… Et comprendre les messages qu’ils véhiculent ? A l’instar d’une amie qui a eu la superbe idée de proposer un dictionnaire français/foutage de gueule, Zone Zéro Gêne se lance aujourd’hui dans une modeste entreprise de traduction médiatique : le conseil sexo de la presse féminine, en apparence porteur d’un grand vent de liberté, nous formate soigneusement, et se révèle au final liberticide et sexiste (bon, finalement l’article pourra également être classé dans la rubrique le parti pris du lundi, non ? Si).
Un contenu ultra-codifié, des formulations « pêchues » qui se ressemblent toutes, du découpage en 3 parties sur des questions axées cul (1 – quel est le problème / 2 – le conseil ellecosmoglam / 3 – ce qu’en dit le spécialiste), mais surtout un contenu bien vicelard, et voici venu le temps de la reculade féministe.
En vérité on vous le demande : la presse féminine ne serait-elle pas un peu l’ennemie du féminisme ? Voire de la femme tout court ? Surtout en matière de conseils sexuels ? Nous pensons que oui, et ce n’est une révélation pour personne. Et ce malgré cette espèce de fascination-répulsion qui nous pousse parfois à absorber notre dose de conneries pré-digérées et de photos de mode de vêtements importables présentés par des porte-manteaux vivants (les petites chéries de Karl Lagerfeld entre autres).
Mais si les lectrices se plaignent souvent de la dictature du cul dans la presse féminine, les journalistes pigistes rédactrices pisse-copie, elles, se taisent un peu, au cas où (n’oublions pas que c’est la crise, dans les médias comme ailleurs) on leur demanderait d’aller produire du feuillet pour l’une ou l’autre de ces publications.
Forcément, quand on veut boucler les fins de mois et qu’on reste à l’affût de toute proposition, on évite de se tirer une balle dans le pied en mordant la main qui pourrait bien nous nourrir un jour. Et les magazines « en ligne », que l’on considère parfois à tort ou à raison comme des concurrents frontaux de la presse écrite, ne sont pas en reste dans le genre frileux de la touffe : impossible d’oser remettre en question l’hypocrisie du Dieu Papier Glacé. Et ce n’est pas une critique : neuf fois sur dix, on n’est simplement pas en mesure de s’exprimer librement (ligne éditoriale, hiérarchie, contraintes, etc).
Par ailleurs, ne l’oublions jamais, un magazine a deux clients : le lecteur d’un côté, l’annonceur de l’autre. Et l’annonceur, il faut lui vendre de la page, à un bon tarif. Pour couvrir le coût de production et de diffusion. Quand on constate qu’une bonne partie du prix de vente d’un exemplaire part direct dans la chaîne de diffusion, on comprend l’importance des abonnements, offrant ce qu’on appelle du « lecteur captif » qui va faire baisser le coût de distribution (les frais d’envoi postal sont plus avantageux que les conditions de distribution classique), réduire à zéro le risque d’invendus et constituer un argument attractif pour aller vendre de la page de pub à l’annonceur. L’annonceur, il faut lui plaire, lui présenter du contenu qui ne le froisse pas, qui le flatte, qui fera joli à côté de son produit. On peut ajouter à ça les contraintes imposées par les groupes auxquels appartiennent les publications : Mondadori (les experts en santé et clito) et autres sont des machines à rentabilité king size, pas des entreprises philantropiques. Dire la vérité et respecter les femmes n’entre pas dans une logique de cible marketing acceptable.
On comprend au final qu’à côté de la cause des femmes et du respect qu’on pourrait avoir envie de leur montrer, les contraintes financières de ces publications pèsent légèrement plus lourd que nos préoccupations éthiques, féministes et égalitaires.
Le fait que la presse féminine ait un jour été féministe n’est alors plus qu’un lointain souvenir. Et en matière de conseil sexo, c’est particulièrement flagrant. On serait dans l’un de ces magazines, je vous écrirais quelque chose de bien conforme, enjoué, cadencé, du genre :
« Larguée dans la foule de conseils de vos mags favoris ? Pas de panique : entre formatage et vraie tendance, la liberté existe. Pour décrypter enfin le vrai sens de nos articles, suivez le guide et découvrez votre équilibre… »
Mais nous sommes sur ZZG et je me contenterai de vous dire : « Ras-le-bol de voir la presse féminine vous prendre pour des connes ? Entre l’envie de Glamoule et la rentabilité obligatoire, vérifiez que Bobonne tend toujours consciencieusement son cul au Mâle derrière ses fourneaux sur ordre des rubriques sexo et se sent bien minable à la lecture de ces articles, malgré l’apparente liberté de ton ».
C’est parti.
Les titres en général
La contradiction n’a jamais étouffé personne, et Glamour en est un bel exemple. Comme la matière n’est pas inépuisable, on est bien obligé de recycler pour produire du neuf avec du vieux. Quitte à affirmer l’inverse de ce qu’on a martelé deux mois plus tôt. Une bien belle année 2009 chez Glamour, en terme d’incohérence.
Eh oui, en janvier dernier, un dossier sexe intitulé « J’arrête de me mettre la pression » avec comme sous-titre « enfin libre », prônait l’oubli du « sexe hot » obligatoire et semblait inviter la lectrice à n’écouter qu’elle-même. Quitte à assumer d’être « nulle techniquement », « ultra-pudique », d’avoir « peur de passer pour une salope »…
Bref, la formulation des titres laisse tout de même place à une suggestion à peine déguisée : vous pouvez assumer d’être nulle, mais bon, pas trop quand même, vous avez vu ce que ça donne écrit en gras ? D’autant que le contenu de chaque exposé de situation conclut systématiquement par une évolution du comportement sexuel du témoin vers un comportement un peu plus hot.
Message : assumez d’être nulle mais prenez exemple sur celles qui ont progressé.
Ce dossier anti-surenchère-du-cul date donc de janvier 2009. Arrive le numéro de mars : que peut-on lire en couverture ? « Sexe : des scénarios super hot ». Ok. Sans commentaires, le contenu est à la hauteur du titre. Donc les nullasses de janvier, vous êtes prêtes pour la leçon de hot sexe ?
Les petits paragraphes assassins
Commençons par un « Vrai-Faux » édifiant chez Cosmo (numéro de juillet 2009) : chaque paragraphe est constitué d’une affirmation, d’une démonstration de sexologue et d’un témoignage (arrivant à la fin et nous imprégnant donc plus que le reste, un peu comme l’avocat qui plaide en dernier).
Ca démarre très fort avec l’affirmation suivante : « C’est normal d’atteindre l’orgasme tous les deux en même temps ». Cosmo répond « faux », évidemment.
On s’apprête du coup à applaudir , surtout en lisant l’explication de la sexologue Marianne Pauti, frappée au coin du bon sens, qui nous explique en gros que ça peut arriver mais ce n’est certainement pas systématique ni même utile, donc éclatez-vous et ne vous prenez pas la tête. C’est sympa, ça, et pertinent. On déchante cependant très vite en lisant le témoignage illustrant la démonstration. En substance, ça donne : « Je ne connaissais pas et puis c’est arrivé, c’était grandiose, impossible de le reproduire volontairement, mais ouf, on a trouvé, suffit de stimuler le clitoris pendant la pénétration, ouah, trop bien ».
Message : tu seras gentille de ne pas trop jouir avant ton mec, chérie, de tenter de communier un maximum en t’adaptant à son rythme, et surtout, si tu nous fais un petit orgasme simultané, sois bien aimable de ne surtout pas suggérer que ça pourrait arriver autrement que lors de la pénétration. Par exemple, l’idée d’un orgasme simultané par masturbation réciproque ou caresses bucco-génitales, nan mais t’es dingue, tu veux traumatiser tout le monde ? L’homme, c’est fait pour te pénétrer et c’est avec sa queue dans ton intérieur que tu dois jouir. Merci.
Ca continue en beauté avec l’affirmation haute en couleurs : « La sodomie, tout le monde a testé au moins une fois ». Evidemment, Cosmo répond « faux » à nouveau.
Et encore une fois, la sexologue tient un discours très pertinent, exposant que oui, ça reste tabou, et que même si l’anus est érogène car innervé, la crainte d’avoir mal peut freiner, et on ne doit jamais se sentir obligée de quoi que ce soit si ça ne nous tente pas. On ne peut qu’approuver. Et encore une fois, c’est le témoignage qui vient nous expliquer que quoi qu’on puisse craindre ou ressentir, va bien falloir y passer : « Il m’en aura fallu, du temps (…) Mais Bruno a su apprivoiser (…) Je ne regrette pas (…) J’adore avoir une nouvelle carte à jouer dans un lit. »
Message : tu croyais que baiser c’était prendre du plaisir ? Erreur, chérie : c’est une partie de tarot en fait, et on te conseille de bien compter tes atouts. Alors si tu ne veux pas que ton mec change de partenaire pour une mieux que toi qui aura su distribuer son jeu avec plus de largesse, attrape tes fesses à deux mains et serre les dents : tu joues une carte maitresse. Ne jamais pratiquer la sodomie, ne jamais la tenter ? Tu n’y penses pas, voyons ! On est en 2009 ! C’est-à -dire que tu dois continuer à te soumettre, mais en accord avec ton temps. La sodomie, c’est la pipe d’il y a 50 ans, un carte à jouer, une monnaie de valeur. Que ça ne te branche définitivement pas, on s’en fout. Fais un effort chérie. »
Les sujets mortels
Le Biba de mai 2009 a mis la barre très très haut en nous proposant un magnifique « Faut-il mentir au lit ? », production hasardeuse à mi-chemin entre le désormais célèbre extrait du manuel d’économie domestique et la castration bâclée (on sent qu’il y a eu dilemme au sein de la rédaction). Alors c’est très simple, l’article est divisé en trois parties :
1 – Avec l’amour de notre vie, on ne doit jamais simuler ou presque, à savoir que quand le conjoint se porte bien, on peut se montrer franche, mais s’il est cafardeux, on le ménage. Notamment si notre mec a des problèmes au boulot. Parce que le boulot, pour les hommes, est considéré comme une prolongation du pénis. C’est Biba qui le dit.
Message : Belle illustration du fait que les mecs sont pris pour des imbéciles phallocentrés, et les femmes pour des cruches prévenantes. Et notre boulot à nous, il ne pourrait pas être une prolongation de nos seins ? Et on pourrait arrêter de prendre les hommes pour des imbéciles ? Et tant qu’on y est, on pourrait renoncer à ce sexisme sournois qui consiste à étiqueter des comportements en fonction du sexe ?
2 – Avec un type qu’on vient de rencontrer, et qui n’est pas sûr de lui : on l’encourage par des petits cris. Oui, vous avez bien lu. Explication de Biba, accrochez-vous, ça dépote sa race : « s’égosiller comme la Castafiore » (je cite au mot près) lui permettra de gagner en assurance ». Et là , attention, on passe à la vitesse supérieure de la rhétorique : « Simuler » devient « stimuler ».
Message : Parce que les mecs aiment ça, si, si. L’homme se désinhibe, devient entreprenant, etc, etc. Tout va bien, donc, pour l’homme, qui par ailleurs adore être pris pour un con.
3 – Avec un type qu’on vient de rencontrer et qui est sûr de lui : là , on se lâche, on se fait plaiz, et on le casse sans ménagement. Ici, le sexe est présenté par Biba comme un acte donnant-donnant, et si le gars n’y met pas du sien, aucun effort à attendre de notre part. En gros, pour avoir droit aux cris de Castafiore de Madame, mieux vaut que ces messieurs se sentent comme des merdes. Qu’ils aient le malheur d’être à l’aise et un peu maladroits, et c’est le massacre assuré. Biba va même jusqu’à suggérer, « si on est vicieuse et qu’on veut fissa remettre les pendules à l’heure, de lui coller le nez dans sa bouse en jouant à l’assiette. On le zyeute, un sourcil relevé, etc, etc… ». Le mépris est poussé jusqu’au « Ca va, tu prends ton pied ? Parce que moi je ne sens rien ». Et Biba conclut en beauté avec un « S’il persiste, on lui offre une poupée gonflable et on se trouve un mec, un vrai ». Un vrai, ça signifie donc, si on a bien saisi, un gars pas sûr de lui à qui on pourra gémir des mensonges ?
Message : totalement incohérent et extrêmement sournois : menteuses, agressives, soumises, revanchardes et manipulatrices, voilà ce qu’on doit être pour se prétendre libres. Le sexisme se manifeste tant à l’égard des femmes qu’on encourage à mentir dans le cadre d’une hypocrite soumission qu’à l’égard des hommes qu’on fait passer pour d’orgueilleux irresponsables mettant toute leur valeur dans leur queue. Beurk.
Les divergences éthiques
Parfois, deux magazines peuvent défendre des théories opposées sous des titres quasiment identiques. Cosmo, en avril 2009, prétendait nous dévoiler « les secrets de l’orgasme », un peu avant Biba qui a pris la relève dans son numéro de juillet avec un dossier intitulé « les mystères de l’orgasme ».
Sous-titre du dossier Cosmo : « Qu’y a-t-il entre l’orgasme et moi ? »
J’aurais un peu envie de répondre : « A première vue, la presse féminine ». Oui, je sais, je suis un rien taquine parfois.
L’épluchage détaillé des deux dossiers fut assez anxiogène, on se contentera donc de soulever les plus grosses inepties et de les traduire. Mention spéciale à Cosmo qui nous explique l’orgasme en concluant par : « l’orgasme peut être vaginal (lors de la pénétration) ou clitoridien (provoqué par la stimulation du clitoris) ».
Message : Cosmo est resté coincé dans une faille du continuum espace-temps, approximativement dans les années 50, et ça commence à devenir gênant. Oui, l’époque où on nous parlait de la différence, voire de la hiérarchie entre orgasme vaginal et clitoridien est révolue. Enfin c’est ce qu’on est en droit de penser. Du moins tant qu’on ne lit pas Cosmo.
Insistant sur l’importance des caresses, Cosmo croit utile d’en remettre une couche avec ce superbe paragraphe sans aucun doute inspiré par l’oeuvre intégrale de Gérard Leleu : « 80 % des femmes ont des orgasmes clitoridiens, c’est-à -dire provoqués par la stimulation du clitoris, petit appendice hypersensible (…) situé à l’entrée du vagin (…). Manifestez votre plaisir en émettant des petits signaux de contentement quand il est pile là où il faut. »
Ahurissant, non ? Déjà , la localisation du clitoris à l’entrée du vagin a de quoi laisser songeuse, ainsi que les formulations vagues du genre « pile là où il faut », alors qu’il n’y a pas deux ans, Cosmo nous pondait du dossier illustré avec des listes de 15 ou 20 positions acrobatiques pour prendre son pied en stimulant le clito de toutes les façons possibles, descriptions ultra-détaillées à l’appui, sans aucune pudeur. Un problème avec des annonceurs frileux expliquerait-il ce brutal revirement ? Et un souci d’archivage des articles aurait-il causé une amnésie chez les rédactrices au point qu’elles ne soient pas en mesure de nous décrire un clitoris et l’endroit où on peut le trouver (pas même dans les anciens numéros de Cosmo) ? Ou la journaliste experte en clito est-elle devenu trop chère en ces temps de crise ?
On retrouve également sans surprise le conseil du gémissement encourageant.
Message : on s’en fout de ton anatomie, chérie. Fais pas chier et viens pas te plaindre, ok. Moi, à la base, je suis une bonne rédactrice chez Cosmo et je suis drôle, mais on m’a pas demandé mon avis avant de m’ordonner d’écrire cette saloperie de papier sexo. Donc si je pouvais torcher ça au plus vite pour aller faire un truc un peu plus sympa… Tu comprendras que ton petit appendice ultrasensible m’intéresse moyennement.
Pour le coup, Biba, avec son dossier sur les mystères de l’orgasme, s’en tire un peu mieux ; et on ne peut que soupirer de soulagement en constatant que la distinction entre orgasme vaginal et orgasme clitoridien est fusillée d’emblée. Le reste du dossier est à l’avenant, avec des clichés démolis de façon plutôt drôles et pertinente. Point G, théorie des « gènes du plaisir », durée de la pénétration, utilité de l’orgasme féminin… Disons que ce dossier permet de garder bon espoir et de terminer cet article sur une note pas trop désabusée.
Le message de ZoneZéroGêne : par pitié… Que la presse féminine se sorte un peu les doigts, nous propose du contenu sexo de qualité et abandonne les messages sexistes, dans un sens comme dans l’autre ! Avec les bonnes plumes qui y travaillent (il y a des filles vraiment excellentes, au style ciselé), il y aurait moyen de faire passer de bons messages. Par ailleurs, aucune femme n’a envie de se sentir complètement merdique et pas à la hauteur après avoir lu un article. Stop à la surenchère. Où est ce magazine que nous attendons toutes, celui qui nous donnerait enfin l’impression d’être appréciées telles que nous sommes et qui ne nous demanderait pas sans cesse de faire mieux, d’en faire plus, tout ça en jouant à la fois la chienne, la mère et la wonderwoman ?
Ah, et puis tant qu’on y est : ce serait possible de tenter une ouverture sur des contenus moins hétéronormés ? En effet, une femme est une femme avant d’être hétéro, homo ou bi. Et le sexe nous concerne toutes. Si, si. On en a marre de devoir se tourner vers des supports sexuellement orientés pour lire des articles qui nous parlent, à toutes. Dans la presse féminine, les seuls articles admettant l’existence d’autres orientations sexuelles sont des articles de presse hétéro expliquant la différence aux hétéros, ou des articles de presse homo segmentant le lectorat… Regrettable.
A lire également :
- Revue de presse sexo : tout ce que vous n’aurez pas besoin d’acheter pour bien baiser
- La requête Google du jour
- Le rabot à foufe
- La saga du clito (Saison 1, Episode 2 : vie privée, vie publique)
- Merci à educationsensuelle.com : l’adolescente n’a pas de clitoris. Elle a un Ailleurs.
- « Préliminaires » c’est un mot à chier…



Rien à ajouter . Je suis contente que ce soit enfin dit, tout ça
je crois que le pire que j’ai pu lire était un truc du genre « libérez-vous de vos tabous pour garder votre homme » autrement dit « ma grande, si t’as pas les compétences techniques de Clara Morgane, y’a peu de chances pour que tu gardes ton mec et/ou ne soit pas cocue ». Mais bordel, qu’on me les laisse mes tabous ! Bein non désolée mais j’ai pas envie de tester la double pénétration dans une cabine d’essayage avec des menottes en velours achetées aux Galeries, pour éviter la routine dans mon couple.
@Grain : merci !
Contente également de l’avoir enfin écrit ! (Je devrais insérer la photo du tas de magazines à ma gauche, par terre : j’ai tout décortiqué et ai éjecté au fur et à mesure… Sacré fouille, bon sang !
)
@vodkaredmoule : Excellent !
Et merci pour ce commentaire : la découverte de Glamoule, que je dois à Eve a été une sacrée découverte : on adore !
Vous êtes toutes des nullasses !
Depuis que je lis la presse féminine, je suis enfin devenue une femme libérée et mon mec me kiffe grave !
Avant, ma vie sexuelle était sordide et banale. Maintenant, je fais la vaisselle en bas résilles, avec une boule dans la bouche et un plug vibratoire dans l’oignon. C’est hyper tendance.
Après je passe l’aspiro enchaînée (avec du mou quand même) au radiateur dans un costume de soubrette en latex rouge pomme.
Je n’accepte plus de rapports vaginaux, c’est vulgaire quand on a goûté à la sodomie.
Je suis une vraie femme, moi.
Merci Cosmoglam and co.
Désolée, je dois briser là , je vais récurer les wawas déguisée en infirmière perverse avec une racine de gingembre entre les nibards. J’ai lu dans Elle que c’était susceptible de réveiller la libido de l’homme lassé par une épouse lambda du cul, donc vulgairement avilie par sa nature inférieure.
Du peps, que diable, des accessoires, du souffre, de la vraie meuf vraiment libérée, meeerde !
@chou – Oh my God, mon Chou, nous te VENEROOOOONS !!!!!!!!!
Arrête mon coeur, tu m’excites !
Chouette article, mais si je peux me permettre de faire ma chieuse :
« Le fait que la presse féminine ait un jour été féministe n’est alors plus qu’un lointain souvenir. »
Ca me semble surtout une légende urbaine, du moins si on parle bien des années 60/70.
Heureuse propriétaire d’un vieux bouquin féministe-antisexiste analysant la presse féminine de l’époque et la citant abondamment, j’ai pu y lire (via les dites citations) grosso modo les mêmes conneries que dans les magazines actuels.
(pour les intéressé(e)s : Femmes femmes sur Papier glacé, Anne-Marie Dardigna, éd. Maspero, 1974 ; les analyses développées dedans me semblent souvent intéressantes, et encore « d’actualité » ; et, joie, il se trouve encore sur des sites de vente d’occasion)
@Arrakis – Ici on aime les chieuses
D’autant que je suis globalement d’accord avec toi. J’ai d’ailleurs hésité sur une phrase de ce genre-là ; je n’avais pas l’expression « légende urbaine » en tête, mais un truc équivalent dans le contexte, du style « foutage de gueule historique ».
Ce qui m’a poussée à tempérer, c’est le souvenir de conversations avec des femmes qui ont lutté aux côtés de cette presse à un moment où s’exprimer était vraiment une grosse galère. On y lisait donc les même conneries qu’aujourd’hui, certes, mais pour l’époque, ces conneries étaient déjà une évolution par rapport à l’état de la loi (pb du compte en banque, du droit à l’activité salariée sans autorisation de l’époux, pénalisation de l’adultère pour les femmes et pas pour les hommes, capacité juridique réduite…). Bref, c’était éjà des conneries, mais ces conneries-là étaient un tantinet, vraiment un tantinet audacieuses. Embryonnaires…
Donc vu d’ici, entièrement d’accord. Vu de là -bas… Ben j’ai choisi d’insérer dans mon article une phrase quelque peu modérée.
Je ne voudrais pas argumenter dans le vide, les temps sont lointains et ma mémoire vacille. Toutefois, je crois me souvenir que dans les années 70, nous nous émoustillions comme des dindes du fait que les magazines féminins abordaient la sexualité, qui jusqu’alors était tout de même giga-tabou.
On en avait un peu rien à cirer de la façon dont ils en parlaient. On en PARLAIT ! C’était mal foutu, cucul la rainette, dindasse au possible, mais on en parlait.
La presse militante qui a fait avancer les choses était ailleurs.
Plus intéressante, plus intelligente, mais avec tellement moins de paillettes, darling !
I’ll be back, mais là j’ai une urgence ailleurs ! Good night !
C’est pour ça que depuis plus d’un an, je lis GQ à la place de Glamour & Cosmo.
(et merci pour ce coup de gueule argumenté !)
Tu es bonne pour participer au débat que je veux organiser depuis un bout de temps entre magazines genrés et non genrés… (mais j’ai déjà un an de retard, je ne promets pas que j’y arrive rapidement)
@Chou : Merci de la précision, on est raccord sur le principe
@LaNe : De rien, ça me tenait vraiment à coeur.
@Camille : ce sera avec grand plaisir, vraiment, l’échange d’idées ne peut être qu’enrichissant et constructif !
(pour le retard, on est raccord aussi : cet article, ça faisait un an que je l’avais en gestation)
Comme quoi, les choses n’ont pas tant changé que ça, finalement, depuis les années 1960 : http://atheisme.free.fr/Contributions/Economie_domestique.htm
Faire de « bons articles » dans les magazines féminins ? Mais la raison de ne pas le faire me semble évidente : un bon article, quand il a dit ce qu’il avait à dire, il n’y a plus à le redire. Alors comment on fait pour assurer un numéro par mois / quinzaine / semaine et le dossier sexe de l’été en plus sans gonfler avec des platitudes contradictoires ?
La vérité, on la trouve éventuellement dans les livres, qui sont écrits une fois pour toutes, certainement pas dans les magazines, qui, pour durer, doivent… varier.
« En vérité on vous le demande : la presse féminine ne serait-elle pas un peu l’ennemie du féminisme ? Voire de la femme tout court ? Surtout en matière de conseils sexuels ? »
Alors là , je ne peux m’empêcher de poster, même plus de deux mois après, et même si je n’ai pas encore lu tout l’article.
La presse féminine ET la presse masculine sont à elles deux de ennemies de l’humanité en général. Et pas plus en matière de conseils sexuels qu’autre chose.