbe avec tout ce qu’elle recouvre, tant en terme d’enjeu social que d’implications intimes : « Si on se touche la foufoune, après ça peut donner des maladies ». (Mère de Julie, 37 ans, Bac + 5).
La route est encore longue, et il appartient aussi aux femmes de veiller à ne pas devenir leurs propres ennemies.
A lire également :
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- La saga du clito (Saison 1, Episode 1 : son anatomie)
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Alors ouais, non seulement ça donne des maladies, mais en plus ça t’envoie direct cramer en enfer aux côtés de Pierre et Marie Curie qui ont tout de même inventé la rage.
Vaut mieux prévenir que guérir, bordel.
Il me semble que la question de ta fille est limite prioritaire par rapport à la fameuse « comment on fait les bébés ? » parce que, comment dire, c’est un peu grâce à lui que les femmes acceptent de faire des bébés
Je ne comprends pas cette peur des parents devant les questions de leurs enfants sur la sexualité…on peut très bien exprimer des choses intimes à des petits, simplement il faut trouver les bons mots.
Je me demande en effet quelle image aura cette petite fille de sa maman à qui elle ne peut pas confier ses questions intimes et quelle sera sa propre image de la sexualité féminine…
« lui » étant le clitoris bien sûr
En fait, ce que la mère voulait dire, c’est que le clitoris est fragile et dans une zone intime, et donc, qu’il faut bien se laver les mains avant de jouer avec !
Du reste, les petits garçons aussi ont droit à un chapitre quand ils se font prendre à se masturber. C’est plus une question d’éducation que de clivage garçon/fille
@Phil – Superlol, ai-je envie de dire… Merci pour ces bonnes intentions, mais non, désolée, la mère a puni la petite fille parce que se toucher la foufoune c’est MAL. La question de la propreté des mains n’a été soulevée à aucun moment. Pour cette maman, c’est se toucher la foufoune tout court qui donne des maladies, point barre : le fait que sa fille se masturbe l’a choquée, ou gênée, etc, et elle a trouvé un moyen radical d’effrayer la gamine et de la culpabiliser. Ce qui garantit à cette enfant d’associer systématiquement tout contact entre sa main et son sexe à quelque chose de répréhensible et de dangereux, que sa mère a expressément interdit.
Et je confirme que l’attitude des mères envers leurs garçons est souvent (attention, je n’ai pas dit toujours) mais souvent différente de celles qu’elles ont avec leurs filles.
Je saisis bien que ton coeur est pur
Mais ce que tu affirmes est hélas un peu illusoire… Et j’aimerais beaucoup que tu aies raison pourtant
Le coup de « faut pas le faire, c’est sale, ça donne des maladies, et je te punis » ça marche sur tout : les doigts dans le nez, les ongles à couper,… C’est navrant de cultiver la peur et la culpabilité, avec en filigrane : tout ce qui fait du bien est MAL !
Comment est-ce que les petites ont réussi à concilier les avis divergents des mamans ? Est-ce que les mamans ont eu besoin de s’expliquer ?
Aah c’est terrible, je partais d’un bon rire en lisant la question si fraiche et innocente de ta petite fille et voilà que mon moral est à zéro avant la fin de ton article. C’est terrible, consternant… Tu confirmes mes craintes, a-t-on avancé d’un iota?
Dans le même genre, mon collègue, heureux père de deux jumeaux de 5 ans, un garçon et une fille, me confie que sa femme les voit en train de se tripoter chacun de son côté de banquette bien cool devant un dessin animé. Réaction de son épouse, elle dispute la fille et pas le garçon! (évidement, dois-je le préciser, le papa aurait souhaité qu’elle les laisse tranquille tous les deux.) Le pire est qu’elle en a convenu après discussion de parents « modernes ».
20 ans plus tard, en consultation, « Docteur, j’arrive pas à jouir, j’ai toujours l’impression que c’est sale! »…
Grr, bon, j’arrête, j’ai la tension qui monte…
Merci Marie-Gaelle, un autre monde est possible, n’est-ce pas?
Et encore une question et après, promis, je cesse de faire 50 commentaires : pourquoi « foufoune » plutôt que « sexe », »vulve » ou le classique « zizi » ? Tu as bien appelé le clitoris par son nom !
Si ça s’trouve, maman de julie est juste jalouse parce que sa môme de 5 ans a trouvé comment se servir de son bidule, elle :p
Cela dit, maman de julie a peut être juste confondu maladie et addiction !
Maman de julie a en plus trouvé un motif de conflit larvé durable entre elle et sa fille, qui va continuer de jouer avec son clitoris, en se rappellant que sa maman ne veut pas…
Il est grand temps que je prenne des douches ^^
Je suis quand même étonné que les questions d’éducation sexuelle posent autant de problèmes au parents français comme si les enfants ne vivaient pas une sexualité comme tous les autres animaux(humains compris). Bien sûr évitons le clinique et parlons de tendresse et de plaisir. mais même la gène l’enfant la sent très bien, et c’est d’abord notre propre gène, nos propres malaises qu’il faut combattre.
Je me souviens d’une fois, dans le cadre de mon travail, une mère qui a remarqué que sa fille de 5 ans se frotte souvent le sexe et inquiète, me demande si c’est normal. Je lui ai juste demandé quelle question elle se poserait si son enfant était un garçon. Silence interloqué : « ah. oui… c’est vrai que… »
Moi aussi, je me suis faite gaulée par ma mère alors que je me chatouillais le trilili quand j’étais petite… ben elle a fait comme si de rien n’était mais à quand même pris la peluche que j’utilisais pour la laver !
Sinon, plus sérieusement, en tant que mère, si on ne parle pas des choses correctement à nos filles, comment voulez-vous qu’elles apprennent à respecter leur corps et donc par conséquent à se respecter elle-même quand on voit des mères sortir des conneries pareilles ?!
Six ans?! C’est pas vachement tôt pour avoir découvert que ça faisait guili quand on tripote??!
En même temps tout le monde c’est que punir un garçon s’il se masturbe, ça le « castre » physiquement et psychiquement alors qu’une fille, on ne peut pas la castrer, elle n’a pas de sexe et pis les filles, elles font rien qu’à convoiter le sexe des garçons… Merci Freud, le monomaniaque du zizi!!
Raah! C’était donc ça! Les filles n’ont pas de zizi! Y des fantômes de psychanalystes qui nous rognent les doigts de pieds la nuit, c’est un cauchemar…
Et encourager nos filles à prendre du plaisir à la vie en général?
Charlène, 5 ans aussi (c’est marrant comme il se passe plein de choses quand on a 5 ans – c’est la fille de mon compagnon), reçoit une petite voiture dans sa boite de Mac Do. Elle adore, elle joue avec, jusqu’à ce que sa tante lui dise (dès qu’elle l’a vu jouer avec!) : « C’est pas un jeu pour les filles, ça, ma petite Charlène! ».
C’était ce w.e., et la Tata (encore une femme! que je trouve super sympa et plutôt féministe par ailleurs), je l’ai reprise en lui expliquant le plaisir que Charlène a pris à conduire un mini-kart il y a quelques semaines. Puis j’ai dit à Charlène, devant sa tante, « ne te laisse jamais dire que les voitures sont un jeu de garçons ». Ca m’a valu une bonne heure de circuit de petites voitures! Le landau et le poupon étaient bien oubliés…
Je crois que ces mères qui empêchent leur fille de jouir (parce que c’est ça aussi l’enjeux derrière : la castration) s’étonneront quand ça parlera de contraception (« Quoi ? Tu as des relations sexuelles ? Non ? Alors t’as pas besoin ! ») puis quand elle iront avorter (« T’as pas utilisé de contraception ? Mais t’es conne ou quoi ? »).
Franchement, la Julie, elle va aimer son adolescence.
@Gromitflash – Ben voilà , je crois que tu as tout résumé.
Tout s’éclaire, brusquement… Sans vouloir généraliser, hein, je n’ai que ma légère expérience pour parler, mais le jeune garçon de 22 ans que je suis a constaté l’énorme problème qu’ont certaines filles avec leur sexualité, souvent dans des familles ou ce sujet n’est pas ou peu abordé… Et certainement pas entre elles et leur maman. Alors, on se retrouve à devoir rassurer, expliquer, mettre en confiance, et surtout déculpabiliser, bref faire tout le boulot ou en tous cas une partie de celui qui aurait pu être fait ailleurs. Ce n’est pas si désagréable que cela, ceci dit, mais je trouve assez effarant, de nos jours, d’avoir à le faire, alors que comme le dit le titre de l’article, nous sommes les enfants d’une soi-disant révolution sexuelle… Mon cul, oui. Entre les ex indélicats, les cas d’inconnus-un-peu-trop-proches, ou simplement l’abyssal silence familial, il se passe trop de choses (en tous cas chez celles que j’ai rencontrées) qui font qu’elles se retrouvent bloquées, apeurées, et d’ailleurs j’ai souri (jaune) en lisant le commentaire de Gromitflash, quand une mère accompagne sa fille de 18 ans au gynéco et fait des grands yeux en apprenant qu’elle n’est plus vierge… Y’a un soucis…
Nous sommes tous les résultats de notre éducation et de notre culture, pensez qu’il n’y a pas si longtemps que ça (époque victorienne) on mettait des jupes aux pianos pour qu’ils ne montrent pas leurs jambes nues. Ou qu’on disait l’alphabet : n, o, p, la méchante lettre, r, s…
Pendant longtemps « on » nous a dit que le plaisir c’est mal, au point parfois de pratiquer l’ablation de ce qui procure du plaisir (excision et circoncision), mais…
Je trouve qu’on tombe un peu vite sur le râble des mères, si un(e) ado ou un(e) adulte a de sérieux problèmes avec le sexe c’est toujours de la faute des mères.
Et ils sont où les grosses têtes de la Faculté et de l’Éducation Nationale ?
L’éducation sexuelle est une question de santé publique, or elle est scandaleusement indigente ; quel(le) médecin généraliste prend un(e) ado entre quatre yeux pour simplement « vérifier » les connaissances qui lui éviteront de faire des conneries et/ou de se sentir à l’aise avec son corps et sa sexualité ?
Et les parents qui disent « c’est mal » comme ceux qui déballent tout façon gynéco ont des attitudes pareillement imbéciles.
Chacun a la pudeur de son intimité y compris les enfants et les questions qu’ils se posent doivent avoir une réponse sans qu’on leur fiche la trouille.
Mais je dis ça, je n’ai rien dit… je n’ai pas d’enfants.
Mon fils a compris qu’il pouvait se tripoter le zizi autant qu’il voulait tant qu’il ne le faisait devant tout le monde. Ce fut une grande victoire… sur mes propres inhibitions. Comme quoi, les enfants nous en apprennent quand même pas mal à nous, leurs parents !
« Et que si on se touche la foufoune, après ça peut donner des maladies », Quelle connasse. Elle gagnerait à en avoir plus, « des maladies ».
Quand, j’étais petit (je me souviens plus l’age que j’avais, à peu près 4 ou 5 ans), ma mère m’a chopé en train de me « trifouiller la nouille » et m’a sorti un truc du genre « faut pas faire ça, c’est mal, t’es vilain »! franchement, ça m’a pas traumatisé plus que ça. (contrairement à d’autres trucs du genre les garçons sont brutaux « se battre c’est mal, même pour se défendre » dixit ma chère manman, et ça c’est castrateur).
Je ne suis pas sûr que la société soit plus conciliante avec le plaisir des garçons qu’avec celui des filles. Il n’y a qu’à voir la différence de traitement entre la branlette, perçue comme un un truc de pervers asocial, et les sex-toys, le truc le plus « in » de la terre.
@Aurélie: « c’est un peu grâce à lui [le clitoris] que les femmes acceptent de faire des bébés »; J’ai lu il y a longtemps l’article d’un anthropologue (un peu farfelu) qui expliquait que la présence d’un clitoris chez TOUS les mammifères femelles (de la sourie à la Baleine) est la seule véritable explication de la suprématie biologique des mammifères. Donc vive le clitoris.
Un pervers asocial.
hé ben moi j’ai été une trauma de la masturbation jusqu’à assez tard en fait.
Mais c’est un peu plus compliqué que le cas d’une mère qui interdit ou dit que c’est sale. Je crois qu’elle avait tout à fait compris que c’était normal et qu’il ne fallait surtout pas l’interdire. Mais elle n’a jamais pu dépasser sa gène pour m’en parler (en même tant je ne lui ai jamais rien demandé). Et ce qu’il s’est passé c’est que le tabou était tel que je pensais être la seule à faire ça et donc anormale, monstrueuse… bref pas cool
du coup je ne sais pas trop ce qu’il faut faire face à un enfant qui ne pose pas de question (respect de l’intimité ou éviter de créer un tabou pesant)
sinon rassurez vous, même en partant trés mal sur le terrain de la sexualité on peut s’en remettre et profité de tout ça! Les filles comme moi ne sont pas toutes perdues!!
Marrant, ça me renvoie à une discussion avec mes enfants (Loulou 6 ans et demi et Louloutte 5 ans) dans le bain.
Louloutte (tendance « je me différencie à mort de mon frère en insistant ! moi fille, lui garçon. mais en même temps, suis un peu jalouse sur les bords parce que lui c’est l’ainé et c’est pas juste ») : Maman, c’est pas juste, Loulou il a un zizi qui se voit et moi pas !
Je vire le loulou en question de la baignoire avant qu’il prenne la pose du mâle fier de l’être pour pouvoir révéler à ma fille la grande supériorité féminine sans frustrer mon fils au passage.
Moi : mais enfin, louloutte, toi c’est beaucoup mieux ! Toi tu as une nénette à l’intérieur (ouais, vagin à ma fille de 5 ans, j’ai du mal) pour faire sortir les bébés (elle savait déjà ), un petit trou pour faire pipi bien caché ET un clitoris pour les guilis agréables. Alors que loulou, il n’a que UN zizi et c’est tout.
Louloutte était très contente.
En revanche, Loulou qui avait écouté derrière la porte est entré furibard « mais c’est nul, pourquoi j’ai qu’un zizi tout seul ?!!! Et en plus, les garçons, ça peut même pas avoir un bébé dans le ventre ! »
Vous savez quoi ? je suis persuadée que Freud s’est planté avec sa fameuse envie de pénis : suffit d’expliquer la vérité aux enfants pour que ce soit les petits garçons les jaloux !
(bon, en vrai, j’ai dit à Loulou que, quand même, un truc qui arrive à faire pipi, mettre un bébé et provoquer des guilis agréables à lui tout seul, c’est super fort. Et je suis certaine qu’il m’a crue)
B@Thaliane bien vue la description des avantages de chacun des deux sexes : sont bien partis ces deux p’tits loups là – comme quoi, faut pas désespérer, ça progresse quand même, cahin-caha…
je me masturbes depuis que j’ai 6 ans. Mais bien sur quand j’avais 6 ans je ne savais pas ce que c’était, ma mère me disait que c’était un « tic » (…??) elle ne comprenait pas ce que je faisais, car je n’ai jamais utilisé mes mains, mes doigts, etc, bref j’ai toujours eu une technique complexe. Je le faisait avant la sieste, ça me mettais K.O, moi qui ne voulait jamais dormir. J’ai grandi et aujourd’hui je le fais encore de temps en temps, quand j’ai « faim ». Je ne sais pas si ma mère savait vraiment au fond ce que je faisais, elle croit en dieu je pense donc que si elle avait su elle aurait dit que c’est pas-bien et que ça me donnait un ticket gratuit pour l’enfer!
Bref tout ça pour dire… pas besoin de tout expliquer aux enfants, surtout pas trop leur en dire et surtout pas leur interdire.
Effectivement on félicite la mère de Julie…
Tout pareil que toi, je lui ai dit qu’elle pouvait y toucher mais toute seule dans sa chambre, jamais devant les gens. Et que bien sûr c’était normal!!!
Je me souviens que ma fille me posait des questions et suivant l’âge qu’elle avait je lui donné des réponses claires, en nommant les choses par leur nom mais sans répondre aux questions qu’elle ne posait pas … on adapte les réponses en fonction de l’âge de l’enfant et on n’est pas obligé de rentrer dans les détails non plus. Je suis de celle qui ont vécu une liberté sexuelle mais élevée par des parents plein de tabous qui n’ont jamais eu le mots … Alors parfois oui je me faisais violence pour répondre mais j’ai essayé de ne jamais dire de conneries … seule ma fille pourra me dire si j’ai réussi à ce sujet …
Moi, ce qui m’étonne encore, c’est que cela se prête encore autant à discussions…en 2010. Ma fille, même âge, même tendance à explorer son corps et le plaisir. Pas de tabou de mon côté, et j’y vais même d’une explication anatomique, bref, je lui explique ce qu’est un clitoris et que cela lui appartient. Et l’école dans tout ça? Que fait-elle? Qu’explique-t-elle et à quel âge de tout ça?
>Sinon, bravo pour vos articles:) je viens de découvrir via twitter. Ca fait du bien de vous lire même si je suis loin d’avoir tout exploré.
Sujet très intéressant !
Et la question à lire entre les lignes des commentaires, c’est celle du petit nom donné aux sexes lorsqu’on s’adresse aux enfants : autant le « zizi » des garçons est employé par une grande majorité de familles, et est facilement utilisé même hors cadre de la famille, tout le monde a ce mot dans son vocabulaire et ce même mot renvoie à la même chose pour tout le monde.
Or, pour ce qui est du sexe féminin, il serait intéressant de faire la liste de tous les petits noms utilisés, et il me semble (mais peut-être que je me trompe) que cette absence de « mot unique » commun à tous rend la dénomination de son sexe à la petite fille plus compliquée, moins évidente, moins banale, et se fait donc de façon moins à l’aise…
D’autant plus que ces mots divers et variés renvoient parfois à autre chose (il n’y a pas un seul objet nommé, comme pour le zizi), et ont des connotations parfois négatives, de par les sonorités dont ils sont constitués…!?
Qu’en pensez-vous ?
ça marche pour les garçons aussi, mais comme j’y avais pensé bien avant de les faire, lesdits garçons, j’avais la répartie plus que réfléchie ! (et vous allez voir quelle répartie…)
Gnome n° 2 : Maman, chez papa, quand j’ai décalotté sous la douche, ben c’était tout froid et ça m’a fait plein de guillis rigolos !
Moi (qui rit bêtement) : c’est chouette hein ?
Gnome n°2 (hilare lui aussi) : carrément ouais !
Fin de la discussion, vous pouvez reprendre une activité normale.
@CC – ben pour la fille, c’est pas « zézette » le mot commun ?
en tout cas, ici, c’est « kiki » pour les garçons et « kikidefille » pour celles qui restent (et le fait que je sois la seule fille sur 6 habitants de la maison doit y être pour quelque chose)
@severine – au collège… bien, bien plus tard !
@CC – Question très intéressante en effet, que les mots donnés au sexe. Et les mots autour de la sexualité. Et le champ lexical est souvent révélateur d’un tas de trucs. Pas forcément plaisants
Je me souviens de la première fois ou j’ai surpris mon fils en train de « jouer » avec son kiki…
lui seul devant la télé, moi descendant l’escalier….
lui bien occupé ne me voyant pas, moi très gênée…quoi lui dire ?
finalement je suis remontée doucement dans la chambre…fais du bruit en claquant les portes et descendant en tapant des pieds…
Comme prévu il avait rangé le matériel…
j’ai fais celle qui n’avait rien vue, mais peu de temps après à une autre occasion ou il était à nouveau en train de se faire du bien, et que je l’ai surpris en rentrant dans le salon, je lui ai expliqué comme toi que c’était normal de se faire du bien , que c’était son corps mais qu’il ne devait pas le faire devant tout le monde…
Il l’a bien entendu, compris..même à 5ans…comme quoi expliquer les choses aux enfants n’est jamais inutile…
mais en aucun cas je lui ai dis :
« attention si tu tires trop dessus il va tomber… » ou » fais gaffe tu vas finir sourd »….
oka 39 ans bac-….
Article rigolo au début effectivement et qui révèle une triste réalité. A la maison on a assez peu parlé de sexe, c’était juste « avec un homme qu’on aime très très fort » et « pour faire des enfants ». Mais ce dont je me souviendrais longtemps c’est la réaction de ma mère, trouvant des sous-vêtements sexy en faisant la lessive qui m’interroge au saut du lit « Tu as eu des relations sexuelles ? ».
A ma réponse positive j’ai vu la tête de ma mère se décomposer, j’avais honte. Quelques heures plus tard, armée d’un « OK Podium », lors d’une discussion sur le sujet à ma mère qui répondait positivement à « et tu veux quoi, que je ne recommence plus ? », je prenais mon courage à deux mains, récitant ce que j’avais lu plus tôt « C’est mon corps, je fais ce que je veux avec ! Il n’y a rien de mal, on s’aime ! ». Réponse qu’il l’a laissé muette… « … D’accord, mais alors tu prends la pilule ».
Alors, si je trouve aussi malheureux les réactions décrites plus haut (en espérant pouvoir faire mieux moi même…), je pense que mine de rien, la « libération sexuelle » à tout de même permis un progrès : un meilleur accès à l’information au sujet de la sexualité.
Mais l’histoire de l’article est réelle ou fictive ? Je veux dire, la maman de Julie a vraiment dit ça ?
@PankkypH – Inventer une chose pareille serait d’une injustice assez déplaisante.
Autant on peut choisir d’aborder un sujet sous l’angle de la narration pour le rendre un peu vivant, autant dans ce cas précis, tout le propos serait vidé de son sens si ce n’était pas vrai.
Hélas, oui, c’est vrai. Mais la petite fille ne s’appelle pas Julie, évidemment.
@Plume Vive – Pour certains c’est zézette, pour d’autres foufoune, ou encore nénette, et j’en passe… donc il n’y a, à mon sens, pas de mot commun, non !
D’ailleurs, je n’ai pas souvenir d’avoir beaucoup entendu ma mère prononcer un de ces noms… Pour le peu que je me souvienne, c’en était un autre encore, qui n’est pas des plus appropriés, du moins je trouve, donc je ne risque pas de l’employer avec mes enfants quand j’en aurai, mais du coup… quel mot employer ? (héhé, question existentielle s’il en est).
@Gaelle-Marie Zimmermann –
Dans ce cas je suis choqué, c’est réussi. « Punir de télé » sa fille de 5 ans parce qu’elle se touche la zézette… Bravo. Remarquez, si c’est une technique fallacieuse pour qu’elle ne prenne pas l’habitude de s’abrutir devant le petit écran, ça se discute.
Pour la peine je reviendrai sur ce blog (découvert via Sexactu), tiens !
Mot commun ?
Pour tous les âges, des plus poétiques aux plus imagés, les moins « commun » en tout cas :
Filles/femmes : abricot, affaire, amande, angora, anneau, antre, Aramis (?), argenterie, as de carreau, atelier, aumônière, bague, barbiquet, bengali, bénitier, bizoune, berlingot, bijou, biniou, blason, bonbonnière, boutique, bouton de rose, callibistri, choune, comment « ah, non ! », conicle, conque, coquillage, craquette, divertissoire, figue, forêt de Brocéliande, forge à cocus, fouffe, fraise, frifri, mijole, minette, moumoune, noune, pachole, plotte, pot à miel, prunette, pudenda, raminagrobis, rossignol, sadinet, saint-frusquin, yoni et zigouigoui.
Garçons/hommes : andouillette, bangala, bat, bazar, beignet, béquille, biloute, bistouquette, bizoune, boutifarre, boursoule, bras de Vénus, chichi, colosse, diot, flamberge, flûte, frétille, guiche, günther wünderbach (j’adore !), kabo, manguise, méné, mérinos, Nadon, paf, pal, pelo, petit soldat, pistouflette, rabistouquette, rousquille, shaft, tcholle, tich’, vié, Wipi, et le fabuleux et inimitable… Zwizz.
Et la liste n’est pas exhaustive !
Ah bah merci, j’ai le souvenir de mon père me racontant des histoires de nouilles et de gants de toilettes qui vient de sortir d’une zone refoulée de ma mémoire…
En tout cas, même si « je suis pas parent, je sais pas ce que c’est toussa » je ne comprend pas d’ou vient cette gène, le role des parents n’est il pas d’enseigner la vie à leur progéniture?
De plus le fait d’être gêné en parlant de sexe ne risque t’il pas de nuire au dévellopement de l’enfant de la même manière que les parents ayant peur de l’eau transmettent cette phobie à leur enfant ci celui ci découvre l’eau en leur compagnie?
Sinon, je suis presque choqué par les propos de la maman de Julie, ça me semble totalement irresponsable de tenir ce genre de propos et de comportement face à une enfant découvrant son corps…
Pardonnez-moi d’être hors sujet, madame Zimmermann, j’au lu beaucoup de vos papiers, et je trouve extraordinaire qu’une femme enfin déboulonne sans pitié les idées reçues concernant la sexualité féminine, cette invention des hommes. Cependant, il est dommage que parfois vous vous prenez vous-même l’un de ces pièges qui vous fait, semble-t-il, tant horreur. Vous partez de votre propre expérience pour dire « nous, les femmes », alors que vous savez très bien que ce « nous les femmes » n’existe pas, même si vous vous retrouvez souvent sur la même plage pour vous mettre d’accord. Il y a des femmes qui aiment à être pénétrées longuement, d’autres qui aiment pas rien qu’un peu le porno (et pas que les pauvres types de sexe mâles, ces losers du Q, comme vous dites, d’autres qui sont parfaitement capables de parler clitoris sans rougir à leur fille de 6 ans… Enfin, c’est parce que je vous soutiens entièrement, étant un ami fou des femmes (les vraies, pas ces anges fragiles couverts de pétales que l’on retrouvent dans les magazines et dans la bouche des sexologues) que j’ose cette remarque. Comme j’aime votre travail, j’aurais envie d’applaudir à tout coup, mais c’est impossible, bien sûr. Longue vie !
Non, les femmes angéliques aux pieds couverts de pétales méritent autant de respect et d’attention que les autres, monsieur. Ce ne sont pas toujours de simples caricatures…
@Gaelle-Marie Zimmermann – Y’a peut-être une composante qui échappe à votre sagacité : la sexualité des enfants, c’est tabou. C’est comme les gros mots : ils nous horrifient dans la bouche des enfants parce qu’ils invalident l’image d’innocence que nous voulons à tout prix conserver d’eux.
Les enfants sont censés être des « anges », sans sexe donc. Un enfant qui se masturbe, pour certains d’entre nous, c’est une idée insupportable, non pas tant parce que la masturbation c’est mal, mais parce que la masturbation est exclue de notre image mentale du monde de l’enfance. Interdire à un enfant de se masturber, c’est le conformer à l’image que nous avons de ce qu’un enfant se doit d’être.
Bref, il n’y a peut-être pas dans la réaction de cette mère, certes violente et contestable, la volonté de réprouver la pratique naturelle de la masturbation dans l’absolu. Peut-être simplement un anachronisme, façon « il y a un temps pour tout ». Peut-être que la mère n’était tout simplement pas prête à admettre qu’avant l’adolescence, ça fait du bien aussi.
On a beau jeu de lui jeter la pierre, n’oublions pas pour autant qu’à l’échelle de la société, la sexualité des enfants, comme celle des vieux ou des handicapés, reste et demeure un tabou. On ne veut pas en entendre parler, et si on peut admettre intellectuellement son existence, on se sent bien plus à l’aise si on peut continuer à faire comme si. Votre réaction de gêne aux questions de votre fille me paraît d’ailleurs en être une autre illustration.
Justement le sexe des enfants c’est tabou comme le corps de la femme qu’il faut couvrir d’un grand voile noir, c’est tabou comme le clitoris qu’il faut couper. C’est tabou parce qu’on veut contraindre, réduire la liberté, brimer le seul réel pouvoir qu,il y a dans la nature celui de donner ou non la vie.
Les agriculteurs qui avaient besoin de mains-d’oeuvre ont inventé la religion et les tabous pour priver les femmes du droit de choisir pour elles-même.
la liberté des femmes passe par la destruction des religions. C’est clair ici comme en Iran, comme en Afrique.
@CC – je me rends compte que je dois être une mère délurée… (rire)
@Richard Lelion – Merci pour votre commentaire, très intéressant : cet article-là évoque un fait réel, subjectif et personnel, en effet. Mais ce n’est pas le cas de tous les articles : ceux qui reposent sur des infos anatomiques, techniques, sont objectifs et impersonnels. Et je veille à toujours préciser qu’en terme d’appréciation, ce qui vaut pour un individu ne vaut pas forcément pour un autre
Après, sur certains sujets, il peut y avoir un choix très clair de parti pris…
Mais votre commentaire appelle à la vigilance, en effet.
Et je ne cautionne pas la psychologie de genre. Le « nous les femmes » ne signifie rien pour moi. Et ça ne sous-tend pas mon propos
@Nonoche : Vous avez entièrement raison !
Tant sur les motivations des adultes à occulter, que sur ma propre gêne…
En fait j’en suis consciente. Mais pour autant, j’ai choisi de ne pas refouler l’indignation.
@le Maître des Bouviers – Ah ben évidemment, si vous citez le dictionnaire !
Le terme « mot commun » n’exprime peut-être pas bien ma pensée, mais je ne sais pas comment je pourrais dire autrement… : « référence » ?
Le mot « de référence », lorsqu’on s’adresse à un enfant, est « zizi » (je ne pense pas que beaucoup de famille utilisent le terme « Bras de Vénus » par exemple ^^). Et il n’y a pas d’équivalent féminin, chacun choisit le sien parmi plusieurs mots, selon son aisance à l’utiliser. Bon maintenant, ce n’est que mon impression (forcément limitée, je n’ai pas fait de statistiques)…
@Gaelle-Marie Zimmermann – Mais justement, vous faites avancer les choses en mettant la question sur la place publique.
Cependant il me paraît important de ne pas lâcher la proie pour l’ombre : votre réaction, comme celle de la maman de Julie, sont des illustration du tabou social. Nous ne sommes pas « armés » pour bien gérer cette question qui nous embarrasse plus qu’autre chose, et chacun réagit avec ses moyens, sans chercher à mal faire. Je ne crois pas qu’il soit très productif de jeter la pierre à cette maman (d’autant qu’on pourrait tout aussi bien vous faire le même type de reproche avec votre propre réaction première, qui a été d’éviter la question. Les enfants ne sont pas idiots et comprennent très vite lorsque certains sujets sont tabous, une chance que votre fille soit revenue à la charge et que vous ayez eu une chance de corriger le tir, là où d’autres seraient restés avec un vague sentiment d’interdit autour du sujet, d’autant plus avec les informations qu’elle tenait déjà de Julie et qui ne faisaient que confirmer tout ça).
Il me semble plus intéressant de réfléchir sur le tabou en lui-même : peut-être qu’en le faisant sauter, ou en y travaillant, on a plus de chance qu’à l’avenir ce type de réaction ne soit plus d’actualité, et que les mamans comme les papas n’aient plus de problème avec la sexualité, précoce ou non, de leurs bouts de chou, pour être mieux à même de les encadrer plus sereinement.
@nonoche – On est bien d’accord. Et cet article était un coup de gueule, une petite claque (pour moi en premier lieu, d’ailleurs).
Après, l’aspect plus « productif » de mon travail se retrouve dans d’autres articles, où de façon générale la sexualité est tout autant mise sur la place publique : l’anatomie, l’érotisme, le désir, le plaisir, la lutte contre la norme médiatique, la dédramatisation du sexe, le contact serein avec son corps et celui des autres, le refus des pression sociales, le féminisme, bref le sujet est vaste… On avance tous les jours un peu
@CC – Oui, oui, parfaitement d’accord. Je voulais juste montrer que le sexe féminin et masculin peuvent se dire en argot de plein de façon, plus en tout cas que tout autre partie du corps.
il est bien évident qu’un « zizi » n’est pas un « bras de vénus », ce n’est pas la même chose.
Et oui, on choisit, chacun, le terme que notre ABSENCE d’aisance nous fait choisir surtout en parlant d’anatomie intime à un enfant.
Et oui, oui, les enfants aussi ont une sexualité mais la sexualité suppose l’intimité (qui fait que nous sommes pudiques), intimité que nous choisissons, un fois « grand », de partager avec quelqu’un (sans pudeur si possible).
Pour utiliser une analogie : nous avons tous été surpris un doigt dans le nez, en pleine exploration, et en avons éprouver une gène, pourtant les doigts sont fait pour ça et la chose est utile (nettoyage). Pourquoi ? Parce que (oui, G.M. je fais les questions et les réponses !) c’est un geste qui relève de l’intime, intime que je ne dois pas partager avec les autres mais qui par ailleurs ne les regardent pas.
Sinon j’aime bien « günther wünderbach », il faudra que je l’essaye dans mon intimité, ça fera sans doute rire celle à qui je l’offre (mon intimité ET ma « günther wünderbach »).
@Gaelle-Marie Zimmermann – oui, et il reste clairement beaucoup à faire, ne serait-ce qu’au niveau des adultes vis-à -vis des adultes, sans même parler du monde secret des enfants. Un peu comme l’histoire de la poule et de l’Å“uf, finalement. C’est d’autant plus difficile en ces moments d’hystérie collective (très malsaine à mon goût) autour de la pédophilie. Il y aurait tant de choses à écrire sur le sujet, mais comme tout sujet tabou, c’est risqué, et très délicat à défricher. Quoi que vous en fassiez, c’est clairement à mettre sur une « to do list » ;¬) Bon courage! ^^
Un truc qui me frappe : pourquoi parler de l’école dans tout ça ? Je vous rappelle qu’être parent c’est assumer l’éducation de vos enfants, l’école n’est pas censée le faire à votre place, alors expliquer la masturbation et le clitoris aux petits, c’est comme la politesse et les doigts dans le nez, c’est aux parents de le faire, faut pas exagerer,merde…
Et je pense que si les enfants posent des questions à l’école, on leur répond, non ? On est en 2010 quand même… mais s’ils les posent à l’école, c’est qu’ils n’ont pas eu le courage de le faire chez eux, ou qu’on ne leur a pas donné les réponses qu’ils attendaient….
[...] je peux donc m’adonner à quelques petits exercices, surtout que l’article récent sur ZoneZérogènes auquel j’ai répondu [...]
Pas de commentaire de fond, juste un grand bravo pour avoir abordé ce sujet. J’en suis exactement là avec ma fille de 5 ans.
Et ben dans le concret de ses questions, je ne fais pas la fière, malgré mon éducation de fille de 68ards…
Essais, erreurs et « rectifiage » de tir : lot quotidien de la mère qui apprends sur le tas à : être pertinente, être juste au regard des attentes de l’enfant, choisir les bons mots, se rendre compte qu’elle est en avance / en retard par rapport au cheminement de l’enfant… Sans compter, en effet, les échos de ce que disent les copines d’école, et leurs mamans. Bienvenue donc dans ce grand numéro d’équilibriste ! Et merci à Gaëlle Marie de nous donner son éclairage.
Pour conclure, et à propos du bac + 5, J’ai fait 7 ans d’études, et je certifie sur l’honneur (et pour faire valoir ce que droit à l’intéressé:-) )que là , les diplômes ne servent à rien. DU TOUT !
Alors merci les blogs pour la formation continue !!!
@Alicemkr – Le foetus se masturbe déjà dans le ventre de sa mère. Et l’enfant, libéré de ses couches, se touche et aime ça. C’est naturel.
pour en savoir plus (et autres découvertes passionnantes sur l’orgasme), voir :
http://www.ted.com/talks/lang/eng/mary_roach_10_things_you_didn_t_know_about_orgasm.html
[...] P.S.: Je tiens à signaler ce blog et vous engage à le lire vraiment, non seulement pour les conseils qu’il prodigue en ce qui concerne la pratique sexuelle, mais aussi en ce qui concerne toutes les questions que nous pensons tabou, gênantes, horrifiantes à nos âges avancés ou non! Avoir un endroit comme celui là sur le web, décomplexé sans être vulgaire, clair, précis, sur lequel on vous répond, sans vous juger, avec humour ou non… et bien moi je dis chapeau!!! (Un exemple de ce qui fait que je rajoute ce commentaire ICI) [...]
[...] à part ça ? Un article qui plairait certainement à nos amis : sur le blog Zone Zero Gène, on se demande comment faire face aux questions sexuelles de nos enfants, et on montre que la [...]
Personnellement j’ai eu « la chance » de découvrir cette zone vers 3 ans, je pense, je ne me rappelle pas précisemment du jour. Mais je n’en ai jamais parlé, j’ai compris par moi-même que c’était quelque chose de personnel, jusqu’à l’age de 7 ans je culpabilisais d’éprouver se plaisir puis quelques années plus tard, j’ai découvert la réalité : la masturbation \o/ En tout cas, en quinze ans, j’ai eu le temps de me perfectionner