Le pénis semble, pour les femmes, plutôt simple quant à son approche, car c’est un organe apparent. Mais il peut être utile de proposer un bref rappel, afin d’appréhender dans son ensemble cet organe peut-être un peu plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord.

Au sommet du pénis se trouve le gland, couvert d’une muqueuse dont la couleur peut foncer lorsque le pénis est en érection.

Au repos, le gland est naturellement recouvert d’un lambeau de peau appelé le prépuce. Le prépuce est relié au gland par le frein, petit bout de peau très fin ressemblant au même frein qui se trouve sous notre langue. En érection, le prépuce se décalotte et laisse apparaître le gland turgescent. Chez les hommes circoncis, le prépuce a été ôté et le gland est constamment découvert. Au sommet du gland, on trouve le méat, minuscule fente permettant la miction et l’éjaculation.

A la base du gland, une sorte de « démarcation » entre le corps du pénis et son sommet peut former un renflement : c’est la couronne, sous laquelle on peut parfois distinguer un sillon très net, appelé le sillon balano-prépucial.

A l’instar de notre clitoris, le gland comporte des terminaisons nerveuses (entre 3000 et 4000, contre presque le double pour le gland de notre clitoris…) : c’est donc la partie la plus sensible du pénis, ce qui pour autant ne doit pas entraîner à négliger le reste…

Ensuite, on trouve la hampe, qui constitue le corps du pénis et qui est composée de trois cylindres copieusement irrigués par des vaisseaux sanguins : deux corps caverneux renfermant chacun une artère, et un corps spongieux que traverse l’urètre. Le lien entre le pénis et le cerveau s’effectue par le biais de la moëlle épinière, et donc des nerfs érecteurs.

La partie qui rattache le pénis au reste du corps est appelée la racine, et c’est le ligament suspenseur qui fait le lien entre le pubis et le pénis (juste au-dessus du pénis, dans la zone du bas-ventre couramment recouverte de poils).

Sous le pénis on trouve le scrotum, renfermant les testicules, espace de stockage des spermatozoïdes.

A l’arrière des testicules, l’espace de peau qui amène jusqu’à l’anus compose la zone périnéale, souvent très réceptive à la caresse.

Le pénis présente un fonctionnement  à la fois limpide et subtil : le mécanisme qui lui permet d’entrer en érection est sensiblement le même que chez les femmes (dont le clitoris présente également des érections).

L’érection, ça fonctionne comment ?

Elle est tout simplement due à une détente des artères traversant les corps caverneux : en effet, les artères se relâchent, permettant un afflux sanguin plus important, et c’est cet afflux de sang qui va faire gonfler les corps caverneux. Ce gonflement entraînant une pression accrue sur les veines se trouvant en surface du pénis, l’afflux de sang provoqué par le relâchement artériel à l’intérieur des corps caverneux va se trouver « emprisonné ». Il y a donc afflux mais pas reflux : c’est ce qui permet de « contenir » dans le pénis la quantité de sang supplémentaire, de maintenir le gonflement : c’est l’érection.

Les différentes érections

Il est regrettable de constater que certaines idées reçues subsistent encore, concernant les érections intempestives de l’homme, notamment l’érection matinale et les érections nocturnes…

Les érections nocturnes : sans aucun lien avec une quelconque rêverie érotique (bien que survenant toujours au cours du sommeil paradoxal), les érections nocturnes sont des érections-réflexe permettant une oxygénation correcte des corps caverneux. Elles ne sont pas liées à un désir sexuel, bien qu’elles puissent être « exploitées » comme n’importe quelle autre érection.

L’érection matinale : on a souvent prétendu qu’elle était due à la pression exercée par la vessie pleine mais en vérité, il s’agit tout simplement d’un résidu des érections nocturnes : même mécanisme, même résultat.

Les érections quotidiennes : là, on se trouve en présence d’érections en lien avec des pensées érotiques et un désir sexuel. Le résultat est identique mais les causes en sont différentes.

Il est donc définitivement inutile de demander à un homme qui bande le matin ou qu’on surprend en pleine raideur la nuit à quoi il pensait ou à qui : il ne pensait pas. En tous cas pas à nous ni à quelqu’un d’autre.

Et l’éjaculation ?

L’éjaculation est un phénomène-réflexe également, qui survient au paroxysme de l’excitation. Elle se déroule en deux phases :

-      La phase d’émission : le sperme est un composé de plusieurs substances : le liquide prostatique, le liquide séminal et les spermatozoïdes. Le « mélange » s’effectue au dernier moment.

-      La phase d’expulsion : lorsque la quantité de sperme produite par le corps est suffisamment importante pour dilater l’urètre, le sperme est expulsé par saccades. Cette phase, une fois enclenchée, ne peut être interrompue.

La précision glamour : il est à noter que si le sperme emprunte l’urètre pour être expulsé (donc le canal qui permet d’uriner), urine et sperme ne peuvent être émis en même temps. En effet, en début d’érection, l’urètre est « nettoyé » par un liquide qui permet la lubrification, mais qui ôte l’acidité de l’urine afin de ne pas endommager les spermatozoïdes. Par la suite, une sorte de verrou automatique s’enclenche et rend impossible la miction pendant l’éjaculation.

On constate donc que le pénis, pour apparent et visiblement « expressif » qu’il soit, n’en comporte pas moins quelques complexités qui méritent un peu d’attention. On espère de la part des hommes une bonne connaissance de notre corps et une maîtrise de son fonctionnement, afin de nous procurer un maximum de plaisir. Il semble judicieux, et juste, de leur accorder la même attention et de nous pencher sur leur anatomie et sur les différents mécanismes de leur désir et de leur plaisir, mais toujours dans la mesure : le pénis n’est ni négligé ni souverain…

Sources :
-Illustration : Wikimédia (copie autorisée)
- Article : « Chéri, n’oublions pas les préliminaires », MA Editions, sortie en Avril 2010

A lire également :