L’observation attentive fascinée émerveillée du plaisir sexuel chez l’homme pourrait nous inciter à penser que tout ça, c’est une histoire de pénis, de testicules et de geyser final. Alors bien sûr, lorsqu’on est un peu futé(e), on a la courtoisie de ne pas réduire l’homme à sa queue, et on lui accorde avec mansuétude le droit de frémir de partout, y compris et surtout du cerveau, principale zone érogène du bipède quel que soit son sexe.
Dans un fol élan d’enthousiasme, on peut même aller jusqu’à intégrer le fait que l’extase masculine dans son acception la plus large ne se résume pas à une glorieuse raideur caudale. Ceci posé, nous aurons reconnu à l’homme une légitimité bien méritée en matière de sentiments, d’émotions et de complexité érotique, le tout sans jamais remettre en cause sa virilité. Ce qui nous permettra de revenir nous retrousser les manches aux abords immédiats de son pénis, afin de lui parler de sa prostate.
La prostate : c’est quoi donc c’te glande ?
La prostate est une sorte de machin, enfin un organe quoi, planqué derrière la vessie et frimant devant le rectum. Pour faire encore plus sa maligne, elle entoure l’urètre. Son gabarit, son poids et sa forme sont approximativement ceux d’un marron. A ce stade, la tentation est grande de pousser la description en approfondissant (si je puis me permettre) les différents aspects de la chose : lobes séparés par le sillon médian, apex, contact avec le sphincter lisse et le sphincter strié, capsule… Mais je crains d’effaroucher le public avec un tableau trop prosaïque du petit intérieur de ces messieurs.
La prostate : à quoi donc sert-elle ?
La prostate est ce qu’on peut appeler une glande génitale. Dans le grand process de fabrication du sperme, la prostate s’implique avec un enthousiasme touchant : tandis que les testicules se chargent de fournir les spermatozoïdes, la prostate fait alliance avec les vésicules séminales et les ampoules déférentielles pour produire les sécrétions qui vont permettre aux têtards de ne pas nager à sec. Ces derniers, une fois au bain, emprunteront alors l’épididyme puis les canaux déférents et se poseront pour souffler un peu dans les ampoules déférentielles, en attendant la prochaine éjaculation, celle-ci étant propulsée par les canaux éjaculateurs avant le toboggan ascensionnel de l’urètre.
Le rôle de la prostate est donc de sécréter le liquide séminal. Passons sur la composition et la mission de ce précieux nectar : on retiendra simplement que les sécrétions se mélangent dans l’urètre, au niveau de la prostate, et restent stockées à cet endroit pendant quelques secondes grâce au clapet formé par le sphincter lisse d’un côté et le sphincter strié de l’autre. C’est la phase d’émission, première étape de l’éjaculation. Une fois la pression au maximum et l’urètre prostatique dilaté, on passe à la phase d’expulsion, sous vos applaudissements (« Oooooooooh la belle bleue !!!!!! »).
La prostate : comment donc qu’on peut (se) faire plaisir avec ?
En la massant. Et n’y allons pas par quatre chemins, au sens littéral du terme : passer par l’anus est l’unique itinéraire envisageable. Deux options possibles :
- Soit le protagoniste est seul acteur de son plaisir (la masturbation, ça s’appelle) et histoire de garder des doigts disponibles pour cliquer ou tourner les pages, je lui recommande ceci (clic non sponsorisé),
- Soit le protagoniste est accompagné dans son activité sexuelle par son prochain, sa prochaine, voire par une combinaison plus étoffée des deux possibilités précédentes, auquel cas on pourra tirer à la courte-paille qui aura le délicieux honneur d’aller titiller la prostate du candidat à l’orgasme exponentiel. A l’aide des doigts toujours, ou du ceci précédemment suggéré.
Pour masser la prostate avec les doigts, rien de plus simple : quand on débute, il suffit de se placer face à son partenaire et d’avancer gentiment le plat d’un ou deux doigts lubrifiés et aux ongles courts le long du périnée (zone se situant entre les testicules et l’anus). On suivra ensuite avec douceur le chemin qui remonte jusqu’à l’orifice anal. Une fois devant lui, il sera alors bienvenu d’assouplir ledit orifice par un aimable massage, jusqu’à ce que le passage soit suffisamment ouvert. Et c’est en veillant à toujours garder une lubrification suffisante qu’on pénètrera lentement dans ce charmant repère, pour s’arrêter à quelques centimètres de l’entrée, endroit où les doigts perçoivent normalement une petite masse que l’on gratifiera de légères pressions circulaires. Un régal. Surtout en complément d’une pipe. Oui, la fellation assortie d’un massage de la prostate, c’est un peu le paradis sur terre. Ou plutôt le paradis DTC. Enfin c’est pareil.
Pour masser la prostate avec un sextoy ad hoc, il faut déplier le petit papier qui se trouve dans la boîte et suivre les instructions.
La prostate : bouh, c’est vilain d’aller lui faire des trucs, non ?
Non. C’est formidablement agréable, pour peu qu’on en ait envie. Le regretté Doc de Lovin’fun aurait pu venir en renfort pour te dire que « Ce n’est pas sale », mais je ne l’ai pas sous la main à 11h38.
La prostate : non mais tu me prends pour un pédé ? D’où tu crois que je vais me laisser toucher la rondelle ?
Oh, arrête un peu de faire des manières, Gégé : l’anus est une zone érogène, tous individus, genres et orientations sexuelles confondus. Laisser des choses pénétrer l’anus n’est ni contre-nature ni sale, et cela ne remet absolument pas en cause la virilité d’un homme. D’ailleurs, à titre de précision transversale, j’en profite pour confirmer que le cliché de l’homosexuel pas viril est totalement sans fondement (oui, elle était facile celle-là). La virilité d’un homme n’est en aucun cas fonction de son éventuelle hétéro ou homosexualité, que ce soit dit.
La stimulation de la zone péri-anale est donc source de sensations très agréables. Libre à chacun d’essayer ou non, selon son envie, ses limites et sa conception de l’érotisme. Mais stimuler la prostate en même temps que le pénis (lequel peut être logé à ce moment-là dans la main, la bouche, le vagin ou l’anus du ou de la partenaire, liste non exhaustive) provoque au choix et parfois cumulativement : un orgasme plus intense, plus rapide, plus riche, plus long.
La prostate : c’est pas un peu pervers pour une femme d’aller fourrer ses doigts dans le dedans de son partenaire ?
Mais non Micheline, ne t’inquiète pas, ça n’a rien de pervers. C’est juste une histoire d’état d’esprit. La dimension ludique dans la sexualité du couple et/ou du tandem érotique détermine la possibilité d’introduire ou non (oui, bon, ça va hein, je suis lancée, c’est tout !) dans les jeux sexuels des caresses nouvelles et sortant un peu des sentiers battus. A partir du moment où le désir est partagé, aucun souci. C’est le consentement qui importe avant tout. L’endroit où on met ses doigts n’est au final qu’un détail géographique.
Conclusion : la prostate, oui, complètement.
Edit de 14h06 : mes loulous, l’absence d’illustration « médicale » est un choix. J’en avais une superbe sous la main, avec plein de flèches et de jolies couleurs, mais je me suis dit que nous parlions ici de sexualité et d’érotisme, pas d’explorations spéléologiques… Je laisse donc aux sites médicaux ou aux mags qui ont envie de se légitimer le soin de vous montrer des coupes latérales et des vues antérieures de bistouquettes et de roubignolles, ici on n’a pas vraiment besoin de ça, non ?



Prem’s ?
Gaëlle, en pleine forme dès le lundi matin !
J’adore ! Ou comment faire dans la vulgarisation scientifique et l’éducation des masses sans lasser le lectorat, pourtant déjà assommé par une (première) galère de RER …
Des articles comme ça, on en redemande !
Voila un article didactique et démystificateur qui j’espère débloquera un peu certaines frilosités à donner ou recevoir des plaisirs qui devraient être considérés comme conventionnels !
Je m’en vais le recommander à quelques contacts !
Julos, tu vois, la dame elle a dit que je pouvais mettre les doigts ^^
@Palaeska : merci bcp ! Rivaliser avec le RER est un constant défi !
@Olivier : Merci, mais attention au terme « conventionnel » et au verbe « devrait ». A mes yeux, ces deux mots ne trouvent leur sens que dans une seule phrase, qui est la suivante : Chacun devrait inventer ses propres conventions, sans se soucier de ce qui doit ou ne doit pas être considéré comme conventionnel.
@Grain : la dame elle a encore plein d’autres sucreries dans son sac.
Bon, c’est le dernier encouragement que j’attendais. Dès que mon amoureux est guéri de sa gastro, j’essaie !
Je conseile de jouer safe : une capote sur le/les doigt/s est conseillée (voire un gant de vinyle ou latex). Et _jamais_ on ne passe d’un anus à un vagin sans changer de capote/gant ou se laver _bien_ les mains ! Les infections vaginales ne sont pas marrantes du tout. (et tout cela vaut aussi pour les sextoys, pas seulement pour les mains)
@GouineMum : je crois que je vais faire un article exclusivement consacré à ce genre de trucs. Y a des choses à dire en terme d’hygiène/prévention.
@Mademoiselle Sarah – J’irais même jusqu’à dire, attend encore quelques jours après.. pas de précipitation…
En tout cas, en tant qu’hommme – et hétéro de surcroit – je confirme le caractère sympathique et agréable de l’exploration – solitaire ou pas – de cette zone..
@Gaelle-Marie Zimmermann – On est bien d’accord !!!
Ca valait le coup d’être dit !
Le seul truc que je reproche à la prostate, c’est son nom, que je trouve moche…
extra cet article, j’ai appris des détails, j’ai conforté mon opinion, un beau mélange, vraiment !
moi j’ai une question technique, m’dame. Il y a des hommes qui pour des raisons médicales, ont du se faire enlever la prostate… Quid de l’éjaculation puisqu’il y a mélange de liquide et de bêbêtes à moment donné ???? Ejaculation « sèche » ? Plus d’éjaculation du tout ?
Et c’est bien de faire un papier sur les questions d’hygiène… on ne dit pas assez de faire gaffe à pas ramener les microbes d’un côté à l’autre, parce qu’après, c’est nous qu’on déguste !!!!! (si je puis me permettre).
@Kahlan : En fait le sperme est composé des spermatozoïdes et de plusieurs sécrétions, qui sont produites par respectivement : les ampoules déférentielles, la prostate et les vésicules séminales (qui sécrètent le plasma séminal, contenant fructose, prostaglandines et protéines). Et toutes les sécrétions se mélangent dans l’urètre prostatique pendant la phase d’émission.
Il faut aussi prendre en compte les glandes de Cowper qui sécrètent un liquide ressemblant pas mal au liquide séminal, côté composition. Ce liquide s’écoule en permanence quand le pénis est en érection, et en plus grande quantité pendant l’éjaculation. Il se mélange au sperme pendant le passage de ce dernier dans l’urètre au moment de l’éjaculation.
Normalement, la résection de la prostate entraîne comme conséquence une éjaculation rétrograde, se faisant donc dans la vessie, sans aucune modification des sensations de l’orgasme
j’ai pas lu les precedents coms (je m’excuse donc d’avance en cas de double post), mais j’ai trouvé un autre moyen de stimuler la prostate… (exceptionnel je suis…^^)
j’aime pas des masses l’intromission de quoi que ce soit dans cette partie de mon anatomie, mais je ne souhaitais pas non plus faire l’impasse sur une technique qui m’a l’air rejouissante. je suis donc aller voir des croquis anatomiques de cette region, et j’ai constaté que l’espace qui separe la prostate du milieu exterieur n’etait pas vraiment plus grand que celui qu’il y a entre elle et l’interieur du rectum. il est donc possible (si, si, j’ai testé…), de stimuler la prostate de vos chers et tendres en appliquant une pression moderée de quelques secondes puis relachant, puis pression moderée, puis relacher, …(tout le monde a compris?…) a un endroit bien precis du périnée.
je sens des yeux se tourner vers moi…
facile a trouver par des neophytes, cet endroit?
oui! mais pas tous a la fois!
un doigt sur l’anus, revenir de deux centimetres vers les bourses, s’arreter dès qu’on ne sent plus les muscles du sphincter du cobaye, et appuyer (plus ou moins) doucement avec la pulpe du doigt (ou de plusieurs doigts).
oui la prostate tant recherchée est bel et bien par la, vous ne la sentez pas aussi bien qu’avant?
c’est normal. vous venez de passer dans l’ere du massage erotique, finie l’epoque revolue de l’examen proctologique…
N.B.
il sera apprecié de maintenir une pression plus importante ( ca reste des doigts, pas un sabre laser…)a l’approche du bouquet final…au gout de chacun…
bises a tous et toutes.
amicalement,
ontheshore, grand branleur hetero devant l’eternel…