On ne peut pas. Et on ne doit pas.
Attention, par « convaincre »Â j’entends : négocier, argumenter, réclamer, demander de façon plus qu’insistante, estimer que c’est un minimum, manoeuvrer, opposer des arguments « pour » à ses arguments « contre », lui expliquer que c’est une preuve d’amour, lui faire du chantage à la fellation, lui démontrer que c’est un truc génial, lui dire qu’il va adorer ça, que nous donner du plaisir devrait le combler, revendiquer notre droit à l’orgasme, lui dire « si tu m’aimes vraiment… », insister encore, etc.
J’ai récemment été heurtée par des affirmations hallucinantes, lues dans Sensuelle : le dernier numéro du magazine comporte en effet un dossier intitulé « Mon Apollon a un problème ». Jusque là , pourquoi pas. Mais quelle ne fut pas ma surprise en découvrant l’un des thèmes du dossier : « Il n’aime pas le cunnilingus ».
Ah. Il n’aime pas le cunnilingus. Et ça, ça veut donc forcément dire qu’il a un problème auquel il faut remédier ? Non mais sérieusement, le mec qui n’aime pas mettre sa langue dans les replis du sexe de sa copine, il a un problème ? Alors ok, il PEUT avoir un souci de tabou, de peur d’être maladroit, de timidité, d’appréhension… Mais s’il n’aime tout simplement pas, c’est son droit, non ? Et dans ce cas, ce n’est pas lui qui a un problème, mais sa copine à qui ça pose souci (et c’est son droit également, je ne conteste pas).
J’essaie d’imaginer un magazine dans lequel serait publié un dossier qui aurait pour titre : « Ma princesse a un problème », et qui ferait mention dans un de ses paragraphes d’un « Elle n’aime pas la fellation ». Nous n’apprécierions certainement pas de lire que ne pas vouloir mettre une queue dans notre bouche témoigne d’un problème. Nous n’apprécierions pas non plus que le traitement de la question se résume à nous expliquer qu’au final, on doit faire contre mauvaise fortune bon coeur et apprendre à aimer ça, quitte à s’imposer un gros effort.
Nous brandirions le féminisme. Nous contesterions cette récurrente propension à vouloir « convaincre » dans le sexe. Nous critiquerions la presse qui sous un esprit faussement conciliant pousse à la surenchère (« T’aimes pas ça, ok, t’as le droit. Mais enfin réfléchis quand même. Et puis c’est pas définitif. Ca va venir. Regarde, on t’explique d’où vient ton problème. Mais si , t’as un problème. Enfin un blocage. Tu vas comprendre très vite pourquoi c’est trop bien. T’es convaincue là , hein ? »). Souvenez-vous de la sodomie-nouvelle-carte-à -jouer-au-lit.
Et dans ce dossier, le propos est sensiblement le même : on explique à la jeune femme, en deux points (1 – « Pourquoi est-il comme ça » et 2 – « Que Faire ? », comme si le fait d’être « comme ça » était une sorte de tare à laquelle il fallait absolument remédier), que son mec doit avoir un problème de dégoût, ou de tabou lié à l’archaïsme de la sexualité infantile. Ouais, carrément. On n’est pas là pour rigoler, attention. Ensuite, on expose qu’à froid, pas la peine de mettre la pression, mais que si le gars est assez coquin, il peut « être dans l’excitation. Or, on ne peut changer un comportement que si l’on est excité. Si à un moment donné, il l’est et qu’elle s’approche de lui, il pourrait faire quelque chose avec beaucoup moins de dégoût et petit à petit etc ».
Vachement élégant en terme de respect des désirs de l’autre. Dialoguer, oui. Biaiser pour se faire mieux baiser, non. Ca évoque un peu le plan « je te prends par surprise pour que tu avales ».
Sérieux, les gars, détendez-vous de la bite et franchement, si les magazines féminins prônent ce genre de choses, n’ayez plus aucune hésitation à insister comme des gros relous pour vous faire sucer, parce que les conseils dispensés dans ce dossier sont du même acabit.
Alors NON, on ne doit pas le convaincre même si on a très envie d’un cunnilingus parce que :
- La parité c’est aussi ça : alors qu’on proclame à tout-va que nous, les femmes, n’avons pas à nous forcer en matière de sexe, de quel droit attendrions-nous d’un homme qu’il se force ?
- Pousser au cunni un homme qui ne le désire pas et obtenir qu’il cède, c’est aussi pathétique que pousser à la pipe une femme qui n’en a pas envie, et obtenir qu’elle cède.
- Nous ne nous gênerions pas pour considérer qu’un mec qui insiste pour qu’on lui fasse une pipe est un mufle égoïste. Une femme qui insiste n’est-elle pas une sorte de connard ?
- Certaines femmes n’aiment pas l’odeur de la queue ni le goût du sperme. Sans tabou, sans gêne. Simplement, elles n’aiment pas. Eh bien certains hommes n’aiment ni l’odeur ni le goût de la chatte. Non, ça ne les enivre pas, ce ne les fait pas chavirer de désir, ni bander à mort. Ce n’est pas pour ça qu’ils sont coincés, ou qu’ils manquent d’ouverture d’esprit. : ils peuvent être sensuels, adorer le corps des femmes, mais leur lécher le berlingot, non. C’est leur droit le plus strict.
Pas plus que la femme, l’homme n’a à se contraindre. De la même façon qu’il y a des femmes qui n’aiment pas sucer, certains hommes hommes n’aiment pas lécher. Respectons-les dans leurs désirs et refus.
La lutte contre le sexisme et pour la parité, ça passe aussi par là .





Mais pourquoi donc faire faire un cunnilingus par un homme ? Les femmes savent les faire tellement mieux…
(et ça vaut aussi pour le fellations faites par les hommes, soyons égalitaires)
@GouineMum –
Tu sais que bien évidemment ça m’a taraudée pendant tout le temps où je rédigeais cet article ?
Je me disais « j’hétérocentre, j’hétérocentre pas ? »
Bon, pour le coup j’ai choisi sciemment d’axer le sujet sur le tandem homme/femme, parce que franchement, ce truc que j’ai lu dans Sensuelle m’a scié la nouille, et que je voulais vraiment faire le parallèle avec ce sexisme (et je pèse la définition du mot sexisme) de la gonzesse qui se voit sollicitée de façon lourde par l’homme pour, au choix : sucer, accepter la sodomie, avec discours hypocrite de la presse féminine : « oui mais non mais t’es pas obligée mais bon quoi, merde ». Tout en proclamant qu’on ne doit pas se forcer. Tout ça est pathétique, et je me dis : « merde, y a des gonzesses qui cherchent vraiment des réponses dans cette presse poubelle. et pas forcément des connes ».
J’ajouterais que ça dépend aussi du partenaire : l’odeur et le gout des sécrétions sont différentes chez chaque femme, et autant certaines ne me dérangent pas, autant j’ai connu des femmes dont les odeurs m’étaient tout simplement insupportables. Je suppose que dans l’autre sens c’est pareil… (’parait d’ailleurs que j’ai pas très bon gout
)
@Adrian Gaudebert – Tu as entièrement raison. Je devrais peut-être le préciser dans l’article. Merci de cette précision
Merci pour cette mise au point. C’est vrai qu’on a tendance – peut être – à imaginer (idéaliser ?) nos hommes en bêtes assoiffées de sexe, supposés adorer tout ce qui a trait au sexe (donc).
Tout comme certains hommes n’aiment pas la sodomie, certains n’aiment pas le cunni.
Enfin, en plus d’aimer – ou non – je trouve que c’est un acte très intime que de se faire lécher (et de lécher, donc !), et franchement non, ça ne me semble pas bizarre. Tout comme (d’ailleurs) certaines filles n’aiment pas se faire lécher.
Bref.
Comme toujours, merci pour tes posts
@GuineMum il y a vraiment des lesbiennes qui n’aiment pas lécher ? (ok question de noob, mais bon)
»
il y a vraiment des lesbiennes qui n’aiment pas lécher ? (ok question de noob, mais bon) »
en effet certaines n’aiment pas
De toute façon quémander enlève une partie du plaisir… C’est une question de partage avant tout non?
Pour mémoire, la parité est un principe d’égalité ou d’équivalence – soit un principe, qui en matière de sexualité, n’est ni souhaitable, ni même seulement envisageable. Premier point. L’équivalence ou l’égalité, c’est la mort du sexe – lequel, par essence, ça n’échappe en général à personne, se structure bien au contraire autour des concepts d’altérité et de différence.
Deuxième point, passé un certain âge, je crois, moi, qu’on peut en effet s’accorder sur l’existence d’un certain nombre de « pratiques » – dont font évidemment partie les caresses bucco-génitales, et qu’on pourrait désigner, s’il s’agissait d’une activité sportive, sous le vocable de « fondamentaux » : les gestes normaux, sur lesquels il n’est pas vraiment concevable de faire l’impasse, lorsqu’on entend aimer avec un minimum de compétence.
Enfin, en forme de question, mon dernier point : en s’attachant à cette approche conflictuelle du dialogue amoureux – où quand celui qui fait état de son désir avec insistance est nécessairement, je le traduis en substance, stupide, brutal et irrespectueux, ne ferme-t-on pas un peu vite les yeux sur la déception ou parfois même la souffrance de celui dont le désir est frustré ? Et il est où, alors, le respect de l’être aimé ?
@Céline : je ne sais pas… Je ne serais pas aussi catégorique : quand j’avais 20 ans, oui, je pensais que tout devait être deviné, que mes désirs devaient être pressentis. Et puis on évolue et on comprend que tout n’est pas aussi simple. Alors non, je ne pense pas que systématiquement, demander nuit au plaisir.
Mais c’est à creuser
Merci pour ce commentaire.
@Marie : très intéressant point de vue. Et la conclusion est d’une grande pertinence, à mon sens. Je suis en outre tout à fait d’accord ces « fondamentaux ». Je me plaçais là , dans le contexte de cet article, sur un plan plus ciblé « bon sang mais que d’inepties dans cet article que j’ai lu dans Sensuelle ». Après, si j’avais ciblé plus large, mon propos eût été sensiblement différent. Donc je vous rejoins, dans la globalité, mais je reste convaincue, dans cette approche précise, qu’un homme qui refuse une pratique est dans son droit.
De passage, puis lectrice fidèle depuis peu, le commentaire de Marie me fait réagir et donc j’en profite pour laisser une petite trace sur ce merveilleux site.
Je crois que la parité – et donc l’égalité, peut se faire au lit et cela sans que ce soit au détriment d’une bonne partie de jambes en l’air. Puisque nous, les femmes, nous revendiquons une sexualité où on a pas besoin de se forcer à faire les trucs les plus « in »-tellement-c’est-la-mode-et-que-ton-mec-ça-va-trop-le-chauffer, les hommes non plus n’ont pas à se forcer. Et vice-versa. La sexualité est avant tout un moment de partage et de plaisir, et si l’un se force pour faire plaisir à l’autre, je trouve – et ça n’est que mon avis, qu’il y a un couac quelque part.
Je comprends qu’on puisse s’interroger sur la frustration de l’être aimé (ou du coup d’un soir)et sur son respect, mais on pourrait retourner l’équation. Quel respect a l’être aimé pour moi et pour lui, si je me force en matière de sexe?
Enfin, je finirai par ceci. Que ce soit à 20 ou à 70 balais, le sexe est avant tout une découverte, en solo, à deux, à trois ou encore plus. Et par conséquent, je ne crois pas qu’il y aie de fondamentaux mais simplement du plaisir que l’on prend différemment avec et selon les partenaires du moment. Et c’est ça le plus excitant! L’inconnu et le renouveau à chaque câlin un peu scabreux…
Je crois qu’Ana a tout à fait exprimé les remarques que je m’apprêtais à faire, et mieux que je ne l’aurais fait ^^
Sinon, j’ai découvert ce site aujourd’hui, j’ai lu la quasi-totalité des articles, et je crois que je continuerai à venir ! La liberté de ton et la franchise avec laquelle sont abordées les différentes questions font vraiment du bien, cela change agréablement de la soupe consensuelle qu’on peut lire habituellement lorsqu’il est question de sexualité…
@Helianka – Merci beaucoup et bienvenue !
Les mecs qui n’aiment pas le cuni, c’est la plaie pour les meufs, le nombre de celles qui m’ont dit que j’avais sauvé leur vie sexuelle grâce à mes coups de langue devastateurs…
C’est tres émouvant, des etoiles brillent dans leurs yeux, elles nichent leurs visages dans mon cou avant de s’endormir, extenuées, mais apaisées.
‘Chuis un putain de Lestat, dans mes veines coule la cyprine de mes victimes, vive la minette, d’ailleurs si j’etais au pouvoir, ce serait le Pussy Power, et tous les dégoutés de la caverne des béatutudes, hop, apatrides.
Le sexe feminin, c’est l’Alpha & l’Omega de la vie, le grand architecte universel, mieux qu’une PS3, un truc de ouf !
En revanche je deteste la fellation.
@Mr Glouton – Tu veux dire que tu n’aimes pas sucer ? Ciel !
Plus sérieusement, merci pour ce témoignage aussi énergique que touchant
Pussy Powaaaaaaaaa !!!!
(Et mort à la PS3)
Au risque de me désolidariser définitivement de la gente masculine le plus souvent vautrée devant la télé avec sur la table basse, de la bière éventée, des restes de pizza et de mauvais shit, j’affirme même que l’adoration du minou est encore mieux que la future PS4 !
(jet de canette vide)
@Mr Glouton – C’est beau.
(Verse une larme d’émotion).
Nan c’est juste normal, le mec qui a inventé la chatte, p’tain mais prix Nobel direct, quoi.
» Eh bien certains hommes n’aiment ni l’odeur ni le goût de la chatte « …..
C’est l’histoire d’une fille qui a un petit problème : elle a « le minou qui sent l’oignon ».
Elle très mignonne pourtant mais bon, à chaque fois qu’elle
rencontre un mec, c’est la catastrophe :
dès qu’il « descend à la cave », le mec est dégoûté et se barre en courant.
Alors évidemment, cette jeune femme est très malheureuse et confie son calvaire à une de ses amies.
Sa copine lui dit : « Écoute, je connais un mec extra, et ça tombe
plutôt bien : il a eu un accident et il a perdu l’odorat… »
Bon, la fille rencontre le mec, papote, resto… tout ça… bon, arrive au lit… Le gars « descend à la cave »…
Une minute, deux minutes… puis, le mec relève la tête et dit: « c’est dingue, t’as le minou qui sent vachement l’oignon!!! »
La nenette étonnée lui dit : « Mais c’est pas possible : tu as perdu
l’odorat !!!
- Oui, mais j’ai les yeux qui pleurent !!!! »
J’en ai bouffé des tonnes, de minous, donc je sais de quoi tu parles, mais chez moi, la passion est telle que j’en fais abstraction. Bon, je t’avoue que ma dulcinée a, entre autres milliards de qualités, un goût de « pomme-canelle », donc, j’ai de la chance, j’en convient.
Une anecdote: une fille qui avait un goût disons un peu… « ammoniaqué » arrivait à me masturber la langue avec son sexe. Et ça putain, mais rhaaa lovely puissance 1 milliard, quoi.
@cricri – Clap clap clap !
Un blog qui ne parle que du cunnilinctus, ça existe et le sujet semble inépuisable. Je ne connaissais pas ton blog mais je vais également te visiter.
Arrivé là par hasard, je me ralie à celles et ceux que ce site a séduits. Langue de bois, consensus, hypocrisie à la poubelle.
Ici on parle vrai, direct, en somme on appelle un chat une chatte et ça fait du bien.
Je n’ai pas lu le mot « toilette » et je m’en étonne.
Sans utiliser de savons forts ou de parfums, une légère toilette intime est souvent nécessaire autant pour lui que pour elle avant toute relation sexuelle.
La chaleur humide d’une heure ou deux suffit à développer des bactéries dans les replis de la vulve ou du prépuce responsables d’odeurs désagréables.
En revanche quelques parfums naturels (fuits) peuvent inciter voire agrémenter les caresses buco-génitales.
Alors, … … … bonnes lèchouilles !
Tout à fait d’accord avec toi Gaëlle-Marie. Câlins, caresses et autres bagatelles ne se font pas sous la contrainte de l’envie de l’autre.
Je rejoins Piteur : l’hygiène intime n’est pas qu’un plus, mais à mon sens une évidence. je n’apprécie pas plus que ca l’odeur de l’urine, ou d’une macération du gland de mon chéri quand je le prend en bouche. Il me semble donc normal que mon hygiène intime soit irréprochable, même si pour ma part, mon cher et tendre ne « descend pas à la cave »
Pourtant c’est dans les caves qu’on stocke les meilleurs millésimes….
(Hum, j’ai voulu faire une métaphore, je crois que je me suis planté)
(rafale de M-134)
@Gaelle-Marie Zimmermann – Disons que le partenaire ne peut pas toujours deviner nos désirs
Oui c’est sûr et c’est vrai dans les sens… mais demander, proposer, suggestivement et pas lourdement… Je différencie ça de quémander/ exiger, où l’on souhaite quelque chose, veut quelque chose que l’autre n’a pas forcément envie de donner à ce moment… On peut pratiquer ce type de pratiques « au chantage » et c’est dommage, et celà même enlève du plaisir car le sexe est (je pense) avant tout un moment de partage et de liberté entre 2 êtres, où chacun est libre de ses pensées ,besoins et « dons » à un moment précis… (sur ce je pense tout autant au cunnilingus qu’à qu’à la fellation)
@Céline – On est bien d’accord. Et c’est bien l’exigence que je conteste. Non la demande ou la suggestion (qui relève alors de l’échange érotique à part entière).
Là , je parlais du mec qui a clairement fait valoir que non, c’est pas son truc, il n’aime pas ça, et dont on considère qu’il « doit », qu’il a un « problème », etc… D’où stratagèmes et autres conneries. Si on remplaçait la femme par l’homme et le mot cunnilingus par sodomie, les gonzesses hurleraient. Imagine un mag où on expliquerait aux mecs comment insister pour que leur compagne accepte la sodomie : elle a un problème, c’est sûr, un blocage sans doute, mais attend qu’elle soit excitée, là tu pourras la persuader. T’inquiète, ça va venir.
Je n’aime pas que les femmes revendiquent le respect de leurs désirs et refus, mais piétinent celui des hommes. Je n’aime pas les claques qu’on met dans la gueule de la parité. Je n’aime pas les femmes sexistes. Elles ne rendent pas service à l’égalité des sexes.
Je suis d’accord avec toi ! D’ailleurs je suis tout le temps d’accord avec tout le monde, c’est un super pouvoir que j’ai, un truc de ouf, d’ailleurs on m’appelle SUPER-PAS-CONTRARIANT-MAN.
D’accord sur le principe de cet article : respecter l’autre, ses désirs ses limites. « Non c’est non » vaut dans les deux sens.
Cela dit une nuance quand à ce que ce débat pourrait laisser entendre comme présupposé : je ne crois pas qu’il y ait autant de femmes qui insistent pour qu’un homme accepte une pratique sexuelle qu’il n’aime pas que l’inverse (des hommes qui insistent pour que des femmes acceptent une pratique sexuelle qu’elles n’aiment pas). Nombre de femmes ont plutôt du mal à exprimer ce qu’elles désirent, à dire ce qui leur procure du plaisir, voir ne le savent pas très bien… Et nous sommes dans une société ou l’on a longtemps bien plus appris aux femmes à surmonter leurs réticences / dégout etc… pour donner du plaisir à leur partenaire, que l’on a appris au femmes à connaître leur corps et faire savoir à leur partenaire ce qui leur procure du plaisir. Et nombre de femmes, quand bien même elles savent que le cunnilingus leur procure du plaisir, ont du mal à être à l’aise avec cette pratique. Aussi, je doute que beaucoup de femmes ne mettent en pratique ce qui est préconisé dans cet article de « sensuelle »…
Il n’en reste pas moins que dire qu’un homme qui n’aime pas faire un cunnilingus a un problème, est stupide…
Mais la teneur de nos débats pourrait bien avoir quelque chose de culpabilisant pour des femmes qui nous lisent… Il n’y a pas tant de femmes que ça qui aiment leur corps, leur odeur, leur sexe, qui ne sont pas convaincues que leur sexe est sale, sent mauvais etc… Il n’y a pas tant de femmes que ça qui ne courent pas se récurer le sexe avant d’avoir un rapport sexuel…
Bref, mon sentiment est qu’il est urgent que les femmes puissent déculpabiliser, se réconcilier avec leur corps et leur sexualité.
Et bon, moi aussi comme d’autres sans doute ici, je suis une bouffeuse de chatte invétérée, je trouve que le sexe des femmes sent bon, à un goût divin, que cela varie en fonction de chaque personne, que même une odeur et un goût d’oignon ou d’ail a son charme, qu’un orgasme dans la bouche est un véritable shoot qui me fait planer pendant une semaine. Et je trouve que les produits d’hygiène parfumés, les gels à la pomme, à la goyave et à la vanille sont une abomination qui me gâchent le plaisir… (au passage je n’arrive pas à dégotter un lubrifiant qui n’a pas de goût…)
Pour autant je n’irai pas dire à un homme qui me dit qu’il n’aime pas faire de cunnilingus à sa compagne qu’il a un problème… mais bon, secrètement hein, je serais très tentée de lui demander de me présenter la dame…
je suis trop super d’acc’ avec toi aussi.
Après, il faut être honnête aussi…
J’ai parlé de « fondamentaux » un peu plus haut et je m’y tiens : pour moi, le sexe sans cunni, c’est aussi saugrenu que de ne pas vouloir y mettre les mains, aussi bizarre qu’un baiser sans la langue, aussi frustrant que l’amour dans le noir, ce genre de choses, voyez ? Tout ça, bien sûr, j’en suis consciente, n’appartient qu’à moi et ne regarde que moi. Mais au risque de passer pour une extra-terrestre, à moins que ce ne soit le privilège de l’amour et de l’âge (gros soupir), je préfère situer ma sexualité dans une dynamique de découverte, d’exploration, de compréhension et ne la définit pas par la négative. A mes yeux, un tabou, entre guillemets, c’est fait pour tomber. Ça peut prendre du temps, mais c’est le jeu. Un goût, ça s’acquiert. Et une pratique, ça s’apprend.
Pour moi, « je n’aime pas ça » n’est pas un motif légitime.
On n’est pas dans le domaine de la bizarrerie, là . On ne parle pas de zoophilie, quand même. Mais d’un geste assez anodin, somme toute du répertoire amoureux.
Évidemment, d’un homme qui ne voudrait pas me faire un cunni ou plutôt qui ne voudrait jamais m’en faire, je ne dirais pas qu’il a un problème. Non. Mais je crois cependant qu’à la longue, nous aurions un problème. A deux. En couple. Et que, oui, il conviendrait d’en parler. Et que probablement, la conversation prendrait un tour du style « si tu n’es pas capable de satisfaire un désir aussi banal, aussi simple, aussi commun, bah, au fond, qu’est-ce qu’on fait ensemble ? » – même si, ne vous faites pas d’idées, dans ma vie à moi non plus, il n’y a pas que le sexe.
Voilà ce que j’ai voulu dire. Et ce que je veux dire quand j’en appelle à l’honnêteté.
Je vais essayer de te répondre. Pour revenir d’abord un instant sur le principe d’égalité: bon, ok, mais d’égalité en quoi au fond ? En plaisir ? Oui évidemment, sauf que rien ne permet de le mesurer avec fiabilité et qu’on ne saura jamais. En « pratique », oui, sauf qu’en l’occurrence, ça génère une contradiction dans ton raisonnement dans la mesure où cinq minutes de cunni impliqueraient l’obligation de rendre la pareille, chronomètre en main. En générosité, oui, en pouvoir de décision, oui, sauf que ça implique naturellement certaines concessions et contredit le principe selon lequel il ne faudrait jamais se forcer à rien. Alors, non. Respect, d’accord et mille fois d’accord. Parité ou égalité en aucun cas. C’est techniquement irréalisable. Et je le répète, non souhaitable. Je ne vois même pas ce que tu veux dire par là . Et d’autant moins que se soumettre à un principe d’égalité ou de parité tue toute espèce de spontanéité, de naturel : je suis généreuse et j’attends de mon homme qu’il le soit en retour, mais je ne suis pas comptable et je ne veux pas d’un comptable. Plaisir, partage et respect sont mes seules règles du jeu.
Pour le reste…
- « nous les femmes, nous revendiquons, etc. » : eh bien, moi, tu l’auras déjà compris, je ne revendique pas ce droit au refus, qu’en dépit de mon soutien actif et indéfectible à la cause féministe, j’ai toujours trouvé stupide. Pour moi, le sexe, c’est l’opportunité de dire oui – par amour et pour l’amour, par plaisir et pour le plaisir. Et je crois que s’accrocher à ce vilain petit « non » mesquin, en le bombardant « droit », c’est perpétuer la vieille idée bien puritaine que le non est supérieur au oui, que le refus est supérieur au consentement, que l’abstinence est supérieure au plaisir et que le sexe est dangereux. Parce qu’on ne parle pas de viol, ici, que je sache. Mais de rapport libre entre adultes consentants. Non ?
- « les trucs les plus in » : là , c’est peut-être une question d’âge, mais je ne sais pas ce qui est « in » et ce qui ne l’est pas. Ce que je sais, en revanche, c’est que l’être humain baise avec un souci certain de la sophistication depuis au bas mot, quelques bons milliers d’années et je ne pense pas que tout ce qu’il est possible de faire à deux aujourd’hui soit très différent de ce qu’il était possible de faire à deux sous le Second Empire ou dans la Rome Antique. On s’y caressait, on s’y léchait, suçait et pénétrait peu ou prou de la même manière… Rien n’a été inventé récemment. Alors la mode…
- « s’interroger sur la frustration de l’autre » : bah, oui, ça me semble aussi généreux qu’indispensable. Moi, je n’ai jamais eu aucun problème avec la fellation. Bien au contraire, même. Mais si je n’en ai pas, c’est peut-être justement parce que j’ai toujours fait l’effort de faire passer le désir de l’autre devant mes préventions de midinette. Comme par hasard, je l’ai remarqué dans toutes mes histoires d’amour, plus j’ai donné, plus j’ai reçu. Et tout comme la générosité entraine la générosité, le refus entraine le refus. Pour faire la formule, j’ai presque envie de dire qu’il y a au lit un cercle vertueux du vice et un cercle vicieux de la vertu. Mais tout ça, est-il nécessaire de le préciser, n’existe que dans le cas d’un rapport basé sur le plus sincère des respects mutuels. Perso, je ne tombe pas amoureuse sans ça.
- « on pourrait retourner l’équation » : oui, on pourrait. En l’espèce, tu ne la retournes pas. Tu la remets à l’endroit après que je l’aie retournée, moi. Et dans tous les cas, ça ne change pas grand chose. Parce que peu importe le sens dans lequel on l’écrit, celle ou celui dont le désir est lésé reste « victime » des refus de son ou sa partenaire. Alors qu’il me semble que faire un effort pour l’autre est une vraie preuve de générosité et de don de soi. Quand on a un peu de bouteille, on se rend d’ailleurs compte que, petit un, ça n’est pas si terrible que ça que de se faire un peu violence de temps à autre (évidemment, il ne faut pas que ce soit systématique, mais si tel était le cas, la question « qu’est-ce qu’on fait ensemble ? » se poserait à nouveau) et petit deux, qu’à moins d’être amoureux/se d’un gros(se) con(ne) égoïste, en général, je l’ai déjà dit, je le redis, on est « payé » en retour par un élan de générosité souvent délicieux.
Tout cela n’est pas calcul d’apothicaire.
Il s’agit juste de donner pour recevoir.
j’adore les cunnilingus et j’aime mon homme, mais j’ai tjrs connu des hommes qui adoraient me faire ça et ça me manque …..
j’aime être exitée de cette manière, j’aime les préliminaires et plus ça prend de temps, plus faire l’amour me plait. Que faire ?
@-wham : Je sais pas, moi… Essaie de le convaincre, peut-être ?
ahlala! ces magazines de m**** qui essaient de nous transformer en … (prout alors, c’est quoi un phallocrate féminin?) disons des chattocrates!
la libération sexuelle (médiatique, parce qu’à la maison, c’est pas la même) tend maintenant à exiger, d’être bien baisée, que notre homme soit performant quand on le décide, etc…
pff on peut pas juste se laisser aller, s’accepter?
et puis, on a des doigts, une surface de peau assez impressionnante, des lèvres, des cheveux, des oreilles, avec tout ça, y a de quoi faire, non?