On dit beaucoup de mal des égoïstes.
A tort.
On tire de leur fréquentation de précieux enseignements et un confort de vie sans pareil, qui permet une grande fluidité dans les relations.
L’égoïste ne t’emmerdera jamais en empiétant sur ta vie privée. Il se montre d’une réserve remarquable. Jamais une question pour savoir si tu vas bien.
Tu n’as pas à lui dissimuler quoique ce soit puisqu’il ne te demande rien. Si par hasard tu cèdes à la coupable tentation de te confier, il t’interrompt d’un air entendu : « N’en dis pas plus, je te comprends. Ca me rappelle le jour où … » . Ou mieux, il épargnera ta pudeur d’un très compréhensif : « Oh, moi, tu sais, je ne m’intéresse pas à la vie privée des gens ».
Et de fait, il est trop occupé à te raconter sa propre existence, dont il estime (parfois à raison d’ailleurs, il suffit de bien choisir ses égoïstes, certains sont proprement ébouriffants d’érudition) qu’elle est largement plus passionnante que la tienne. L’amitié pour lui, c’est te faire cadeau de sa confiance. Il est d’ailleurs persuadé que toi aussi tu as confiance en lui.
Ce qui n’est pas faux. Tu sais très bien que si tu lui confies quoi que ce soit qui ne le touche pas directement, ça finira enfoui dans la gibecière de sa mémoire pour n’en resurgir qu’au jugement dernier. Et encore.
L’égoïste oublie de façon quasi instantanée ce que tu lui as dit : vachement plus sécure qu’un pote attentif, si on veut pouvoir oublier un jour que oui, il fut une soirée où on est rentré sans culotte, mais que du diable si on se souvient à qui on l’a donnée…
L’égoïste ne te juge pas. Il n’a aucun avis, pas la moindre remarque à faire sur ta tenue, la nouvelle couleur de ton canapé, le fait que tu ailles en vacances dans une secte vaudou, que tu adoptes un lama albinos, que tu t’accouples avec un mineur ou que tu partouzes avec un nain et un labrador.
Parce qu’il s’en fout. Il s’en fout à un tel point qu’au début tu as du mal à le croire !!!
Ce qui ne l’empêche pas de t’énumérer longuement et avec le plus grand sérieux du monde tous les « services » qu’il a rendus (pas forcément à toi… Et pour cause), et à quel point son propre altruisme lui troue le cul. C’est même par réaction contre son caractère trop tourné vers l’autre, qui lui a joué des tours pendables, qu’il a décidé de se recentrer sur lui-même, parce que ouais, ouais, trop bon trop con, hein, ça va bien un temps !!!
Même au pieu, l’égoïste est réconfortant. Tu sais qu’il sera satisfait de la prestation, puisque ce que tu aurais pu oublier de lui offrir, ça ne lui posera pas de problème de te le demander.
Un amant égoïste, ça permet de se décontracter : il ne manquera jamais de rien, sans que tu aies besoin de t’en préoccuper.
Il te décharge de ce souci : toute son énergie est tendue vers la satisfaction de ses propres besoins (et si par chance tu as les mêmes désirs, ça peut même être agréable).
Alors mine de rien, ça en fait du temps et de l’énergie de gagnée !
T’as pas à deviner ce qui lui plairait : soit il se l’offre, soit il te le réclame à haute et intelligible voix.
Autre avantage non négligeable : on ne s’ennuie jamais avec un égoïste. Il suffit de commencer une conversation en lui parlant de lui, et il sera intarissable.
Pour finir, et ce n’est pas le moins important, l’égoïste ne t’en voudra jamais de ton absence, puisqu’il ne la remarquera pas.
Pour peu qu’il aille bien, il est insouciant et optimiste (conseil : s’armer de patience en face d’un égoïste qui va mal : la soirée va être longue , très …), ce qui rend sa compagnie divertissante.
Reposant, qu’ils sont, j’vous dis…





Je me crois assez égoïste selon cette définition… et j’apprécie effectivement les hommes qui le sont, ne serait-ce que parce que c’est reposant.
Un peu cruel comme article mais réaliste. C’est une forme d’altruisme que d’être égoïste. Si si!
Haaaan c’est tout à fait ça, j’en ai un exact dans mon entourage. Et en effet, en cas de coup dur pour lui (typiquement : il se fait plaquer) mieux vaut fuir très loin!
Nan mais qu’est)ce qu’il faut pas entendre…
Et alors ? Ca fait avancer les choses comment ?
Mais faut-il faire avancer les choses ?
C’est plus rigolo de parler dans le vide, au second degré de préférence.
En gros, on s’en tamponne égoïstement le coquillard, quoi…