« Nan, mais tu vois, nous c’est pas pareil, ça va, on communique », disent ces couples pleins de bonne volonté, qui comme 55 % de leurs semblables, ont choisi de mettre fin à leur vie de merde union, à l’amiable.
Eh oui, qu’est-ce que tu veux dire d’autre quand partout il est écrit que « Le divorce par consentement mutuel est par excellence le cas de divorce le plus simple, le plus rapide, le moins coûteux et surtout le moins douloureux pour les époux, surtout lorsqu’ils ont des enfants « ?
Cette élégante formule te suggère en réalité de faire les choses « intelligemment ». Et ça recouvre quoi, au juste, « faire les choses intelligemment » ?
- Tenir compte des enfants (des fois qu’on y aurait pas pensé), ces petites victimes innocentes qui risquent par la faute de leurs irresponsables parents de finir morts de faim sur une potence. Ce sont eux qui trinquent, hein, comme le dit une mienne connaissance, philosophe-déménageur de son état, avouant toutefois plein de candeur : « En même temps, on va pas cracher dans la soupe, les divorces, c’est la moitié du chiffre d’affaire de la boîte » .
- Ne pas s’écharper en public, pour ne pas mettre mal à l’aise famille et amis, qui redoutent plus que tout de devoir émettre un avis sur la faute de goût que constitue une séparation.
- Se laisser plumer comme au coin d’un bois avec le sourire, en répétant comme un mantra « Plaie d’argent n’est point mortelle » et « Le matériel n’est pas le plus important « . C’est le moment d’ouvrir tes chakras à donf.
« Faire les choses intelligemment « , c’est sortir avec autant de dignité que possible de cette impasse qu’est devenue la vie commune.
C’est louable, on ne me fera pas dire le contraire. Je pense même que c’est la meilleure chose à faire.
Je pense aussi que c’est impossible.
Et que ceux qui clament haut et fort leur zénitude tout au long du divorce sont des menteurs.
Ou des personnes qui ne se sont jamais aimées. S’il s’agit uniquement de dissoudre une SARL, affectivement, c’est jouable. Si la rupture est le constat d’un échec auquel rien ne t’a préparé(e), tu te le prends quand même violemment dans les mandibules.
Commence alors la période dite « de l’enfumage massif « , qui consiste à chanter d’une seule voix qu’il s’agit d’une décision commune, que vraiment il n’y a ni coupable ni bourreau, hein, juste la vie, quoi…
Parce que sinon on aurait bien l’air con avec son divorce à la cool.
Alors vu de l’extérieur, c’est la mer d’huile : tout le monde est souriant et détendu. Et maigre (8 à 20 kg en 2 mois, c’est un des meilleurs régimes connu à ce jour).
Jusqu’au moment où ce n’est plus supportable : la façade se craquèle, et laisse apparaitre la réalité, crue, saignante.
On en a tous vu, de ces couples qui se « donnent en spectacle « comme dit Mamie, s’envoyant des épithètes exotiques à la face à la kermesse de fin d’année de l’école (honte ! Honte absolue !!! Pas-les-enfants, bordel, on a dit ! )
Qui se déboitent eux-mêmes la mâchoire à coup de batte de base-ball dans le sous-sol, menaçant de porter plainte pour coups et blessures s’ils n’obtiennent pas la cession de la totalité du Codevi (ou l’appart’ à Saint Barth, ou la collection de capsules de bière, liste non exhaustive).
Parce qu’à un moment, que l’on quitte, que l’on soit quitté, peu importe : ce sont les rapports de force qui prennent le dessus. Même s’ils sont revêtus d’un hypocrite velours.
Bras de fer et les deux sont en enfer.
Avec les proches, se font jour peu à peu les vrais griefs. Que l’on préférerait crever plutôt que d’aborder devant un juge ou un avocat (rapport à cette merveilleuse formule si simple qui ne serait plus accessible, sans cela ) : volage, radine, dépensier, mou, vieux jeu, violente, ado attardé…
Mouais… Et le cul dans tout ça ?
On entend parfois parler de cette salope qui a détourné le mari idéal, ce gentil nounours sans une ombre de malice qui s’est éloigné de son foyer pour une paire de nichons. Ou de ce bellâtre avec qui Madame s’est encanaillée avant de se faire la malle.
Donc, l’adultère, oui, ça vient sur le tapis. Mais le cul, dans ce couple disloqué ? Est-il évoqué comme cause de rupture ? Franchement, sans hypocrisie ?
Clame-t-on : « Je le quitte parce qu’au pieu c’est un gros boulet égoïste et sans imagination » ? Ou encore : « Je la quitte parce que je me fais trop chier au pieu avec elle ; et quand je l’embrasse, elle se détourne, elle regarde le plafond et elle attend » ?. Ou plus fort : « Monsieur l’avocat, nous demandons conjointement le divorce parce qu’il ne m’a pas touchée pendant toute ma grossesse et que les cunnilingus le dégoûtent » ?
T’as déjà entendu ça, toi ??? Je veux dire, officiellement, comme raison N°1 ? Non.
En revanche, je suis certaine que comme moi, tu as déjà lu en couv’ de l’un ou l’autre des piliers de la presse féminine des : » La levrette peut sauver votre couple » *
Comme quoi, même si personne n’en parle de manière limpide, ça serait bien le nœud du problème.
Certains couples qui ne font plus l’amour n’éprouvent pas le besoin de se séparer, mais ceux qui se quittent, sans exception (allez, vas y,fais-toi plaisir, balance ta cousine Hortense, histoire de confirmer la règle) ne baisent plus.
Et c’est aussi surtoutpour ça qu’ils divorcent.
Pour ça aussi que c’est si difficile de le « faire intelligemment ».
La guerre, c’est l’autre versant du sexe.
*(Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : c’est très bien, la levrette).
A lire également :
- Divorcées en liberté : « Liberté je crie ton nom ! »
- "Ex Utero", ou le féminisme vu par Peggy Sastre
- ZOE Z.E : La bagnole qui pue pas du cul
- Et vous, vous en êtes où avec les stéréotypes et la discrimination ?
- Comment… expliquer à sa compagne qu'elle devrait arrêter le Nutella (sans la vexer) ?
- Portraits de suceuses : un pénis, une bouche, 7 possibilités…



Sujet sensible s’il en est, qui me touche plus que de raison, et pour cause… ma séparation, entamée il y a deux ans, n’est toujours pas réglée, a largement éclaboussé voire terrorisé mes enfants et la fin est loin d’être visible…
Je n’évoquerais qu’une chose ici : oui, quand on se quitte, la plupart du temps, c’est qu’on baisait plus (entre autres). Des années que son contact me révulsait, malgré le soubresaut des derniers mois, un peu comme la forme tout aussi soudaine et éphémère de l’agonisant sur son lit d’hôpital avant qu’il ne rende son dernier souffle… CQFD.
Etant la salope qui a détourné le mari idéal, mais sans aucun divorce en vue, cet article me laisse songeuse, mais j’aime bien.
Peut t’on baiser sa maîtresse comme un chef et encore coucher avec sa femme? Pourquoi c’est la maîtresse qui suce le mieux?
Etant la salope qui ne divorce pas encore, baise peu et mal avec son mari (aux torts partagés, mais plus de torts pour lui, parce que éjaculateur précoce, même si le thème a été traité intelligemment par La Peste, mais quand même ça fait chier au bout de 20 ans passés …), et pas beaucoup plus mais super bien avec pas mal d’autres messieurs, je peux juste témoigner d’une chose : divorcer, ça demande du courage. Que j’ai pas forcément. …
clairement, se séparer, c’est une petite dose d’égoïsme et une grosse dose de courage… à n’en pas douter.
ah mais au fait, moi je suis la salope qui a quitté son « compagnon de 15 ans et trois enfants »… on joue dans la cour que l’on peut !
Oui, c’est vraiment, ça, la cour qu’on peut …
25 ans et encore plus d’enfants que toi … ça n’aide pas à avoir du courage
Parce qu’on se marie pour baiser ?
Ce qui est étrange dans mon cas, c’est qu’on avait recommencé à baiser juste avant qu’il se barre… et comme j’ai appris des mois plus tard qu’il y avait une « salope » là dessous, j’en conclue que plus on baise, plus on a envie de baiser, puisqu’il baisait à l’extérieur, sa libido exacerbée se soulageait aussi dans le lit conjugal… et la réciproque est vraie, moins on baise, moins on en a envie… la libido, ça s’entretient, comme l’amour, et ça on ne nous l’apprend pas !!!
Quant à la séparation, non, c’est jamais à l’amiable, je confirme. Quand on peut, on apprend à serrer les dents pour le bien du ou des gamins, on se parle parce que pas le choix… et ça s’arrête là.
Oui, divorcer demande du courage, on est bien d’accord : de là le ton ironique d’Eleusie au sujet de la « faute de goût »
)) Et c’est volontairement qu’elle a choisi de traiter tous les sujets sur le divorce au second degré (exemple : son article sur la difficulté à pécho qd on est seule avec ses enfants : elle a bcp de lucidité en ce domaine.)
exact, tout le monde me prédisait que j’aurais bien du mal à me caser avec mes trois morpions… ben rien du tout, j’avais à peine mis fin à ma relation que le ‘prince charmant ordinaire’ a cogné à ma porte, enfin, à celle d’un blog collectif que Gaëlle connait bien
comme quoi…
Le divorce, je l’ai vécu côté enfant.
Et c’est affreux à dire (petite je culpabilisais à mort quand je voyais la situation de mes copains) mais je l’ai très bien vécu.
Jamais au milieu des conflits, choyée, une famille recomposée d’une belle-mère géniale, trois paires de grands-parents des frères qui naissent, bref une grande famille super, où tout le monde part en vacances ensemble et fête mon anniversaire en même temps. Je vous parle même pas de la bonne entente entre ma mère et ma belle-mère.
Oui vu comme ça, c’est une idylle dégoulinante.
N’empêche que ça fait plus de 20 ans que ça dure, que ça n’empêche pas d’avoir d’autres problèmes de famille. Mais c’est possible.
(oui, si vous avez envie de me frapper allez-y)
@Zinnalice – Non, personne ne te frappera (y a que moi qui tape ici, et je fais ça en douce, comme une vilaine sournoise que je suis
)
En fait, c’est intéressant, ce point de vue du côté de l’enfant. Merci beaucoup pour ce commentaire !
Pas mal écrit cet article. Un divorce c’est un peu comme une guerre … morale, financière, patrimoniale … Tout est fini donc c’est du chacun pour soi.
C’est moi qui ai décidé de divorcer puisqu’elle était le cul entre deux chaises entre son conjoint (moi) et son amant (un testeur de poupées gonflables chirurgien réputé … hihi en quoi ?). Et c’est The War même si en ce moment c’est un peu mou … l’indifférence sans doute. Les dommages collatéraux sont surtout pour mes enfants que je rassure régulièrement et que je n’utilise pas comme missiles Exocet comme leur mère.
Bref je suis libre avec 2 enfants sur le marché … allez mesdames venez cogner à ma porte !
Il y a forcément un contre exemple … je le suis, enfin, mon ex et moi pour le coup, nous le sommes. 15 ans de vie commune, 3 enfants et une maison plus tard, séparation….sans arrêt de baise (notez le terme volontairement utilisé !) durant notre séparation, ni même dans les 6 mois qui ont suivi alors que lui était avec sa nouvelle très jeune petite amie. ce serait surement long à expliquer…il pensait peut être que je lui resterais à jamais soumise, peut être pour me conserver en partie pour lui quand il a vu que je ne me privais pas ailleurs… je ne saurais pas complétement l’expliquer…comme il me le disait à cette époque : « les soucis avec toi ce n’étais pas l’amour ni le cul, c’était tout le reste… »
Je découvre ce blog et cet article qui me touche particulièrement. Parce que oui moi j’y ai cru à la mer d’huile du divorce à l’amiable, je n’en étais pas à une naïveté près : j’ai aimé mon ex et cet amour-là pouvait me faire avaler n’importe quoi. 5 ans plus tard… nous enchaînons toujours les audiences devant le JAF. Remise des 10 passés avec lui (il ne m’a plus trouvée baisable, il avait rencontré une brunette plus à son goût, il voulait garder bobonne – moi – et gaudriole chez Brunette, j’ai fini par le quitter), j’ai repris la question du divorce et réouvert la question de la garde de mes enfants.
Je considère aujourd’hui que les pus grands perdants du divorce à l’amiable sont mes enfants.
Quant à discerner les causes de séparation, le sexe bien évidemment, mais bon le dire comme ça est réducteur, je dirais plutôt que le désir de l’autre s’est effacé. Le sexe n’est est qu’une des composantes.
Précieux blog que ZoneZérogène, soit dit en passant ! Bravo !